C’est dommage que
Thrashocore ne propose pas dans ses classements annuels une rubrique dédiée aux illustrations car celle qui habille ce
For Your Ass Only y figurerait en bonne place, du moins chez moi. Tout m’y séduit, des références à James Bond ou à Mission Impossible au paquet de cigarettes estampillé « Camel Toe » en passant par ce plan central SM de lustrage de rondelle en bonnet difforme, même si la culotte grise conserve au tout un subtil semblant de bienséance, les raisons de s’enthousiasmer pour ce deuxième album de
CRÈME FLESH, après un
Casablumpkin rutilant, sont aussi nombreuses qu’incompréhensibles.
Certes la musique, une fois encore distribuée par le toujours pimpant
Comatose Music, est bête à manger du foin : du
brutal death metal empruntant nombre de ses gimmicks au
slam, les Canadiens ne tournent pas mille ans autour de notre pot lubrifié avant d’y fourrer profondément leur vigoureux membre turgescent. Mais quel savoir-faire ! Quelle régalade ! Ô glorieux dard dionysiaque, goumi dur comme poutre, fourre donc les tympans vierges de ta lubricité maligne ! Régale-nous de tes vices, de tes turpitudes, de tes outrances, vole au-dessus des outrages, ne respecte rien, ni la bienséance ni le bon goût, bafoue les pudeurs de premières communiantes, les dix morceaux soignent les troubles érectiles, font revenir l’être aimé, assainissent le foie, calment la jaunisse ! Les Canadiens guérissent le zona, les odieux furoncles au cul, la peste peut-être même… Pourquoi autant d’éloges ? Le quatuor ne joue pourtant rien de plus, rien de mieux, que des centaines, voire des milliers, d’autres formations évoluant dans un registre similaire où des jouvencelles nubiles sont mises à mal. Absolument rien n’est censé faire de lui un élu, un enfant prodige, avec sa gueule de consanguin, son bec de lièvre, son haleine fétide, son slip collant qui renifle la vielle sueur de fesses… Je m’émerveille néanmoins devant
For Your Ass Only telle une courageuse étudiante en arts plastiques confrontée pour la première fois au chibre mollasson mais odorant de son
Sugar Daddy septuagénaire. Une joie sincère irrigue mes corps caverneux, je gigotte idiotement les membres en espérant qu’il en sorte la prochaine Macarena, en vain, détestable petit fruit sec que je suis, gesticulations puériles de salon mondain déserté par la foule.
Cependant elle y va fort notre vaillante écolière, elle ne lésine pas sur la salive, l’huile de coude, elle lui fait reluire le Kojak comme jamais à ce vieux fripon fripé, blast et harmoniques à tire-larigot, ralentissements brutaux, gorge profonde, tout le Kama Citrate de bétaïne y passe. Il n’y a guère de recoins, de replis charnels que le groupe n’aille pas farfouiller de ses doigts experts, de ses extrémités débauchées. Elle est tellement conne cette musique, tellement entendue, rabâchée, digérée, régurgitée, quel est donc le secret de
CRÈME FLESH pour me faire ainsi goder ? Ou peut-être est-ce juste moi qui part en couille, qui finis par m’émerveiller sur de petites crottes molles, en plein marasme cérébral… Hey ! Ce n’est pas impossible après tout ! Je décline pas mal ces derniers mois, en pleine déliquescence, l’Arche de Noé Milk en ligne de mire, objet ultime de quête finale, là, l’essence du
brutal death régressif, imbécile, jouissif et jouisseur impénitent.
Voilà un LP qui n’apportera pas grand-chose à l’édifice métallique, voire rien. Pas le plus brutal, pas le plus technique, encore moins le plus choquant, ces assauts gorgés de
groove emballent pourtant l’auditeur sans coup férir grâce à un registre ultra maîtrisé, épais, aux transitions fluides même si les compositions les plus brèves (aux alentours des deux minutes) peuvent parfois donner le sentiment d’être expédiées à la va-vite, manquant d’un élément qui donnerait davantage de consistance à l’ensemble. Quoi qu’il en soit, ces trente-quatre minutes s’avèrent suffisamment juteuses pour ne pas bouder son plaisir.
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Samfisher
Par Sosthène
Par MoM
Par Raziel
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Cujo
Par Keyser
Par Jean-Clint
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Par DEMONIKA
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
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