Avec Turnstile, Speed est probablement l’un des plus gros succès de la scène Hardcore de ces dernières années. Certes, les Australiens sont encore très loin du niveau de popularité acquis par les cinq garçons de Baltimore depuis maintenant quelques années mais à domicile le groupe est définitivement le roi du monde (grand gagnant 2024 du prix ARIA Award for Best Hard Rock or Heavy Metal Album, une tournée australienne affichant complet sur l’intégralité des dix-sept dates annoncées...). Une notoriété qui s’étend bien évidemment bien au-delà de ses propres frontières puisque le groupe a déjà foulé à deux reprises la scène de Coachella et qu’il sera également présent cet été au Reading & Leeds Festival. Bref, que vous le vouliez ou non, vous n’avez pas pu passer à côté de ce phénomène Hardcore qui, quoi qu’en disent les mauvaises langues, a bien plus qu’un soupçon de flûte traversière à offrir.
Évidemment conscient de son succès mais gardant la tête sur les épaules et surtout le sourire affable en toute occasion, Speed sortait en octobre dernier via Flatspot Records et Last Ride Records un EP trois titres intitulé
All My Angels. Un amuse-bouche expédié en tout juste huit minutes histoire de conserver la flamme intacte mais aussi avec l’idée de rendre hommage à trois proches du groupe récemment disparus :
""All My Angels", is a three-track EP that reflects on the passing of three close friends in recent years.". Un retour bien vite torché mais un retour qui fera néanmoins plaisir à tous les amateurs de Hardcore viril et chaloupé, de Karate Dance Style et de Air Max avec de grosses bulles d’air...
Afin d’illustrer ce EP, le groupe est resté fidèle à une certaine esthétique en choisissant une une photographie mettant une fois de plus en avant un membre de la formation mais cette fois-ci à travers une mise en scène bien plus introspective et fragile. Car les Australiens ont beau jouer les gros durs à travers leurs artworks et leurs vidéos (muscles saillants, high kicks violents, esprit de gang...), ces derniers que l’on sait souriants et adorables n’ont pourtant jamais caché ni leurs émotions ni leur sensibilité. On imagine donc très bien que la perte ces dernières années de ces trois proches n’a pas dû être une chose facile à surmonter pour le groupe et chacun de ses membres. Leur rendre hommage, si cela paraissait tout à fait évident, n’en est pas moins compliqué pour autant. Aussi cette photo qui exprime à la fois le chagrin et la réflexion, ne pouvait finalement pas mieux coller à ce EP et aux thématiques abordées.
Mais si
All My Angels voit le groupe opérer un léger changement de ton, musicalement ceux qui ont déjà posé leurs oreilles sur le Hardcore des Australiens retrouveront ici sans mal tous leurs petits. Il faut dire que la recette du groupe de Sydney n’est déjà en soit pas bien compliquée : gros riffs, gros groove et gros breaks le tout servi avec énergie et passion pour un résultat qui par une efficacité de tous les instants compense haut la main son manque d’originalité.
Il n’y a donc rien de neuf à signaler à l’écoute de ces trois nouvelles compositions si ce n’est peut-être ces voix angéliques dispensées en filigrane sur "Peace" que l’on n’avait encore jamais entendues chez Speed. Pour le reste, comme dit plus haut, on retrouve à l’écoute de ces huit minutes tout ce qui a fait le succès du groupe depuis
Gang Called Speed à commencer par ce groove particulièrement présent. En effet, malgré son blase, Speed n’est pas le genre de groupe à faire des excès de vitesse. La formation australienne préfère effectivement miser sur les mid-tempo chaloupés plutôt que sur les accélérations et autres coups de chauds menés tête dans le guidon. Certains lui reprocheront peut-être ce parti pris mais grâce à des compositions faisant le choix de ne jamais se contenter d’un seul riff, d’une seule mélodie, d’un seul rythme, le Hardcore des Australiens se montre malgré tout hyper mouvant et dynamique. Certes, cette nature quelque peu insaisissable ne facilite pas l’appropriation de ces compositions (à l’exception de quelques mélodies qui rentrent bien en tête comme sur le break de "Peace", vous ne siffloterez probablement aucun de ces trois morceaux de Speed) mais là encore ce point est largement compensé par le groove déployé par les Australiens tout au long de ces huit minutes que vous passerez, j’en mets ma main à couper, à vous déhancher et à rouler des épaules.
Fidèle à sa formule, Speed ne fera probablement pas taire ses détracteurs avec ce nouvel EP qui n’a effectivement rien de bien nouveau à offrir si ce n’est trois nouvelles compositions. À l’inverse, ceux qui ont toujours trouvé cool et efficaces les Australiens ne manqueront pas une fois de plus de s’enthousiasmer pour ces huit minutes certes trop vite expédiées mais néanmoins toujours aussi bien senties pour peu que l’on soit sensible à ce groove de babouin. Pas très original mais diablement efficace, personnellement il ne m’en faut pas davantage (allez, et une bonne pizza quatre fromages) pour être un homme heureux.
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