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Hellfest 2026 - Tales From The Pit - Samedi 20/06/2026

Live report

Hellfest 2026 - Tales From The Pit - Samedi 20/06/2026 A Perfect Circle + Cro-Mags + Defeated Sanity + Fange + Hatebreed + Hulder + Limp Bizkit + Megadeth + Profanation + Trash Talk
Le 20 Juin 2026 à Clisson, France
Au Hellfest les nuits sont souvent courtes. Problème, les journées peuvent quant à elles commencer assez tôt... Après vingt bonne minutes de marche et alors que je sortais de la douche frais et dispo, j’arrive sur le site avec déjà les goutes au front. La journée va être longue et chaude mais bon, tant pis, on n’est pas là pour poser devant la grande roue et prendre des selfies avec Joey Starr alors on s’essuie la tête comme on peut, on met sa crème solaire, on serre les dents et on y va...




PROFANATION, Altar (11h40 - 12h20) :

Pour ma part, ce seront les Français de Profanation qui serviront de mise en bouche à cette deuxième journée de festival. Ce n’est bien évidemment pas la première fois que je les vois sur scène mais la nouveauté est que le groupe a récemment mis en boite son premier album à paraître chez Iron Bonehead Productions et que la setlist proposée comporte donc quelques petites exclusivités que je n’avais encore jamais entendu. Arrivant le poing levé et le regard véhément tels des conquérants d’ores et déjà victorieux, Profanation ne va évidemment pas faire dans la dentelle. Les présents que je me surprends d’ailleurs à trouver en nombre à cette heure peu avancée de la journée n’opposeront aucune résistance face à ce Death / Grind pour le moins virulent et aux accents Back Bestial sous-jacents. Pied au plancher, jamais plus vite qu’à fond, sans un mot ou presque pour son public et au son de quelques gimmicks rappelant Revenge, Conqueror et autre Back Witchery (ces fameuses descentes de manche), le groupe déroule sa formule avec l’efficacité d’un char d’assaut lancé à pleine allure sur le champ de bataille. Une démonstration de force et de violence aussi peu subtile qu’efficace qui à défaut de rendre intelligent a le mérite de mettre d’emblée les points sur les "i" et de nous mettre en condition pour la suite. Aussi une chose est sûre à l’issue de ces quarante minutes punitives et redoutables, vivement l’album !


HULDER, Temple (12h25 - 13h05) :

Pour le concert d’Hulder je n’aurai pas besoin de me fatiguer puisqu’il m’aura suffi de me déplacer de seulement quelques mètres sous la tente d’à côté (Temple) pour avoir en ligne de mire madame Marliese Osborne. Celle-ci est accompagnée de son mari Samuel Osborne (basse, Funebrarum, Incantation (live), ex-Undergang...) qui depuis l’année dernière a rejoint en tant que membre à part entière ainsi que par deux musiciens qui l’accompagnent sur les planches. Deux musiciens qui sont loin d’être de vulgaires mercenaires puisque l’on retrouve en effet Tanner Anderson (Obsequiæ, Majesties, Crypt Sermon...) à la guitare ainsi que Xander Buehrer (Heart Of The Serpent, ex-Nest) à la batterie. Alors évidemment, ce qui surprend en premier lieu lorsque l’on voit Hulder sur scène c’est la ressemblance frappante qui existe entre Marliese Osborne et Yvonne Wilczynska aka Onielar de Darkened Nocturn Slaughtercult. Entre le corpse paint (néanmoins plus léger pour l’Américaine) et surtout cette longue chevelure blonde de type "Raiponce", la ressemblance, en tout cas au premier coup d’oeil, est évidemment frappante. Autre chose que je remarque, les habits de scène que revêt chaque membre du groupe. On ne parlera pas de costume car ce serait mentir mais on sent qu’il y a quelque chose de soigné et de raccord avec le genre et les thématiques médiévales abordés dans les vêtements amples que revêtent les musiciens. Bien sûr, là n’est pas l’essentiel mais cela participe à l’immersion tout comme ce pied de micro autour duquel a été entouré une végétation ornementale. Bref, le groupe donne visuellement envie mais heureusement ne va pas s’en contenter. En effet, même s’il ne se passe pas forcément grand chose sur scène et que la communication est là encore pour le moins limitée, on est vite happé par ce Black Metal aux mélodies médiévales particulièrement prenantes, par cette force et cette puissance qui se dégagent de cette musique, par ce chant belliqueux mais aussi très caverneux de Marliese Osborne ainsi que par ses nombreux interludes Folk qui eux aussi participent à l’immersion dans l’univers d’Hulder. Bref, le temps file et le plaisir ne faiblit pas (d’autant que le groupe nous dispensera de quelques nouveaux morceaux tirés de son prochain album à paraître très bientôt), signe d’une prestation réussie.


