Warside - Cognitive Extinction
Chronique
Warside Cognitive Extinction
Après s’être révélé via le très réussi
« The Enemy Inside » le combo lyonnais avait depuis partiellement disparu de la circulation, au point qu’on en avait même fini par oublier son existence (et ce malgré une grande tournée européenne en compagnie de VADER et VOMITORY)… car il s’est écoulé cinq ans et demi depuis cet Ep, une période interminable où seul le single « Last Blood » publié en 2024 nous avait montré que le groupe était encore actif. Depuis ce morceau il s’en est passé des choses en interne avec le départ du bassiste Olivier Gabriel (ex-BENIGHTED), du batteur Nathan Faure et du chanteur Thomas Allam, et c’est donc sous la forme d’un quatuor qu’évolue pour l’instant la formation où est venu se greffer au micro Mathieu Jarret et son frère Thomas derrière les fûts, afin de permettre au binôme d’origine de repartir sur de bonnes bases et d’enfin sortir ce premier album tant attendu. Ayant gagné en maturité comme en expérience la bande ragaillardie par ce nouveau souffle a clairement passé un cap en offrant une musique toujours aussi brutale et extrême, mais où le côté moderne présent auparavant est désormais relégué au second plan pour laisser de la marge à une vision plus classique et directe qui sent aussi bien la scène américaine via DYING FETUS, GORGASM et HATE ETERNAL, que DARKALL SLAVES si on veut rester en France.
Forte donc d’un line-up plus puissant que jamais (où les nouveaux venus réalisent chacun une grosse prestation) l’entité va durant pratiquement une demi-heure nous balancer à la gueule tout l’attirail habituel du Brutal Death, en ayant à chaque fois la bonne idée de ne pas étirer ses morceaux inutilement pour n’en conserver que le meilleur, sans jamais avoir un sentiment de redondance ou d’ennui. Car l’écriture sans chichis ne part jamais dans l’excès et ce malgré une technique assez impressionnante, notamment de la part du frappeur qui propose un vrai récital derrière son kit tout en intensité et en cassures. La preuve immédiatement dès les premières notes de l’impeccable « Mind Fracture » qui va mettre sur un pied d’égalité un tabassage incessant mené à fond la caisse avec des breaks massifs afin de mieux relancer la machine et donner un peu d’air à l’auditoire qui ne va cesser d’avancer en apnée au fil de l’écoute. Car il va être pris à la gorge constamment sur cet enregistrement… et même si ça sonne réchauffé et prévisible on n’en a cure vu la façon dont les mecs exécutent leur plan, à savoir ne laisser que ruines et désolation sur leur passage, preuve en est donc le dynamisme indécent de « Synaptic Decay » tout en variations et où l’ensemble des tempos sont sur un pied d’égalité. Tout cela avant que la brutalité ne monte encore d’un cran via le furibard « Neurocide », qui après avoir balancé nombre de missiles dans les oreilles de l’auditoire va alourdir son propos en misant sur une facette écrasante et à l’obscurité intégrale. Montrant donc que ses auteurs savent aussi garder leur efficacité même en ralentissant l’allure ceux-ci vont le prouver encore une fois sur le monstrueux « Invasive Thoughts », qui matraque à n’en plus finir à ses deux extrémités avant de se faire pachydermique en son centre via des ralentissements nombreux et une envie de secouer la nuque malgré l’étau resserré qui circule aux alentours.
Et quand il n’y en a plus il y en a encore surtout quand le tentaculaire « Synthetic Abyss » pointe le bout de son nez en montant plus haut encore du côté de la violence comme de la technicité, mais sans jamais tomber dans le trop-plein rédhibitoire car même si ça mise sur les variations à de nombreuses reprises ça reste toujours cohérent… et mention spéciale au nouvel hurleur qui a clairement fait oublier son prédécesseur de par son coffre plus important et un registre plus étoffé vu qu’il joue régulièrement entre l’homme des cavernes et le criard clair, ce dernier restant cependant à sa place pour n’apparaître qu’avec parcimonie (là où auparavant on avait plus l’impression d’entendre Sven de Caluwé). D’ailleurs ces deux antagonismes de tempos vont une dernière fois faire leur apparition sur « Visceral » et « Thirst For Rot » tout aussi vigoureux et addictifs oscillant entre le blitz incandescent et des trous noirs de férocité comme d’étouffement, histoire de renforcer le grand écart et continuer sur sa lancée vindicative. Cette dernière sera présente pour la conclusion « Cognitive Extinction » remuante à souhaite mais où le frein va être aussi enclenché jusqu’à atteindre le Doom le plus opaque quand l’ensemble se termine, et d’où l’on ressort épuisés par ce déluge sonore mais heureux d’avoir pris une telle baffe consentie et plaisante.
Car que l’on soit très ou peu exigeant il est évident que tout le monde s’y retrouvera dans cette sortie qui marque une vraie avancée pour ses géniteurs, qui ont clairement gagné en maturité et qui n’ont rien à envier par rapport aux grands noms cités plus haut. Sobre, condensée et redoutable cette galette a de bonnes chances de déjà se placer dans le haut du panier des sorties Death hexagonales de 2026, vu qu’il va falloir être très fort pour aller la déloger ou tout du moins la frôler… gommant avec conviction les petites imperfections qu’avait le moyen-format, pour ne garder que le meilleur. Véritable machine de guerre taillée pour la scène WARSIDE a montré les muscles avec brio et parvenant à s’imposer à la force du poignet et sans avoir recours à de quelconques artifices… ne gardant donc que la racine et la sève d’un genre qui sans se réinventer outre mesure arrive toujours à pondre quelques nouvelles têtes énervées et à l’inspiration impressionnante, la preuve ici sans doute pour longtemps et pour le meilleur incontestablement.
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