Edoma - Hymns Of The Ice Kingdom
Chronique
Edoma Hymns Of The Ice Kingdom
En un peu moins d’une décennie EDOMA s’est progressivement constitué une discographie déjà assez imposante, notamment par une régularité à toute épreuve depuis le très bon
« Buried By Permafrost » où est venu se greffer un très sympathique Ep
« Shades Of Cold Despair » ainsi qu’un album live enregistré chez lui à domicile dans sa belle ville de Saint-Pétersbourg. Si on ajoute à tout cela ce troisième opus ici présent il s’est donc écoulé à peine trois années, une période riche en expériences pour le quatuor qui continue son petit bonhomme de chemin sans changer une recette efficace malgré des longueurs récurrentes… et toujours présentes aujourd’hui. Car si effectivement on va retrouver ce même souci de durée excessive (même s’il faut avouer que de ce côté-là un effort a été fait), ce nouveau chapitre du combo va cependant avoir suffisamment d’arguments positifs pour qu’on se laisse embarquer dans son univers froid et sibérien auquel on est désormais habitué. Néanmoins on va avoir droit à un peu de nouveauté ici, vu que le groupe nous livre deux versions de son travail avec un volet chanté en anglais et l’autre dans sa langue natale avec donc l’écriture en cyrillique auquel il est habitué au quotidien, et qui va donner ainsi un côté plus mystérieux à l’ensemble.
Nous embarquant donc pour une nouvelle aventure au sein de la taïga et des immensités désertiques de l’Extrême-Orient de son pays, la formation nous emmène dès la fin de la courte introduction douce et atmosphérique vers ses hautes latitudes et les températures négatives si oppressantes et où la lumière se fait si discrète en hiver. La preuve immédiatement avec le classique et impeccable « Eternally Ice Kingdom » où la variété rythmique est de mise sur fond de dynamique permanente, vu que ça oscille entre le tabassage incessant et les ralentissements massifs où l’on est pris dans le blizzard. Tout cela avant de voir apparaître quelques passages plus planants où l’on sent que le soleil veut percer l’épaisse couche nuageuse, mais sans y parvenir vu que tout reste opaque, brumeux et tempétueux avec un désespoir omniprésent. D’ailleurs « Echoes Of The Night's Heralds » va conserver ce relatif équilibre entre lourdeur et explosivité tout en mettant en avant une violence plus marquée, tant le démarrage se fait en mode kalashnikov sur fond de riffs gelés et d’une ambiance générale désolée où rien ne pousse, tout en ajoutant cependant quelques petits ralentissements bienvenus et des parties remuantes afin d’éviter une certaine linéarité qu’on a pu connaître chez le groupe de façon régulière.
Si ce point va en revanche se retrouver sur la doublette « Frozen » / « Devastated By Hatred » cela ne va pas lui nuire pour autant, vu que cela est compensé sur la première plage par une violence impressionnante qui ne s’arrête quasiment pas vu qu’après une montée en pression progressive (où l’obscurité y est intégrale) ça ne va être qu’une avalanche de rapidité démesurée sous toutes ses formes, qui livre ainsi une vision radicale et primitive particulièrement réussie. Concernant le second morceau si on aurait aimé que cela soit plus condensé les longues parties instrumentales sous les rythmiques diverses font parfaitement leur œuvre en proposant toute une panoplie intéressante, où l’on a droit à un très bon solo ainsi qu’à des moments vraiment remuants parfaits pour secouer la nuque… tout ça calé autour des traditionnels passages explosifs et alourdis. On se rend donc compte que les gars n’ont rien perdu de leur superbe et que sans se réinventer ils savent toujours être efficaces quand ils osent un peu plus essayer de nouvelles choses, à l’instar de l’excellent « Immersion In Chilling Eternity » absolument jouissif et venteux. Sortant légèrement de leur chemin habituel les Russes débutent ici par un mélange rythmique et de riffs qui semblent tout droit être inspirés du « Freezing Moon » de MAYHEM, avant de brutalement appuyer sur le champignon et de mettre en valeur quelques relents éthérés sur fond de médium remuant et attractif. Si on reconnaît donc sans peine le style de ses auteurs on apprécie néanmoins qu’ils proposent une vision un peu différente qui ne dépareille pas par rapport au reste, et à l’avenir on espère que cela sera utilisé plus fréquemment.
Car le reste à venir va retrouver sa base initiale tout en étant toujours impeccable et entêtante, comme en premier lieu via le neigeux et tempétueux « Sanctuary Of The Roaring Blizzard » qui met en avance un vrai côté guerrier, tant ça sonne épique sur certaines accélérations avant de miser à nouveau sur l’alternance aux extrémités et y glisser quelques parties tribales du plus bel effet. Cela sert donc à bien amener une dernière touche positive à cette composition qui va précéder la redoutable conclusion intitulée « Spark In The Hearts », qui va reprendre ici et là quelques éléments déjà entendus en amont. En effet on va retrouver ici un peu l’ensemble du panel présent jusqu’à maintenant avec toujours autant de réussite, car les ambiances conflictuelles et l’envie de prendre les armes sont omniprésentes dans ce déluge où l’on peut aussi découvrir un démarrage martial de par des roulements de caisse claire militaristes, complétés plus loin par de légers nuages qui offrent un versant un peu planant pour mieux repartir ensuite sur les chapeaux de roues… et conclure ainsi un long-format plus compact que le précédent qui s’avérait un peu pénible à être étiré à outrance.
Rien de tout ça ici vu que tout est plus condensé et c’est franchement une bonne chose, surtout que cette réalisation est d’un très bon niveau entre classicisme sans chichis et éléments bien foutus et qui trouvent facilement leur place sans en faire des tonnes. Du coup sans se réinventer l’entité continue à tracer sa route sur le circuit parallèle, entre un label méconnu et discret complété par le boycott et la mauvaise réputation actuelle de l’ancienne nation soviétique. Tout cela en tout cas ne démotive pas les gars qui restent fidèles à eux-mêmes en gardant leur ligne de conduite et en revenant de manière régulière aux affaires avec de nouvelles compositions toujours homogènes et accrocheuses. Même s’il faut bien avouer qu’il est souvent difficile d’en démarquer une par rapport aux autres… donnant donc le sentiment que chacun de leurs enregistrements est un mur sonore très agréable, mais auquel il manque un truc pour passer un cap. Etant donc comme d’habitude en embuscade pour pouvoir prétendre à mieux le groupe n’est donc pas loin de passer enfin ce cap même s’il n’est pas certain qu’il y parvienne un jour, mais cela est visiblement le cadet de ses soucis et il a raison tant ça serait dommage de ne pas donner sa chance à ce « Hymns Of The Ice Kingdom » au nom totalement en raccord avec le contenu proposé, et qui satisfera aisément le plus grand nombre. Celui-ci trouvera effectivement tout ce qu’il aime en écoute attentive comme dilettante avec le même plaisir à chaque fois, preuve donc de son efficacité et de l’amour du travail bien fait qui fait mouche sans qu’on ait grand-chose à lui reprocher au final.
DONNEZ VOTRE AVIS
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
AJOUTER UN COMMENTAIRE
Par AxGxB
Par Sosthène
Par Sosthène
Par Cujo
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Samfisher
Par Sosthène
Par MoM
Par Raziel
Par Sosthène