chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
163 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Signal Rex » Niklas Lindberg »

Ultraphallus - No Closure

Chronique

Ultraphallus No Closure
Bodychoke. Nous sommes quelques-uns à vénérer le défunt groupe – bien trop méconnu – de Kevin Tomkins, notamment son album Cold River Songs heureusement trouvable encore aujourd'hui grâce à une réédition par Relapse.

Aussi, quand un groupe rappelle son post punk de frigo fricotant avec le noise rock le plus rêche, on fonce, rapidement sous le charme et prêt pour un plaisir masochiste étrangement mélancolique. Ultraphallus est pourtant un nom croisé à maintes reprises – de mémoire, à commencer sur le regretté site Slow End – mais jamais pris au sérieux. On peut comprendre pourquoi ! Quelques bons mots sur le magazine New Noise, quelques descriptions alléchantes, une sortie sur un label qu'on estime, auront suffi pour enfin sauter le pas et plonger dans cette eau froide en direction du glacier qu'est cet album.

No Closure fait donc renouer avec cette sentimentalité congelée qu'on pensait ne jamais retrouver totalement ailleurs, celle dont la découverte du corps de Laura Palmer dans Twin Peaks devient un tableau figuratif, aérien, macabre, sensuel et bizarrement enivrant. Pour autant, il serait réducteur de l'arrêter à une perpétuation de ce que nous a offert le créateur de Mindshaft. Bodychoke n'est ici qu'un point de départ, un marbre attaqué au burin, de même que Swans, Godflesh ou Joy Division, tous conviés dans cette grande bouffe où l'on n'a pas pris le temps de réchauffer les plats.

Tout cela, Ultraphallus se l'approprie avec une classe bien à lui, trouvant des liens naturels entre ces formations faisant certes sens mises les unes aux côtés des autres mais si hermétiques qu'on imagine mal une zone liminale où toutes se retrouvent. Les Belges y parviennent, avec l'élégance de celui qui ne montre aucun effort dans son geste, geste néanmoins sérieux, d'une gravité de chaque instant.

Ce qui surnage dans cette mer gris-bleu est ce jusqu’au-boutisme présent dès le départ, dans ce premier morceau aux influences My Bloody Valentine, mâle et mal, appel de ce qui aurait pu être dans un monde un peu meilleur. Plus qu'une nostalgie d'une musique qui redevient à la mode depuis un moment (on ne compte plus les groupes se réclamant d'un héritage post punk indus, les années 2020 semblant se lier au défaitisme des années 80), c'est finalement à Harvey Milk qu'on pense plus qu'à un autre ici, sa capacité à plomber l'ambiance, sa classe de chien battu, son réalisme bien trop marqué pour se dire que tout cela n'est que du cinéma, cru comme quand on se dit qu'on ne sait pas ce qu'on a en ce moment, fatidique comme quand la phrase « c'était trop beau pour être vrai » vient en tête avec son fracas sonnant la fin du bonheur.

On ne peut que parler longuement et de manière éparpillée de No Closure, sa tristesse lointaine, ses assauts proches, sa masculinité mal à l'aise avec elle-même. Court en durée mais riche dans le peu de temps qu'il s'accorde, il donne la sensation de déballer tout sur scène avant que la sécurité intervienne et le jette dans la rue. Forcément, on pourra dire que son discours manque de liant d'un titre à l'autre, que l'on écoute plus des vignettes qu'un paysage. Pourtant, quand il se termine, on a envie de dire que l'on comprend ce qui est traversé ici. Que, dans nos heures mauvaises, on se noie aussi dedans.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Ultraphallus
Noise Rock / Post Punk
2023 - Head Records
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs : (1)  8.5/10
Webzines :   -

plus d'infos sur
Ultraphallus
Ultraphallus
Noise Rock / Post Punk - 2002 - Belgique
  

tracklist
01.   Lightskin  (8:08)
02.   Claimers  (8:22)
03.   Gibraltar  (1:38)
04.   Motherbumface  (2:57)
05.   Part of Splendour  (5:17)
06.   Furs Beach  (2:19)
07.   Drifting Home  (4:26)
08.   Hope Fixer  (7:32)

Durée : 40:39

line up
parution
21 Avril 2023

Essayez aussi
Mutoid Man
Mutoid Man
Helium Head (EP)

2015 - Sargent House
  
Bodychoke
Bodychoke
Cold River Songs

1998 - Relapse Records / Purity
  
KEN Mode
KEN Mode
Success

2015 - Season Of Mist
  
Harkonen
Harkonen
Shake Harder Boy

2002 - Hydra Head Records
  
Chat Pile / Hayden Pedigo
Chat Pile / Hayden Pedigo
In The Earth Again (Coll.)

2025 - Computer Students
  

Suicidal Tendencies
The Art Of Rebellion
Lire la chronique
None So Live - Cyrptopsy / 200 Stab Wounds / Inferi / Corpse Pile
Lire le podcast
Breizh Death Metal Party 2 Live Report
Lire le podcast
Agressor
Deathreat
Lire la chronique
Deathraw
Reduced To Ashes (EP)
Lire la chronique
Cro-Mags
The Age Of Quarrel
Lire la chronique
Barbarian
Reek Of God
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Dirty Rotten EP (EP)
Lire la chronique
Furi Helium
No Altar Stands Eternal
Lire la chronique
Power Abuse
Madness Inside
Lire la chronique
Kreator
Krushers Of The World
Lire la chronique
Dementia
The Insanity Chronicles
Lire la chronique
Live Report Tanork - Skelethal
Lire le podcast
Crystal Sun
The Trace You Left
Lire la chronique
Live Report Esodic - Anthares
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
Dreaggan
Eternal Fire (EP)
Lire la chronique
Misfire
Product of the Environment
Lire la chronique
Disarray
The Darkening (EP)
Lire la chronique
Breakdown
Divide and Konquer (EP)
Lire la chronique
Bilan 2025
Lire le bilan
La photo mystère du 16 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Testament
Para Bellum
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Agressor
Medieval Rites
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Bloodfield
Homunculus sapiens
Lire la chronique
Brutal Decay
Slaughter in Hell
Lire la chronique
Carnage Inc.
Carnage Inc. (EP)
Lire la chronique
Deathhammer
Crimson Dawn
Lire la chronique