Depuis le
The Great Destroyer (2016), il y a eu du mouvement chez
GADGET. De là à penser que cet EP n’est là que pour faire office de tour de chauffe afin de présenter les nouveaux, particulièrement la vocaliste
Emilia Henriksson, il n’y a qu’un pas que je me garderai de franchir, n’ayant pas vraiment suivi l’actualité des Suédois. Il reste que cela fait plaisir d’avoir de la fraîcheur, parce qu’à part un single en 2020 (« Funerary Rites »), d’ailleurs repris dans ce
Coerced, puis un split avec les voisins
RETALIATION en 2021, la suite commençait à se faire désirer. Pourtant, en dépit de cette longue absence, la formation est restée dans nos cœurs.
Pour son retour et habiller ces huit titres, la bande a sollicité le talent de
Caroline Harrison, peut-être pas le nom le plus connu de la scène mais son style a déjà séduit
PYRRHON à de multiples reprises (je crois que toutes leurs pochettes sont d’elle) et il a le mérite d’apporter un vent d’originalité à une formation qui jusqu’alors faisait plutôt preuve d’une grande sobriété au moment d’illustrer son travail. Musicalement en revanche, nous ne pourrons pas dire que les musiciens ont changé leur fusil d’épaule. En effet, nous retrouverons durant ces treize minutes tout ce qui caractérise la patte du groupe, à savoir un
grindcore vindicatif toujours dans l’esprit de
NASUM et
ROTTEN SOUND alors que, bizarrement, je trouve à certains titres (« Violently Silent » notamment) de faux-airs de
TODAY IS THE DAY… Quelque chose dans les dissonances mais, surtout, dans le chant d’
Emilia qui m’évoque celui de
Steve Austin. Je l’admets, la comparaison est osée mais il faudra être drôlement avisé pour se rendre compte que c’est une voix de femme que l’on entend, là où son rôle dans
RADIUM GRRRLS laisse planer moins de doutes. De toute façon on s’en carre un peu, dans ce genre seule l’agressivité compte et la nouvelle vocaliste en a à revendre, le timbre parfait pour une troupe qui n’a jamais caché son activisme, son militantisme.
À part ça,
GADGET ayant toujours été à mes yeux un projet de deuxième division, ce n’est pas
Coerced qui me fera changer d’opinion. Certes la qualité est là, les Suédois ne sont pas de ceux qui déçoivent, mais j’ai tout de même du mal à me faire à ce
grind peut-être trop soigné, ne sortant jamais des clous (si ce n’est pour nous infliger l’interminable interlude
indus ambient « False Pulse ») et ne proposant finalement qu’une resucée de ce que produit habituellement l’école nordique. Clairement, le tempo a levé le pied depuis
The Funeral March, album qui reste encore selon moi le disque de référence d’une carrière sans tache.
Cela dit, l’amateur retrouvera toujours avec plaisir ces titres brefs, rageux (« Nonsense »), avec des alternances vocales efficaces et un
riffing qui ne l’est pas moins. Hélas, je reste assez imperméable : trop
Human 2.0, même si ces pistes risquent de carboniser toutes les scènes européennes où elles seront dispensées. Après tout, c’est du
grind, il y a des codes, un son, une attitude, louons d’abord l’effort visuel, réjouissons-nous de constater que les modifications du
line up n’aient pas eu d’influences néfastes, je suis sûr que le prochain LP sera une branlée.
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