Towering - The Oblation Of Man
Chronique
Towering The Oblation Of Man
Alors lui on ne l’espérait plus et son annonce n’en a créé que plus d’impatience, car oui TOWERING est de retour et cela fait énormément plaisir vu que cela faisait quasiment sept ans que l’on espérait un successeur à l’excellentissime
« Obscuring Manifestation », qui avait bénéficié à l’époque d’un vrai coup de cœur généralisé. Depuis cette période le groupe était resté particulièrement discret même s’il avait brièvement communiqué il y a un peu plus d’une année sur l’enregistrement en cours de ce nouvel album, pour le reste on finissait par croire à une énième arlésienne malheureusement récurrente chez certaines formations (DISGORGE, ANATA…) mais qui enfin se termine pour notre plus grand bonheur. Car s’il ne comporte que six morceaux (ce qui peut paraître très léger pour une si longue attente) ceux-ci vont être suffisamment redoutables pour qu’on s’en contente, vu que la qualité va être une fois encore au rendez-vous et dans la droite ligne de ceux qui composaient son prédécesseur.
Néanmoins il va falloir plus de temps et d’attention pour réussir à mémoriser correctement l’ensemble vu qu’ici tout est bien moins immédiat qu’auparavant, car ça va donner parfois la sensation d’être fait d’un seul bloc hermétique et brumeux vu que chacun des titres va avoir tendance à avoir une construction assez similaire… même si tout cela est d’un niveau technique impressionnant aussi bien dans son écriture que l’exécution. C’est donc un combo sûr de sa force et bien décidé à frapper un grand coup qui déboule ici, ce que « Asceticism » va immédiatement prouver vu qu’on va être littéralement happé dès ses premières notes pour être emmené dans un univers inquiétant fait de froideur et de profondeur, où les nuages côtoient un occultisme travaillé et complété par des harmonies nombreuses où le tribal n’est aussi jamais très loin dans les parages. En effet après un démarrage sous forme de riffs glaciaux ce sont des accents hypnotiques et lourds qui apparaissent, laissant ainsi s’exercer une pression impressionnante sous forme d’introduction avant ensuite de lâcher les chevaux et d’enchaîner une alternance continue entre blasts destructeurs, parties rapides débridées et ralentissements massifs afin de maintenir un état de tension permanent et d’offrir de la densité à une composition qui marque son territoire, et donnant donc le ton du reste à venir qui va être du même acabit. Jouant donc sur l’équilibre où la lumière tente de percer l’épaisse couche de nuages (qui maintiennent une ambiance nocturne impressionnante), cette ouverture va laisser place ensuite à l’excellent « To Die Once And Emerge » où ça va s’alourdir un peu plus encore. Car si la brutalité va être présente au début de cette plage celle-ci va progressivement disparaître au profit d’une voix haranguée pour motiver les foules, où le Diable et ses légions rôdent en permanence et créant ainsi des accents éthérés portés par une rythmique lente où les cassures denses renforcent le sentiment de perdition, vu qu’on n’a nulle part où s’accrocher. Mettant donc les atmosphères en avant (mais sans jamais être prépondérantes) la bande offre une technicité impressionnante où notamment le frappeur fait preuve d’une dextérité continue… et avec « Shattering Individuality » les choses vont être semblables vu qu’on va être dans la suite logique de la précédente vision, qui même si elle offre plus de vitesse va garder cette base rampante où le tempo ne s’emballe qu’en de courtes occasions, préférant ainsi miser sur un mur sonore indicible quitte à frôler la sortie de route de par une durée longue.
Néanmoins vu le niveau et l’expérience des gars on ne risque pas l’indigestion mais force est de constater que ça tombe parfois presque à la limite du décrochage du fait d’une certaine répétition des idées comme de l’écriture assez semblable, pourtant difficile de lâcher l’affaire de ce voyage tortueux notamment quand le profond et habité « The Devouring Presence » pointe le bout de son nez, en jouant ici sur un grand écart plus marqué et surtout une opacité redoutable et plus poussée qu’auparavant… créant donc un brouillard tentaculaire celui-ci cherche visiblement à être percé durablement sans y parvenir, tant l’humidité y est intense et cela va même augmenter avec le lugubre « Herald Of The Black Sun ». Bien que plus compact et direct dans son exécution – et malgré sa durée et sa technicité qui a encore grimpé d’un cran – le rendu montre un large éventail du jeu du quatuor, qui pousse sur l’alternance régulière et continue de l’ensemble de tempos sur de courtes distances afin toujours de désorienter l’auditoire qui ne sait pas où s’accrocher pour suivre. Mais là encore le résultat est impressionnant et va lancer idéalement « Embraced Atonement » qui va servir de condensé à tout ce qui a été entendu en amont, en poussant l’inspiration de ses auteurs dans ses derniers retranchements et en misant allègrement sur les variations diverses et variées qui explosent et ralentissent de partout sans perdre la ligne directrice initialement choisie, et clôturant ainsi un long-format étouffant et pénétrant qui va occuper les esprits pendant longtemps.
Il est certain effectivement que ce gros bloc aura besoin de temps pour mettre à jour tout son contenu et le faire découvrir au plus grand nombre, tant ses abîmes indécents dignes de l’enfer de Dante nous entraînent dans des contrées lointaines et inexplorées, où le zéro absolu côtoie les flammes brûlantes avec un plaisir communicatif. Plus fin qu’il n’y paraît chacun des différents blocs malgré leur aspect copier-coller possèdent une vraie personnalité… si on prend le temps pour valider cette expérience sensorielle. Véritable bond en avant pour les Parisiens ceux-ci livrent aujourd’hui une œuvre marquante qui va hanter profondément les esprits, mettant le cerveau en mode décryptage mais sans jamais tomber dans l’excès outrancier. Autant dire que cette très longue maturation artistique en valait la peine et que désormais Thomas Jacquillat et ses comparses sont un nom sérieux et indispensable à suivre au sein de la scène française, car ceux qui ne les connaissaient pas vont avoir intérêt à les découvrir et les autres seront définitivement conquis. Prouvant donc que malgré nombre de jeunes loups débarquant de nulle part et au talent précoce les vieux vétérans du circuit sont toujours bel et bien là, prêts à en découdre gardant avec eux leur force de frappe comme leur inspiration et leur grande expérience, qui leur permet ainsi de faire une certaine différence… le cadeau bonus qui fait foi en toutes circonstances.
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