StoneBirds, c’est terminé. Le groupe a annoncé que
Perpetual Wasteland sera son dernier album, quelques concerts programmés cette année permettant aux chanceux de les voir avant la fin.
Cette dernière est donc bien ce qui marque cette ultime œuvre, de son titre – qui fait référence au dernier morceau de leur album
Into the Fog... and the Filthy Air (boucle bouclée) – aux recherches de ses créateurs. En effet, on a là une sorte de point final à l’évolution de StoneBirds, son stoner se muant de plus en plus en post-metal au fur et à mesure des sorties. Cheminement arrivé à son terme avec
Perpetual Wasteland, qui ne donne plus l’impression d’errer en interzone – ce qui était déjà grandement le cas avec
Collapse and Fail et son goût pour la noirceur – mais fait voir la musique passée des Bretons sous leur regard actuel, des compositions évoquant les albums
Into the Fog... and the Filthy Air et
Time (« Sea of Sorrow » ou encore « The Last Time »).
Il y a pourtant quelques nouvelles portes ouvertes sur ces trente-neuf minutes, la générosité et la fraîcheur qui faisaient le sel de StoneBirds n’étant pas parties avant l’heure sur
Perpetual Wasteland. « Circles » rassure d’emblée sur ce point avec son entame d‘une violence que l’on rencontre peu dans le genre avant d’embrayer sur des climats naturalistes plus typiques mais non moins prenants. Jusqu’au bout, le trio n’aura pas perdu sa capacité à peindre des environnements aussi intérieurs qu’extérieurs, touchant même du doigt la beauté rustre de Neurosis (« Lit By Fire ») ainsi que la majesté de Warning (sciante « Sea of Sorrow » et sa tristesse qui va au bout sans s’excuser).
StoneBirds se montre en pleine possession de ses moyens pour son dernier tour de piste, bombe le torse face aux éléments tout en mimant la fragilité avec une justesse confondante (toujours ému ; jamais larmoyant).
Perpetual Wasteland possède le charme inhérent au trio malgré un rendu moins personnel sur certains aspects, à commencer par une production plus actuelle et tellurique signée Cyrille Gachet, moins chaude et ronde que celle des précédents albums enregistrés au fameux studio Kerwax. Un son lisible et puissant, à l’aise avec les grands écarts de la formation, mais moins accueillant qu’avant, lissant ce qui était à part dans le projet (comme le chant clair de Fanch, toujours beau mais à la particularité moins marquée qu’autrefois). Cette intention de bien faire, tricoter et offrir des morceaux aussi riches qu’accrocheurs se ressent particulièrement sur « Circles » et « So Far Away », une diversité d’émotions se rencontrant sur un temps court.
Un temps qui paraît être, effectivement, le bon moment pour tout arrêter. Tant pis que StoneBirds n’ait jamais eu le succès ou l’attention qu’il mérite : il a atteint en dépit d’un relatif anonymat toute la maîtrise de son art propre, offrant un album-somme qui est un peu plus que ses parties mises ensemble, possédant aussi bien la sensibilité de
Into the Fog... and the Filthy Air et
Time que la noirceur de
Collapse and Fail tout en les dépassant pour les emporter vers le Grand Rien. L’heure du bilan s’annonçant, j’avoue avoir une préférence pour un album comme
Time, ambitieux quitte à posséder des maladresses, par rapport à cette œuvre qui offre un bel aurevoir (« The Last Time », à mettre parmi les compositions les plus ciselées de la bande) mais ne paraît jamais vraiment aller chercher ailleurs, se dépassant presque par hasard par moment (oui, « Sea of Sorrow » est un titre qui va me hanter longtemps). Mais il n’y pas à se tourmenter sur la qualité de
Perpetual Wasteland, qui sera une claque évidente à tout amateur de post-metal n’ayant pas encore rencontré la route de StoneBirds. Qu’il repose en paix.
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