Barren Canyon - A Virulent Steam
Chronique
Barren Canyon A Virulent Steam
Troisième album des Canadiens et deuxième publié chez l’Italien Avantgarde Music. Et je me souviens très bien du précédent, sorti en 2018. Enfin… je me souviens surtout de sa pochette, qui ne m’avait absolument pas donné envie d’aller plus loin. Résultat : je ne connaissais rien de la musique de BARREN CANYON avant de me plonger dans A Virulent Stream.
Cette fois, le visuel m’a immédiatement intrigué. Il allait forcément se passer quelque chose : soit j’allais adorer, soit je n’allais pas adhérer du tout. Je m’attendais à du post-black metal, ou éventuellement à une sorte de petit frère de FLUISTERAARS, mais les premières secondes m’ont laissé pantois. « Rift » débute en effet par des sonorités qui n’ont aucun lien avec le black metal, ni même avec le metal tout court : une musique électronique aux accents synthwave. On se demande franchement où l’on a mis les pieds avant que les autres instruments n’entrent en scène après une trentaine de secondes. Les éléments atmosphériques du black metal se mettent alors en place, mais comme l’électronique demeure omniprésente, on a presque l’impression de découvrir du « Tecktonik black metal »… Heureusement, les vocaux restent beaucoup plus classiques.
Les claviers se montrent toutefois moins extravagants dès la deuxième piste, rendant BARREN CANYON plus sage et moins novateur que ce que « Rift » pouvait laisser espérer. Je ne sais d’ailleurs pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose, car cette ouverture possédait un charme intrigant que l’on ne retrouve pas totalement par la suite. Les autres morceaux parviennent néanmoins à se faire une place dans notre cœur et correspondent davantage à ce que la pochette, baignée par les couleurs d’un soleil couchant, laissait présager.
Ces quatre compositions sont superbes et évoluent dans des ambiances introspectives particulièrement savoureuses. Elles m’ont rappelé certaines formations capables de faire voyager l’âme, comme SEVEROTH, mais avec un ancrage plus marqué dans le post-black. C’est finalement moins barré que ce que j’imaginais au départ, mais aussi bien plus réussi. Chaque écoute me donne envie de m’asseoir, de prendre mon temps et de me laisser dériver vers des pensées nostalgiques.
Au final, cette pochette a été parfaitement choisie tant elle épouse les atmosphères développées par la musique. Pour boucler la boucle, précisons qu’elle est issue d’une photographie de LeRoy Woodson Jr. (1944-2015). Ce photojournaliste américain a travaillé pour le magazine National Geographic ainsi que pour plusieurs grands médias américains. Il a également participé au projet photographique Documerica de l’Environmental Protection Agency, publié le livre Roadside Food et fondé le site MilitaryWeek.com.
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