Toujours la même tambouille avec ces gredins, peu importe les années, même celles d’absence et ce qu’elles peuvent sous-entendre de remises en question ou enrichissements. Pas de ça, ici : Cult of Occult reste ce groupe de petites frappes alcooliques ayant trouvé son style mi-sludge, mi-doom, pleinement extrême, avec
Fives Degrees of Insanity.
À partir de là, celles et ceux qui connaissent déjà la formation sauront déjà tout ce qu’il faut savoir pour se faire un avis.
I Have No Name n’est en effet pas une révolution chez les Lyonnais mais s’inscrit dans une parfaite continuité avec
Five Degrees of Insanity et
Anti Life, que ce soit au niveau musical ou thématique. Je serai donc bien mal avisé de vous conseiller de vous jeter sur un album dont vous savez à l’avance ce qu’il contient de lourd et lent, même s’il faut rappeler que l’on a là des maîtres du très lourd et du très lent.
Pour ma part, si je ne retrouve pas le frisson naissant de l’anhédonie d’un
Anti Life – qui reste le point culminant du groupe –, je continue d’être heureux d’écouter cette musique-ci, profondément malheureuse et négative, essentiellement méchante, que ce soit dans un humour particulièrement moqueur – la toute-puissance délirante de « I Have No Soul » – ou dans des riffs qui ne transmettent aucun sentiment d’espoir autre ce que celui de ne pas être tombé plus bas (ce que l’on finit par faire bien entendu, ces blagueurs ayant « l’art de la chute »). En creusant aussi fort qu’eux, on peut trouver des petits ingrédients supplémentaires à leur potage monolithique dans ces quelques instants aériens, toujours au ras du sol mais assez haut pour contempler la poussière (la fin de « I Have No Heart » ; le centre de « I Have No Limbs »), de même que quelques percées vers une émotion autre qu’impitoyable (l’éplorée « I Have No Companion »). Enfin le retour des accents blues de quelques soli rappelle les débuts de Cult of Occult et son
Hic Est Domus Diaboli, suggérant une volonté de faire de
I Have No Name un album-somme où les Français ne changent pas leur nature mais la présentent en bloc.
Un plaisir de bec fin donc, de doomster dédié au vide, appréciant être hypnotisé avant d’être étonné. Il y a tout de même de quoi être épaté sur
I Have No Name et son sludge / doom qui paraît se nourrir directement au sein des musiques lourdes et lentes au-delà de toutes références, notamment avec ce chant qui se module en fonction de ce qu’il choisit d‘explorer au sein des cinquante nuances de noir de sa palette. Si le son de Cult of Occult a pu perdre en écrasement depuis la jurisprudence
Primitive Man qui fait désormais loi, il continue de subjuguer, aussi moelleux et collant qu’une idée morbide s’installant dans notre cervelle. Qui n’a pas encore croisé le chemin de ces connards réputés comme tels – ce qui n’en fait pas des gens à rater sur scène, bien au contraire si l’on aime son plaisir négatif – en prendra plein la tronche sur cette grosse heure ; qui connaît déjà ce son ne s’en lassera pas malgré ce chemin quelque fois parcouru en leur compagnie.
Un chemin qui a pour direction l’enfer, celui pavé de mauvaises intentions. Cult of Occult revient après cinq ans d’absence – huit si l’on ne compte que les albums – mais n’a rien changé de son discours, comptant sur ses atouts pour séduire de nouveau. Ce qui, me concernant, fonctionne, tant je trouve rare ce son à la fois extrême – avec
Funeralium comme seul véritable compatriote – et versatile, touchant du doigt aussi bien le DSBM qu’un post metal filant droit vers le trou noir. Habitué à être hébété par un monde de plus en plus abruti et les albums précédents des Français, l’effet est peut-être moins marquant mais pas moins fort. Sans aucun doute, un retour qui fait plaisir.
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