Chronique
Mork Monolitt
MORK, c’est un groupe « baguette », composé de plusieurs parties qu’on aime plus ou moins. Certains apprécient surtout la mie, d’autres adorent la croûte, et d’autres encore préfèrent croquer dans le croûton. Ce que je veux dire, c’est que le Norvégien est capable de proposer des compositions plus ou moins moelleuses, plus ou moins dures, plus ou moins croustillantes. Et c’est une nouvelle fois le cas en 2026 avec Monolitt, huitième album en près de treize ans.
Un petit rappel est-il nécessaire ? MORK est un groupe boudé par une partie de la scène, mais acclamé par une autre. Il suffit de rappeler que son label est Peaceville pour le confirmer. Qui est plus élitiste que lui ? C’est une consécration ultime que de rejoindre ses rangs, composés actuellement de SIGH, DARKTHRONE, AUTOPSY ou encore DØDHEIMSGARD, et anciennement de BEHEMOTH, CRADLE OF FILTH, KATATONIA ou PARADISE LOST... Ce qui est remarquable, c’est aussi la longévité de cette collaboration, puisque le groupe et l’écurie travaillent ensemble depuis 2017 et Eremittens dal. C’est en partie dû à la stabilité de MORK, qui repose tout simplement sur le fait qu’un seul homme est maître à bord : Thomas Eriksen. Non seulement il est à l’origine des compositions, mais il assure également la plupart des instruments (guitares et basse) ainsi que les vocaux. Il délègue le reste, notamment la batterie à Asgeir Mickelson (ex-IHSAHN et ex-BORKNAGAR) et des vocaux additionnels à Øyvind Kaslegard (bassiste de SVART LOTUS).
Ce nouvel opus contient neuf compositions, toutes de véritables morceaux, sans intro ni intermède, pour une durée moyenne d’un peu plus de cinq minutes. Et surtout, chacune possède sa propre texture. Les deux premières se montrent plutôt dures et peu accueillantes : ceux qui préfèrent un MORK mélodique et accrocheur risquent donc d’avoir du mal à entrer dans l’album. Mais la mie finit par apparaître avec le très efficace « Torden », avant qu’un « Skrømt » galopant ne vienne y incorporer quelques discrètes sonorités électroniques. Plus loin, « Inn i en annen saere », avec son introduction acoustique, et « Jutul », porté notamment par ses vocaux clairs, devraient à leur tour convaincre les amateurs du MORK le plus moelleux. Mais attention : la croûte n’est jamais très loin. D’autres pistes retrouvent une texture plus rêche, plus abrasive, et risquent de rebuter ceux qui n’apprécient qu’une facette du groupe. Monolitt est donc vraiment une baguette entière : il faut accepter d’en manger toutes les parties. Si vous pensiez ne trouver que de la mie, gare aux dents lorsque vous tomberez sur la croûte. Sinon ? Eh bien il faudra prendre votre couteau et ne garder que quelques-unes des compositions de l’album.
Personnellement, j’ai dû faire face à un autre problème : celui de l’accessibilité. Lors des premières écoutes, la croûte m’a semblé si épaisse que je ne remarquais pas la mie, pourtant majoritaire. Il m’a fallu une écoute moins distraite pour que ses qualités finissent par me sauter aux oreilles.
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