Stabbing - Eon Of Obcenity
Chronique
Stabbing Eon Of Obcenity
Rappelez-vous c’était il y a cinq ans Stabbing sortait de nulle part et nous atomisait les tympans avec son premier EP dévastateur
« Ravenous Psychotic Onslaught ». Résolument old-school et puisant ses racines dans le brutal death US de la fin 90-début 2000, le quatuor emmené par l’impressionnante Bridget Lynch au micro avait marqué les esprits en seulement quatre titres absolument imparables. L’année suivante les Texans enchaînaient avec leur premier full-length
« Extirpated Mortal Process », trente-trois minutes sans concession qui confirmaient tous les espoirs placés en eux. Cette année le combo nous revient avec onze nouvelles compositions, auréolé d’une signature chez Century Media qui confirme que les Américains avaient marqué les esprits à l’international. Marqué par le départ de la charmante bassiste Meryl Fry (partie rejoindre Rottenness) remplacée par Matt Day (des excellents Architectural Genocide) ce nouveau bébé intitulé « Eon Of Obscentiy » était donc attendu de pied ferme par votre serviteur et pas que !
Joliment illustré par (encore !!) Rudi « Gorgingsuicide » Yanto, plus dans l’esprit du design de l’EP de Jon Zig, ce deuxième opus va reprendre les choses exactement là où le groupes les avait laissées sans aucune surprise mais avec encore une fois une force de frappe absolument dévastatrice. Un poil plus court avec trente minutes au compteur et un titre de moins, « Eon Of Obscenity » ne surprendra personne si ce n’est par la grosse baffe qu’il mettra une nouvelle fois à tous les amateurs d’extrémisme musical. Si la production de
« Extirpated Mortal Process » vous apparaissait un peu trop musclée et pour un peu compressée, Stabbing est revenu ici à un son un chouilla moins bodybuildé et plus organique à l’image de
« Ravenous Psychotic Onslaught », notamment au niveau des guitares, et c’est pas plus mal. On a donc le droit ici à un son bien gras et épais sans sonner trop opaque, avec cette caisse claire qui claque toujours comme un coup de fouet. En ce qui concerne les compositions, aucune surprise à attendre, les onze titres sont autant de branlées d’un brutal death empruntant à Disgorge, (les premiers) Deeds Of Flesh ou Gorgasm. Ca avoine comme pas permis à gros renforts de riffs de bûcherons, soutenus par une batterie épileptique qui ne tient en place guère plus longtemps que quelques secondes. Bref ça vous ramone les conduits auditifs avec une efficacité bien supérieure à du Cérulyse. Moins axée sur les graves le son de guitare bien dégoulinant laisse dès lors plus de place à une basse grassouillette qui vient mettre son grain de sel dans l’aspect imposant de l’ensemble. Et si la majorité du propos est à l’annihilation pure et simple de vous tympans, Stabbing vous réserve encore également quelques passages bien lourdauds avec tous ces passages écrasants sur lesquels les Texans font parler la poudre et vous font lentement manger la poussière : « Reborn To Kill Once More » à 2’14 ( et toute la fin) ou la clôture de « Symphony Of Absurdity » ou « Sinking Into Catatonic Reality » à 58’’. Pouah ! Difficile de relever la tête après ça !! Enfin, que dire du growl absolument phénoménal de Mme Bridget Lynch… ? Honnêtement je ne sais même pas trop, si ce n’est que c’est l’un des plus profonds et convaincants qu’il m’ait été donné d’entendre dernièrement, tous chromosomes confondus. C’est un véritable régal pour les esgourdes du début à la fin. Tous simplement impressionnant.
Évidemment on pourra toujours reprocher au groupe son manque de prise de risque et de nous sortir une copie (quasi) conforme de son aîné mais très franchement vue la qualité de l’aîné en question qui s’en plaindra ? Le seul vrai reproche que je pourrais faire à ce « Eon Of Obscenity » c’est peut-être l’utilisation un peu abusive des harmoniques sur certaines pistes et qui peuvent s’avérer un poil agaçantes. En dehors de cela il n’y a que très très peu de griefs à tenir envers ce second effort. Onze titres d’une violence sans retenue, qui vous prennent à la gorge de la première à la dernière seconde pour une véritable correction dont on ressort lynché par Bridget et ses sbires mais on en redemande ! Non vraiment y’a pas à tortiller, « Eon Of Obscenity » est une énorme mandale et place Stabbing dans le peloton de tête des formations brutal death américaines et mondiales sans aucune contestation possible.
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