Fondé en 2019,
YOTH IRIA a déjà connu plusieurs chamboulements au cours de sa relativement courte carrière. Le plus important est survenu en 2023, lorsque l’un des deux membres fondateurs a quitté le navire : George Zacharopoulos, alias The Magus, figure emblématique du black/death metal grec ayant officié au sein de
ROTTING CHRIST,
THOU ART LORD et
VARATHRON. Depuis, il a fondé son propre groupe,
THE MAGUS, laissant son ancien comparse, le bassiste Jim Mutilator, poursuivre l’aventure.
Entre 2021 et 2023, plusieurs musiciens ont rejoint la formation, certains ne faisant que passer. Le line-up actuel, celui qui signe ce troisième album, est le suivant :
Vasilis Stavrianidis (
DISEMBOWEL) derrière les fûts, Nikolas Perlepe (
RITUAL OF ODDS,
DIMLIGHT) et Naberius (
KARMA VIOLENS) aux guitares, tandis que He (
RAKOTH) tient le micro.
Malgré ces changements, les intentions du groupe restent intactes. L’orientation musicale et les ambiances recherchées n’ont pas évolué. Chaque album constitue une suite logique du précédent, dans un univers cohérent instauré dès
As the Flame Withers en 2021. Les pochettes, elles, ne trompent pas : elles mettent toutes en scène un même personnage récurrent : Yoth Iria.
Ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas d’une divinité issue d’une mythologie ancienne, même si tout porte à le croire. C’est une création originale de Jim Mutilator qui remonte aux années 90. Ce personnage apparaît déjà sur le titre « The Fourth Knight of Revelation » de
ROTTING CHRIST en 1993 (
Thy Mighty Contract). Le doyen l’a toujours considéré comme son démon personnel, une figure luciférienne de lumière et de rébellion, loin d’être maléfique au sens chrétien classique.
Pour cet album, le dessin a une nouvelle fois été confié à l’artiste indien Harshanand Singh, qui a accentué le côté « manga » de son trait. Le résultat est bien fait, propre, classe… et quelque part un peu passe-partout, un peu lisse. Comme la musique.
Oui, j’ai bien dit « comme la musique ». Les dix compositions sont très carrées, calibrées pour fonctionner immédiatement et caresser l’oreille. Un black-death agressif, truffé de mélodies et de riffs impeccables, agrémenté d’éléments helléniques (chœurs, lyre, percussions) pour relever le tout. C’est efficace, c’est certain, et il est difficile de ne pas prendre du plaisir pendant ces 45 minutes. Personnellement, je suis particulièrement embarqué par « The Blind Eye of Antichrist » et ses chants d’enfants qui le parsèment.
Mais voilà le bémol : à un moment de l’écoute, je me réveille toujours en me disant que c’est très calibré, presque trop fait pour plaire. Et je me retrouve face à un petit paradoxe personnel : « Quel est le problème d’être fait pour plaire ? N’est-ce pas le but d’un album ? » Peut-être est-ce simplement mon côté sombre qui reprend le dessus. J’ai besoin d’un peu plus de saleté, d’un peu moins de perfection sonore pour ressentir des émotions plus variées et ne pas me contenter de « Oh, c’est bien, hein ! ».
YOTH IRIA réussit donc son troisième album avec des compositions léchées et professionnelles. C’est propre, efficace, et clairement abouti. Mais moi, je n’aime pas trop être recouvert de salive. J’aurais aimé un peu plus d’imperfections et de laisser-aller pour que l’émotion soit plus vive et moins policée. Un bon album, sans aucun doute… mais qui me laisse un peu sur ma faim.
Par Jean-Clint
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Samfisher
Par Sosthène
Par MoM
Par Raziel
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Cujo
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par AxGxB
Par DEMONIKA