FANGE, Valley (13h10 - 13h50) :

Pas l’temps d’niaiser puisque Fange s’apprête à investir la Valley. Si le groupe français mené par Matthias Jungbluth (en charge du label Throatruiner Records) n’est évidemment pas né de la dernière pluie (2013, ça commence à dater), ce n’est pourtant que très récemment que je me suis enfin décidé à y jeter une oreille attentive. Avec huit albums au compteur, il était temps me direz-vous m’enfin comme toujours, mieux vaut tard que jamais. Si Purulences est à ce jour le seul album à avoir trouvé le chemin de mes oreilles, celui-ci n’a pas manqué de faire très fortes impressions. Il était donc inimaginable de faire l’impasse sur la prestation des quatre Rennais qui à l’issue de ces quarante minutes m’auront définitivement convaincu. Alors que le groupe est à l’oeuvre sur la Valley depuis pas loin de dix minutes et que je ne fais rien d’autre que les regarder avec assiduité, je remarque enfin qu’il n’y a pas de batterie sur scène. En effet, Fange utilise des samples aux sonorités industrielles et martiales afin de poser ses rythmiques vicieuses qui vous martèlent le crâne. Et si je n’ai pas remarqué plus tôt l’absence de batterie chez Fange c’est aussi parce que je suis envoûté par ces corps qui se crispent, se tordent, se tendent, se violentent. Une gestuelle et un rapport au corps qui me rappellent dans une certaine mesure un groupe comme Amen Ra même si chez Fange il y a quelque chose de profondément plus violent et intense (Antoine Perron qui se frappe le front jusqu’au sang, Matthias qui en porte encore les stigmates...). Bref, difficile de ne pas être pris par ce qui se passe sur scène et par cette musique implacable et profondément dérangée et oppressante. Enfin, bien que je ne connaisse pas tous les morceaux joués en ce samedi après-midi, je parviens sans mal à reconnaitre ceux issus de Purulences qui d’ailleurs constituent l’essentiel de la setlist du jour ("Cavalier Seul", "Mortes Promesses", "Sans Conviction", "Grand Guignol" et "Juste Cruel") sur lesquels (comme les autres d’ailleurs) je prends évidemment beaucoup de plaisir à l’image de tous ceux qui m’entourent et applaudissent le groupe avec force et sincérité lorsque celui-ci met fin à ce set aussi douloureux que physique. Après le disque et maintenant la scène, me voilà définitivement acquis à la cause de Fange.


DEFEATED SANITY, Altar (14h40 - 15h20) :

