L’oisiveté a parfois cela de bon qu’elle laisse le temps de partir à la découverte, le nez au vent mauvais, mon dévolu ayant finir par tomber sur
PISSCORPSE qui signe cette année avec
Precipice of Death son deuxième LP après un
Overt It paru en 2013.
Un œil sur la dégaine du trio, ça sent le
war metal à plein nez et, effectivement, il y en a plus qu’à l’occasion au cours de ces neuf compositions. Mais ce n’est pas du côté du
black radical que penche fondamentalement l’engeance : l’intensité de jeu (dix-huit minutes en tout et pour tout), la voracité avec laquelle les musiciens pratiquent leur art se révèlent plutôt proches du
grindcore, de la
powerviolence, un peu comme si l’
AXIS OF ADVANCE de
The List croisait le fer avec les premiers
PIG DESTROYER et si le résultat n’est en rien original, il calcine méchamment. Bon sang, d’où sortent ces mecs ? Nous aurions pu imaginer un passif conséquent, quelques hauts faits qui auraient expliqué à eux seuls la maîtrise absolue du sujet dont font preuve les Américains, il n’en est rien :
BIG CHARP et
VISCERA ne sont même pas référencés dans
Metal Archives et je n’ai d’ailleurs pas été capable de dénicher un seul titre afin de comprendre comment trois parfaits inconnus réussissent à générer un tel chaos, ko, sonore…
Faute de mieux, j’ai remonté le temps afin de m’infliger
Over It. C’est encore pire question destruction des fonctions motrices, peut-être encore plus violent tant le
power grind prend le pas sur absolument tout, pratiqué à une vitesse supersonique tout en plaçant des ralentissements brutaux (« Execution »). Quoi qu’il en soit, cette écoute m’a apporté la preuve que
Precipice of Death n’est pas le fruit du hasard, un coup de chance, mais bien la confirmation d’un potentiel de nuisance absolument diabolique, un pur massacre en règle.
Certes,
PISSCORPSE a mis de l’eau dans son vin en proposant cette fois une production moins abrasive qui sonnera probablement de façon familière aux oreilles des amateurs de
REVENGE, cette épaisseur nouvelle allant de pair avec quelques apports spécifiquement
death metal, à l’image de la pesanteur finale extrême de « Savagery Exposed ». Cependant, ce n’est là qu’une moindre influence, le cœur de cet apocalypse musical résidant avant tout dans des racines extra-métalliques bestiales, belliqueuses, bruyantes, tout simplement nocives pour l’organisme.
Chaque piste apporte à l’édifice son lot de monstruosités, sans répit, sans aucun
sample à la con, sans interlude, sans introduction, sans outro, sans rien en fait : une basse, une guitare, une batterie, un hurleur, cela suffit pour terrasser un monde, effrayer les foules, tyranniser les pauvres camarades qui tenteraient de jouer dans la même cour. Rarement le silence à la fin d’un disque a pris une telle signification apaisante… Par conséquent, impossible pour moi de départager les deux LP, même si le fait que
Precipice of Death se range davantage du côté d’un
black death ultime tende à me le rendre plus appréciable. Ce n’est pas dit que je ne change pas d’avis demain. Je me rends compte que je n’ai peut-être pas suffisamment insisté sur la qualité des morceaux, certes barbares mais ne sombrant jamais dans le n’importe quoi brouillon. Il y a de la technique, elle est nécessaire lorsqu’on évolue sur de tels tempos, des idées nombreuses pour varier les rythmes, les voix de la démence, il n’y a guère que les rares solos qui, eux, demeurent dans le périmètre de l’hystérie.
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