Prenant humblement la relève de mes deux valeureux camarades
Sagamore (
Démo) et
Ikea (
À nos morts), me voilà lancé sur les traces
Animale(s) du troisième LP des Normands de
PILORI intitulé
Sans adieu. Le style, déjà minutieusement décrit par mes prédécesseurs, n’a pas évolué d’un poil ou alors de façon infinitésimale. En effet, les dix nouvelles compositions baignent toutes dans la
FANGE nauséabonde d’un
blackened hardcore radical empruntant à l’occasion de quelques sprints véloces la voracité du
grind, bien entendu la noirceur d’un
black metal urbain, contemporain, s’inscrivant ainsi à grosses mailles dans une voie quelque peu délaissée aujourd’hui par
CELESTE, ce dernier marquant actuellement le pas avec un ralentissement drastique de ses tempos.
PILORI, lui, n’a que faire, ou presque, des ambiances
post ou d’une certaine forme de romantisme noir. Le quatuor avoine, cherche des noises, inspire la barbarie dans son plus simple appareil du moins au cours des cinq premières compositions. Sur cette moitié d’album, les Rouennais seraient quasiment en mesure de rivaliser avec les ténors du genre, les Suédois de
THIS GIFT IS A CURSE pour ne citer qu’eux. Chant hargneux, breaks d’enculés, blasts sans pitié (« Le couteau par la lame »), autant d’éléments décisifs dans l’appréciation d’un disque qui donne clairement le sentiment à l’auditeur d’être pourchassé par des clébards de catégorie une souffrant de la rage. Une morsure, un membre en moins.
Ce n’est qu’à compter de l’interlude éponyme au violoncelle que les choses évoluent un brin. En effet, la formation lève le pied, travaille davantage ses atmosphères. Cela fonctionne parfaitement au cours de « La présence des absents », titre lancinant s’il en est, un peu moins au cours d’« Avant que le vent ne se lève » dont le final
post rock s’étire de trop, ouvrant la voie à la seule vraie déception de ce LP : le reprise fadasse d’
Alain Bashung, un « Volontaire » dont les grosses guitares pataudes tombent à plat, de même que le chant atone des couplets. Un véritable gâchis parmentier, d’autant plus si l’on connaît la version de
NOIR DESIR, paradoxalement plus sombre dans ses errances
noise rock (merci
Serge Teyssot-Gay) tout en conservant la force poétique du texte, ici balancée aux oubliettes. Heureusement que
PILORI ne s’est pas attaqué à « Aucun express », j’en aurais fait une syncope.
Certes, « La rose et l’épine » conclura l’offrande avec la colère froide d’un
HEXIS des grands soirs mais ces deux petits trous d’air laissent bizarrement un goût d’inachevé, une dernière impression qui n’est pas à la hauteur du début tonitruant. Dommage, à son niveau la bande n’était pas loin d’une forme d’aboutissement. Dans tous les cas, une telle qualité d’écriture dans un style aujourd’hui lessivé, élimé, cela étourdit l’animal. La fois prochaine, ce sera la mise à mort avec, je l’espère, une production qui sera au moins du même calibre.
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