Après quelques discussions et un remplissage de gobelet qui m’a coûté un peu moins de deux euros et que je ne compte pas bazarder (je l’ai d’ailleurs fait changer car le premier était vraiment moche), me voilà adossé aux barrières de l’Altar en attendant l’arrivée des Allemands de Defeated Sanity. Même s’il fait chaud sous l’immense tente, il est agréable de pouvoir allonger ses jambes et reposer ses lombaires qui dans de telles situations ne sont jamais muettes lorsqu’il s’agit de me signifier que je les emmerde à rester debout de longues heures en changeant de jambe d’appuie ou de position. Mais ainsi va la vie de festivalier d’un certain âge...
Quiconque ayant déjà vu Defeated Sanity sur scène sait pertinemment que nos gaillards ne sont pas là pour faire de la figuration. Notre dernière rencontre remontant à environ un an et demi, je ne m’attends donc pas à être particulièrement surpris mais davantage à prendre une fois encore une énorme leçon de Brutal Death dans ce qu’il a virulent et technique (sans jamais être pompeux). Comme toujours je me tiens un tout petit peu à l’écart des activités physiques qui se tiennent devant la scène afin de profiter surtout de regarder ces musiciens incroyables. Si Joshua Welshman tient parfaitement son rang de frontman en haranguant la foule sans en faire des caisses, ce sont surtout Vaughn Stoffey, Jacob Schmidt et bien entendu Lille Gruber qui attirent le regard. Pour ma part, je reste pantois devant monsieur Schmidt dont les doigts n’ont aucun souci à faire le grand écart, dont la main gauche va et vient sur le manche alors que la droite bat les cordes avec un groove insolent. Putain, que-ce que ça joue ! Évidemment, Grubber non plus ne fait pas semblant, changeant de rythmes comme bon lui semble et insufflant à la musique des Allemands (ou plutôt américano-allemands) cet aspect absolument insaisissable pour quiconque n’est pas un minimum versé sans le Brutal Death Technique d’orfèvres. Réduite à quarante minutes de jeu, la setlist semble prendre des airs de pots-pourris avec des titres récents issus de Chronicles Of Lunacy et d’autres plus vieux tirés des précédents albums de la formation. Dans tous les cas, c’est encore une fois la punition et encore une fois je ne suis pas le seul à le penser à en juger par les réactions du public présent sous la tente.


TRASH TALK, Warzone (16h55 - 17h40) :

Après une pause bien méritée, c’est seul que je me dirige vers la Warzone afin de retrouver les Américains de Trash Talk, groupe de Hardcore originaire de Sacramento qui depuis douze ans n’avait plus donné signe de vie. Si à la fin des années 2000 celui-ci s’était fait remarquer par des albums ultra bonnards et des prestations scéniques particulièrement intenses, je n’étais pas hyper enthousiaste face à ce retour mais j’ai pourtant choisi de ne pas faire l’impasse. Bien m’en a pris. Alors coupons court à toutes discussions inutiles, oui Lee Spielman en fait des caisses, oui Lee Spielman passe probablement plus de temps à déblatérer sur scène et à donner ses instructions à la foule plutôt qu’à chanter et laisser son groupe jouer mais une chose est sûre, notre homme sait comment tenir une scène. Porté à de nombreuses reprises par le public, notre homme donne de sa voix et de son corps pour instaurer un climat à la fois de crainte et de communion. Celui-ci parviendra par exemple à faire complètement assoir le public de la Wazone (même les quelques intéressés ne voulant pas se prêter au jeu grâce à quelques invectives pour le moins menaçantes), à lancer un circle pit gigantesque passant derrière la régie son (ainsi qu’à lancer un anti circle pit tournant dans l’autre sens), à se faire offrir un oinj sur lequel il tirera sans demander son reste, à impliquer quatre ou cinq techniciens pour que ces derniers l’accompagnent lui, son micro et son câble à rallonge dans des déambulations sur scène et surtout en dehors de la scène...). Bref, l’Américain impose sa présence à tous et nul doute que ceux qui n’avaient encore jamais croisé la route de Trash Talk se souviendront toute leur vie de cette prestation musclée. Outre monsieur Speilman, le reste du groupe est également très en forme, enchaine dès que possible les brulots Punk / Hardcore aussi intenses et virulents que trop courts (à de nombreuses reprises j’entendrai autour de moi les gens râler car effectivement coupés dans leur élan). Le groupe finira son set sur un "Sacramento Is Dead" avec, je crois me souvenir, quelques invités qui jusque-là squattaient les côtés de la scène. Sur les quartante cinq minutes allouées par le Hellfest, Trash Talk en a sûrement passé la moitié à causer mais il n’empêche que tous ceux présents ont pris ce jour une énorme dérouillée.


