Relic - Crown Of Flies
Chronique
Relic Crown Of Flies (EP)
Quand on parle de Milwaukee la première chose qui nous vient à l’esprit est celle du tueur en série Jeffrey Dahmer qui vécut ici toute sa vie, mais au-delà du mythe qu’il est devenu suite à sa mort la plus grande ville du Wisconsin a aussi (et heureusement) d’autres arguments à faire valoir… notamment du côté de sa scène musicale où RELIC a tout pour se faire un nom, et ce bien au-delà des frontières de l’état. Si personne ou presque n’a jusqu’à présent entendu parler du quatuor c’est tout à fait normal car il s’est formé il y a à peine un an, et n’a en tout cas pas perdu de temps pour sortir déjà son premier enregistrement présenté ici sous la forme d’un Ep expédié en à peine plus de dix minutes, mais dont le contenu déjà très conséquent ouvre de belles perspectives pour son avenir. Car composé de vieux briscards locaux le groupe délivre ici quatre morceaux de pur Death Metal à l’ancienne, brutal et sans excédent technique qui privilégie l’efficacité de façon directe et condensée… porté par un tapis de double proéminent et une production granuleuse et râpeuse particulièrement rétro qui sied bien à l’ensemble, et ce même si ça manque parfois un peu de puissance tant les guitares et la batterie donnent l’impression d’être étouffées dans l’ensemble.
Néanmoins hormis cela chacun des titres présents ici va se révéler être redoutable et taillé pour la scène, sans oublier de faire secouer la tête comme il se doit… tout cela apparaît dès les premiers instants de « The Void Between Gods », qui va proposer une grosse variété rythmique en faisant le grand écart entre lourdeur massive et tabassage incessant. Jouant donc la carte de la noirceur exacerbée le combo livre ici une plage implacable au groove contagieux qui accélère et ralentit de façon continue, une vision qui va se poursuivre sur « Filth Of Rebirth » tout aussi implacable et menée à un train d’enfer. Montrant néanmoins plus de brutalité et de rendu primitif cette composition joue là aussi sur les points les plus radicaux tout en se posant moins de questions tant ça tabasse de façon plus intense et voit les ralentissements y être plus marqués, car tout cela se termine avec un bridage pachydermique étouffant à souhait… montrant donc que les gars maîtrisent leur sujet quel que soit le tempo employé. Du coup si la vision rampante a été explorée avec brio il était donc logique de la retrouver plus durablement sur le redoutable « Scavengers Daughter » qui ne va quasiment pas voir la rapidité s’imposer, au contraire ça privilégie ici le versant le plus opaque et bridé en ne lassant jamais tant c’est fluide et d’une simplicité confondante… aidé aussi en cela par la courte durée générale qui ne laisse pas le temps de s’ennuyer ou de sentir de la redondance. Ecrasant donc tout sur son passage ce tank blindé hermétique à la lumière va néanmoins la laisser passer en proposant un solo mélodique, histoire d’amener un soupçon d’espoir ici tant ça pue la mort, l’humidité et la crasse… un constat que la conclusion « Iron Sacrament » va continuer d’exploiter habilement sans jamais appuyer sur le champignon, mais sans perdre ce dynamisme de bon aloi. Ajoutant quelques cassures pour varier légèrement son propos l’entité mise sur le frein pour bouger les cous les plus récalcitrants avec une force de frappe qui ne faiblit jamais, et sans qu’il y ait ici besoin d’accélérer frontalement. Car le jeu des guitaristes et la simplicité du batteur donnent le ton immédiatement sans qu’on ne voit un instant de lassitude arriver, et c’est cela qu’il faut retenir au final de cet enregistrement particulièrement aguicheur et qui montre qu’il faudra clairement suivre ses auteurs dans le futur.
A voir si désormais ceux-ci réussiront à passer le cap supérieur tant dans cette exécution si rudimentaire il est facile de tomber dans la redite quand la temporalité s’allonge, mais pour le moment on se délectera de ce rendu qui s’écoute facilement et rapidement… à tel point qu’on en redemandera dès qu’on en aura terminé, vu que c’est joué comme il faut avec force, conviction et surtout un plaisir communicatif. Si évidemment ça ne changera nullement la donne tant c’est du déjà vu et entendu à de multiples reprises on se laissera facilement prendre au jeu de cette graisse dégoulinante proposée ici, et on espère que désormais les gars trouveront rapidement un label plus ambitieux que la microscopique structure où ils figurent actuellement. Il serait effectivement clairement dommage de passer à côté de ce premier jet très engageant et qui en appelle sûrement d’autres… et de cette qualité évidemment, c’est tout le bien qu’on leur souhaite mais vu qu’ils ont l’air d’avoir tout compris sur la façon de faire sonner leur musique on a de bonnes raisons de ne pas être trop inquiets pour eux.
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