Avant de m’acquitter d’une énième pige à l’adresse de l’excellent
Beckoning The Void Of Eternal Silence (vous m’excuserez pour l’absence de suspens...), nouvel album des Américains de Funebrarum à paraître dans les tout prochains jours sur Pulverised Records, permettez-moi de m’arrêter un instant sur
Exhumation Of The Ancient, EP quatre titres paru peu ou prou au même moment (c’est-à-dire début 2016) que ce fameux split en compagnie de Putrisect et Interment dont je vous ai récemment parlé.
C’est une fois de plus sur le label tchèque Doomentia Records qu’est sorti celui-ci avec en guise d’illustration une oeuvre signée là encore de l’Allemand Chris Kiesling aka Misanthropic-Art pour un résultat que je trouve personnellement un poil plus convaincant. Sur les quatre titres proposés ici, on va retrouver une fois encore le morceau "Into Dark Domains" également présent sur
Pestilential Winds mais aussi sur ce nouvel album qui s’apprête à voir le jour. Un titre qui décidément tient à coeur à monsieur Daryl Kahan qui n’a de cesse de nous le resservir ces dix dernières années...
Bouclé en vingt-et-une minutes,
Exhumation Of The Ancient est un EP qui prend plutôt son temps avec des compositions comprises entre quatre et sept minutes. Compositions pour la plupart auréolées par la présence de courtes introductions et conclusions dans l’esprit inquiétant de celles justement dispensées sur
Pestilential Winds. Bref, vous l’aurez compris, cette sortie ne réserve absolument aucune surprise puisqu’elle voit les Américains renouer avec ce qu’ils savent faire de mieux. Et c’est d’autant plus vrai que ces derniers font ici preuve d’un petit peu plus de réussite que sur ce split en compagnie de Putrisect et Interment...
Sortis bien évidemment des mêmes sessions d’enregistrements, on retrouve sur ces quatre morceaux cette même production particulièrement épaisse qui vous colle aux tympans. Tout cela manque peut-être un petit peu d’air et de relief pour offrir une véritable dynamique d’ensemble (encore plus avec le growl dans les chaussettes de monsieur Daryl Kahan) mais c’est un son qui correspond cependant assez bien au Death Metal des Américains. Un Death Metal partagé une fois de plus entre séquences rampantes et écrasantes ("Draped In Silence" à 1:13 et 3:05, la première partie d'"Exhumation Of The Ancient" puis de nouveau aux alentours de 2:56, les premiers instants d'"Abandoned Gods", la première et la dernière minute d'"Into Dark Domains"), passages plus soutenus menés à coups de cavalcades entrainantes et autres séances de blasts ("Draped In Silence" à 0:49, 1:46 et 2:42, "Exhumation Of The Ancient" à 1:26, "Abandoned Gods" à 2:43 et 4:36, "Into Dark Domains" à 1:17 et 2:46) et enfin parties plus chaloupées et groovy ("Draped In Silence" à 2:04, "Exhumation Of The Ancient" à 3:13, "Abandoned Gods" à 1:39 et 3:33, "Into Dark Domains" à 2:03). Rien de bien nouveau dans cette formule mais l’équilibre entre ces différentes dynamiques est tel qu’on se laisse tout de même assez vite transporter par ces compositions pas encore tout à fait au niveau de ce qu’a pu faire le groupe sur ses précédentes sorties avant ce profond remaniement d’effectif opéré avant ce retour par la petite porte (sans être mauvaise, la version de "Into Dark Domains" proposée ici (ou sur le split) n’est clairement pas la meilleure existante à ce jour) ni de ce qu’il proposera dix ans plus tard sur
Beckoning The Void Of Eternal Silence définitivement un bon cran au-dessus (outre les agendas de ministre de chacun et la distance qui les sépare, il faut parfois un peu de temps pour parvenir à une certaine alchimie entre musiciens).
Probablement pas indispensable lui non plus,
Exhumation Of The Ancient s’avère néanmoins un poil plus efficace et convaincant que ce split 7" paru à la même époque. Groupe et production sont pourtant en tous points identiques mais à l’exception d’un "Into Dark Domains" toujours en demi-teinte me concernant, je trouve les autres morceaux un tantinet mieux tournés avec ce qu’il faut de gras, d’attaque et de groove pour passer un bon moment. Malgré cet écrit qui voit aujourd’hui plutôt le positif, difficile à l’époque de la sortie de ce EP de ne pas ressentir un peu de craintes et d’appréhensions à l’égard d’un Funebrarum que l’on avait connu jusque-là plus implacable et fédérateur. Heureusement, ces dix années d’absence leur ont été particulièrement bénéfiques mais ça c’est une histoire que je garde pour les prochains jours...
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