CRO-MAGS, Warzone (18h35 - 19h25) :

Alors que ces dernières semaines les New-Yorkais de Cro-Mags ont été largement mis à l’honneur sur Thrashocre à travers quelques chroniques "oldies", je n’allais évidemment pas faire l’impasse sur Harley Flanagan et ses mercenaires sur scène. D’autant plus que, croyez-le ou non, je n’avais encore jamais vu le groupe en live. Petit, musclé, sec et teigneux, le père Flanagan arrive sur les planches dans son marcel blanc en roulant des mécaniques, lunettes sur le nez et clope au bec. Sacré personnage... Pressé d’en découdre, il décide de débuter les hostilités quelques minutes avant l’horaire officiel. En régie on s’exécute et laisse le son circuler dans les enceintes à la convenance du leader de Cro-Mags (s’agirait en effet de ne pas le froisser). Je n’ai aucune idée de qui sont les musiciens qui l’accompagnent, l’essentiel est qu’ils rempliront parfaitement leur office en ne dénaturant pas les riffs de ces hymnes Punk / Hardcore ou Thrash / Crossover qui seront offert au public pendant un petit moins d’une heure. De The Age Of Quarrel avec pas moins de sept titres à Best Wishes avec les imparables "Death Camps" et "Down, But Not Out" en passant par Revenge avec le très Punk et très mélodique « My Life », les fans de la première heure passeront naturellement un bon moment. Les morceaux sont entrecoupés par quelques prises de paroles d’Harley Flanagan sur sa vie de bohème dans le Lower East Side (pour ne pas changer) et sur la nécessité de rester unis face à la merde du monde etc. Rien de bien nouveau mais l’énergie déployée par le New-Yorkais et ses compagnons d’aventure font de ces cinquante minutes et de cette première fois pour moi un chouette moment à la hauteur de mes attentes même si j’aurais aimé plus de titres de Best Wishes et un peu de respect donné à Alpha Omega. Tant pis, j’ai quand même passé un excellent moment.


A PERFECT CIRCLE, Mainstage 1 (20h35 - 21h45) :

Après une petite pause bouffe le temps d’avaler un kebab froid (ce qui avec cette météo est plutôt plaisant) et surtout végétarien (avec sauce samouraï), je parviens à retrouver l’un de mes comparses face à la Mainstage 2 afin d’assister à mon premier concert de A Perfect Circle, un des autres groupes de Maynard Keenan de Tool. Très peu client de leur dernier album en date, le soporifique Eat The Elephant, j’avais naturellement quelques appréhensions à me retrouver face aux Américains. Bon, on ne va pas se mentir, si le set a dans son ensemble été plutôt très bon, je trouve les trois morceaux issus de ce troisième album toujours aussi pénibles et inintéressants. Déjà que sur scène il ne se passe pas grand chose (seul Josh Freezer derrière ses fûts donne un peu d’énergie à l’ensemble) alors quand en plus le groupe joue la carte soporifique bah on peine évidemment à s’enthousiasmer. Fort heureusement, entre ces trois morceaux que sont "Disillusioned", "TalkTalk" et "The Doomed", A Perfect Circle a eu la bonne idée d’inclure six titres de Thirteenth Step, trois de Mer De Noms, un de eMOTIVe ainsi que ce nouveau single plus engageant à lui seul que ce troisième album... Alors oui, le groupe semble se contenter du minimum syndical avec Billie Howerdell qui fait notamment quelques allées et venues à gauche et à droite de la scène ou Maynard qui derrière son estrade s’agite brièvement et oui je conçois parfaitement qu’on ait pu s’ennuyer face à une prestation assez impersonnelle et globalement timorée mais je ne sais pas, entendre pour la première fois sur scène des titres tels que "The Package", "Judith", "3 Libras", "Weak Anand Powerless" ou "The Outsider" découverts et poncés à leurs sorties a évidemment fait vibrer une corde sensible chez moi. Certes, il n’y avait pas de "show" à proprement parler (parce que la musique ne s’y prête pas vraiment non plus hormis peut-être lors des quelques passages les plus dynamiques) mais je suis malgré tout content d’avoir pu assister à cette prestation au Hellfest surtout quand je vois qu’en salle le groupe joue un titre de Eat The Elephant en plus ("The Contrarian") et un titre de Thirteenth Step en moins ("The Noose"). J’aurai payé 65€ (le premier prix pour le Zénith de Paris le 7 juillet prochain) pour un concert tout en retenu comme celui-ci j’aurais sûrement fait un petit peu la tronche mais là, en festival, j’avoue sans honte avoir passé un moment plutôt agréable à défaut d’être véritablement mémorable.


