Au petit jeu marrant de qui possède la plus longue bistouquette,
EXIMPERITUS a de quoi faire valoir : en 2016, un premier LP intitulé
Prajecyrujučy sinhuliarnaje wypramieńwańnie Daktryny Absaliutnaha j Usiopahłynaĺnaha Zła skroź šaścihrannuju pryzmu Sîn-Ahhī-Erība na hipierpawierchniu zadyjakaĺnaha kaŭčęha zasnawaĺnikaŭ kosmatęchničnaha ordęna palieakantakta, najstaražytnyja ipastasi dawosiewych cywilizacyj prywodziać u ruch ręzanansny transfarmatar časowapadobnaj biaskoncaści budučyni u ćwiardyniach absierwatoryi Nwn-Hu-Kek-Amo et composé de huit titres à l’avenant, par exemple : « Somnambuličnyja tulliańni karawanaŭ ziłlijonnamiesiacowych rozumazrokaŭ žracoŭ Ïrminizmu, jakija pakidajuć pojas Kojpiera, skroź hnozis ękzistęncyjanaĺnaha immažynaryuma katakombaŭ Ra-Hoor-Khuit CVII wymiaręńnia uročyšča skarpijonaŭ, wykarmlienych pracham mierćwiakoŭ cykličnych turbuliencyj Chrama Sûtekh, da wytokaŭ antropamahičnaj dęmanałohii zwierchkancęntracyi ciemry ŭ pošukach zichatliwaha Tra ». Je n’ai encore rien dit du groupe et j’ai déjà un tiers de la chronique qui est rédigé en termes de volume ! Je ne vous épargnerai pas le nom complet imbittable de la formation (
Eximperituserqethhzebibšiptugakkathšulweliarzaxułum), j’ai pour ma part découvert les Biélorusses en 2021 avec
Šahrartu, LP qui revenait à davantage de mesure (un mot par composition) pour un
death metal brutalement mystique et lorgnant allègrement du côté de
NILE, chose parfaitement légitime.
Le duo a donc en début d’année sorti son troisième album, toujours chez
Willowtip Records, label dont nous célébrons régulièrement les œuvres en ces pages. J’aimerais pouvoir m’extasier devant
Meritoriousness of Equanimity et les neuf pièces qui le forgent, j’ai hélas le sentiment que les aspects extra-musicaux prennent trop le pas sur la réalité de ce que propose aujourd’hui la paire
Liakh /
Nalecki. Autrement dit, tout le décorum qui entoure
EXIMPERITUS, son esthétique, ses thèmes, ses titres qui n’en finissent pas (« Molecular Disintegration of an Unattainable Solitary Will in a Vessel of Wisdom...as a Result of the Soul's Aspiration to Break the Summed Up Set of Delusions of Reason... in the Course of a Personal Experience of Accepting the Imperfection of the World and Proving that Time Gets Rid of the Fragile and Leaves Invulnerable »), tout cela exprime une identité, une originalité que l’on ne retrouvent que trop rarement, si ce n’est peut-être au cours des deux interludes instrumentaux, dont un équipé d’une narration en français surprenante. Pour le reste, beaucoup de
In Their Darkened Shrines, une pointe de
BLOOD INCANTATION pour ce qui relève des aspects plus progressifs des structures, nous avons globalement là le périmètre d’intervention des Biélorusses.
Est-ce un album manqué pour autant ? Non, évidemment. Les musiciens savent apporter quelques touches plus personnelles à leur
brutal death sumérien, à l’image de ce chant clair au cours de « Finding Consistency in the Fourth Quadrant of Eternity » et l’appel à
Davide Billia afin d’assurer les parties de batterie s’avère assurément être une excellente initiative tant son registre s’adapte parfaitement au propos global, même si le mix ne le met pas vraiment en valeur, je me suis même demandé s’il n’y avait pas une boîte à rythmes.
De plus, il faut reconnaître au groupe une capacité forte à créer des ambiances mystiques avec peu d’adjuvants, le fond du sujet tenant d’abord et avant tout sur les guitares, souvent épaisses comme un bon
MITHRAS (période
Worlds Beyond the Veil), riffant à l’occasion tel
MORBID ANGEL lorsqu’il a bouffé un curé (« Chalkionic Wandering Among the Wreckage of the Future »), sachant néanmoins se montrer plus planantes lors des solos et arpèges, davantage atmosphériques que purement techniques d’ailleurs. Le cœur tient dans la rythmique, c’est indéniable.
En définitive, l’album me partage. D’un côté, j’ai envie d’envisager un podium, de placer
Meritoriousness of Equanimity dans mon top 10 de 2026, de l’autre il y a quelque chose qui me laisse à penser que le projet est un brin surfait et que sans tous ses oripeaux on n’en parlerait peut-être pas autant… D’autant que ce n’est pas non plus un
death fondamentalement original, les parallèles avec la bande à
Karl Sanders étant trop nombreux (« The Untimely Fruit of the Unsaid ») pour représenter une identité unique sur la scène extrême. J’y vois plutôt une alternative, pour ne pas dire un placebo de qualité supérieure.
Par Jean-Clint
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Samfisher
Par Sosthène
Par MoM
Par Raziel
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Cujo
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par AxGxB
Par DEMONIKA