MEGADETH, Mainstage 2 (21h50 - 23h05) :

Rincée, fatiguée, en bout de course… Voilà comment on pourrait résumer la prestation de Dave Mustaine au Hellfest. Le grand roux, caché derrière sa frange, tentera bien de donner le change mais personne n’est dupe et il est évident que la fin de l’aventure est proche. En effet, ce dernier marmonne plus qu’il ne chante, mange certaines des paroles voire les oublie carrément… Bref, la retraite annoncée semble en effet plus que nécessaire et heureusement que notre homme est très bien accompagné sur scène car sinon ce passage au Hellfest aurait pu être d’une tristesse sans nom... En effet, Dirk Verbeuren (batterie), James LoMenzo (basse) et surtout Teemu Mäntysaari (guitare) vont à eux trois porter les compositions de Megadeth. Des compositions heureusement axée sur ma période préférée du groupe puisque l’on va retrouver des titres tels que "Hangar 18", "Take No Prisonner", "Sweating Bullets", "Hook In Mouth", "Countdown To Extinction", "Tornado Of Souls", "Symphony Of Destruction", "Peace Sells..." ou bien encore "Holy Wars... The Punishment Due" exécutés plus ou moins parfaitement. Car si Mustaine peine un peu sur les solos, ce n’est pas le cas de Teemu Mäntysaari qui lui va nous régaler systématiquement. Du coup, même si Mustaine est effectivement ici en bout de piste et que certains titres tels que "Mechanix" font un peu de peine à entendre, la setlist à l’ancienne (à l’exception de quelques nouveaux titres comme le plutôt bon "Tipping Point" servi en ouverture et le très moyen "I Don’t Care") et le niveau des trois autres musiciens permettent de compenser positivement cette prestation en forme d’adieu. Naturellement, j’aurais préféré voir et entendre un Dave Mustaine plus en forme mais malgré tout, je ne boude pas mon plaisir de pouvoir écouter en live tous ces titres qui ont accompagné mon adolescence dans les années 90 (en plus d’apercevoir le personnage de Vic Rattlehead déambuler sur scène à deux reprises et d’avoir la chance, France oblige, de voir rajouter à la setlist le titre "À Tout Le Monde"). D’ailleurs, je ne suis pas le seul à prendre du plaisir puisque même si en étant resté face à la Mainstage 1 je suis un petit peu loin de l’action, les écrans géants me montrent que le public proche de la scène réagit de manière particulièrement positive à la prestation de Megadeth même si celle-ci sent effectivement l’EHPAD à plein nez... Bref, ciao l’artiste, bonne retraite bien méritée et merci pour le Thrash !


LIMP BIZKIT, Mainstage 1 (23h10 - 00h40) :

À la base je comptais faire seulement les quarante première minutes du show de Limp Bizkit puis filer ensuite direction l’Altar pour assister au concert de Deicide mais finalement, porté par l’ambiance générale et un brin de nostalgie, je choisirai de rester durant tout le set des Américains que je n’avais là encore jamais vus sur scène.
Après un premier compte-à-rebours à l’issue duquel tout le monde espérait voir le groupe arriver sur scène, nous aurons le plaisir de découvrir sur l’écran géant placé derrière la scène la photo d’une femme dans un hamac avec les jambes un petit peu écartées et au milieu ce qui ressemble de loin à un énorme chibre. Le temps de cligner des yeux, le public hilare va très vite réaliser que ce supposé chibre est en fait la jambe d’un bébé allongé sur sa mère. Quelques instants plus tard un nouveau compte-à-rebours est lancé et cette fois-ci ce sont bien Fred Durst et toute sa clique qui arrivent sur scène pour retourner le public du Hellfest venu assister à la prestation des Américains. Un début de set d’ailleurs assez étonnant puisqu’il se fera sur "Faith", reprise de George Michael présente sur Three Dollar Bill, Yall$ puis sur un court medley Megadeth / Metallica en guise de clin d’oeil évidemment à la prestation de Dave Mustaine quelques minutes auparavant. Passée cette entrée en matière pour le moins sympathique, les choses sérieuses vont véritablement pouvoir commencer avec "Break Stuff" qui va littéralement faire exploser le public dans tous les sens. Me voilà ainsi bousculé de tous les côtés, devant faire attention aux personnes qui slament derrière moi (alors qu’on est pourtant à 60m de la scène) alors que le public, grâce aux paroles qui défilent comme dans un karaoké sur l’écran géant, scandent en choeur les paroles. Une ambiance incroyable et bon enfant qui va perdurer pendant une bonne partie du set. Sur scène, Fred Durst tient son rang, arpentant la scène avec nonchalance, prenant le temps de demander au public si tout va bien, le remerciant à plusieurs reprises pour son enthousiasme. Une scène particulièrement chouette puisque tels des Minipouces, les membres semblent évoluer dans ce qui ressemble à une gigantesque chambre d’adolescent des années 90 représentée notamment par d’énormes tranches de cassettes audios rangées les unes à côté des autres d’artistes tels que Primus, Sepultura, Ween, Cypress Hill, Metallica, The Jesus Lizard, Nas, Wu-Tang Clan, Nirvana, Minor Threat et d’autres encore. De même, les platines de DJ Lethal sont finement dissimulées par ce qui ressemble à une énorme boombox. Côté setlist, le groupe va miser sur la nostalgie avec pas moins de huit titres tirés de Chocolate Starfish And The Hot Dog Flavored Water et deux (enfin trois puisque "Break Stuff" sera joué à deux reprises) de Significant Other. À noter que Frd Durst sera également rejoint à deux reprises par deux membres de Slay Squad (groupe de Trap / Deathcore présent à l’affiche) pour deux participations bien musclées et quelques pas de danse bien sentis... Le groupe nous offrira également un bel hommage à Sam Rivers disparu l’année dernière en reprenant en son honneur "Behind Blue Eyes" alors qu’une photo de lui est représentée sur l’écran géant... Bref, j’ai eu seize ans à nouveau le temps de cette heure et demi et pour cela j’en remercie les Américains.



HATEBREED, Warzone (00h55 - 02h00) :

Quitter la Mainstage s’avèrera assez compliqué puisqu’il faudra en effet trouver son chemin entre les gens qui vous arrivent de face, de gauche et de droite et ceux qui, devant vous, ne marchent pas à votre rythme. Après quelques minutes de ce petit jeu d’esquive et de faufilage, me voilà enfin arrivé devant la Warzone pour le dernier concert de la journée (il était temps car je commence à avoir sérieusement mal aux lombaires). Je ne sais pas pourquoi mais je m’attendais à ce que le set des Américains dont j’apprécie vraiment les deux / trois premiers albums (avant que la formule ne se répète sans arrêt et deviennent bien moins pertinente) soit principalement axées sur ses premières sorties. Malheureusement, malgré la présence de nombreux titres issus de Satisfaction Is The Death Of Desire, Perseverance et même du EP Under The Knife (huit morceaux au total), les autres titres tirés quant à eux de Hatebreed, Supremacy, The Rise Of Brutality et The Concrète Confessional vont réussir l’exploit de m’ennuyer au point de quitter la Warzone pour aller m’assoir derrière avec toujours une vue sur l’un des deux écrans géants. On ne peut pas dire pourtant que la prestation soit mauvaise, elle serait même plutôt très bien rodée avec un Jamey Jasta engagé, souriant et prompt à motiver les troupes mais je ne sais pas, il y a justement quelque chose de téléphoné qui, probablement aidé par la fatigue, me fait perdre toute motivation à rester face à la scène. Une prestation qui à l’image de cette Ball Of Death gonflable balancée dans le public tombera elle aussi lamentablement à plat (eh oui, les barbelés qui entourent la Warzone auront eu aisément raison d’elle). Aussi, malgré quelques regains d’intérêts ici et là et notamment en fin de set grâce au titre "Smash Your Enemies", je ne tarde pas à prendre le chemin du retour, fatigué de cette seconde journée une fois de plus couronnée de succès malgré un dernier concert en dents de scie. Demain est une grosse journée sous un cagnard suffocant alors il va falloir reprendre des forces...


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