Tu te souviens de la manière dont j’avais clos ma chronique de l’album précédent de
GAEREA ? Eh bien, j’avais lâché que « les mauvaises langues diront que c’est un peu aseptisé, mais qu’est-ce que ça peut faire tant que le résultat est là ? ». Eh bien, cette remarque est encore plus valable sur
Loss, le nouvel album, que sur
Coma. Et le pire, c’est que je me demande si je n’ai pas moi-même changé de bord et si je ne me retrouve pas du côté des mauvaises langues… J’avais pourtant toujours attribué des notes supérieures à 8 aux quatre albums des Portugais, dès
Unsettling Whispers en 2018…
Depuis Coma, deux années ont passé, et l’un des changements les plus importants à noter concerne le label. Après trois sorties chez Season of Mist, c’est désormais le vétéran allemand Century Media qui a pris
GAEREA sous son aile. Un choix logique et particulièrement cohérent, car il s’agit d’une structure qui accueille des formations aux styles encore plus variés :
DARK TRANQUILLITY,
ARCH ENEMY,
KANONENFIEBER,
NAPALM DEATH... La collaboration semblait donc évidente, au regard des orientations prises par
GAEREA sur ses neuf nouvelles compositions.
On peut effectivement y retrouver un peu de tous les genres. Le black metal a une nouvelle fois reculé et il n’en subsiste que quelques traces, parfois diluées dans du death, du melodeath, du thrash, du core, voire même dans certaines touches plus pop. Les mélanges sont nombreux et globalement bien amenés. Je ne critiquerai aucunement le résultat, car il y a indéniablement un énorme travail dans le processus de création. On sent à la fois une recherche de variations et une quête de perfection, et le talent est indiscutable. Seulement voilà… je n’y trouve pas beaucoup d’âme, ni de fond, ni de « combat ». J’entends une artillerie impressionnante, mais sans vraiment comprendre à quoi elle sert. J’ai presque envie de parler de « syndrome de la perfection », celui qui a touché en leur temps
IN FLAMES ou
SLIPKNOT. Cela entraîne un détachement assez rapide, qui atteint son paroxysme sur « Cyclone ».
Je n’ai pas vraiment eu l’impression que
GAEREA affirmait une identité en cherchant à s’émanciper. À mes oreilles, le groupe rejoint au contraire les rangs de formations qui s’éloignent de leurs racines en voulant s’élargir, mais qui finissent par se perdre dans un désert de démonstration. Il y a cependant une exception sur cet album, un titre qui a trouvé grâce à mes oreilles : « Nomad » et son introduction « Lbrnth ». C’est un morceau qui comporte davantage de passages black que les autres, tout en intégrant efficacement et de manière marquante de nombreux éléments : chœurs féminins, refrain aux vocaux plus clairs, mélodies post-BM à la saveur de rosée matinale… Je suis réellement happé par cette composition, et c’est bien la seule qui me donne envie d’y revenir à plusieurs reprises. Mais j’imagine que cela tient aussi à des raisons personnelles, et que d’autres seront touchés par des morceaux différents.
Pour résumer,
GAEREA s’affirme encore davantage dans la cour des grands, avec un son calibré pour les festivals du monde entier, y compris ceux qui ne sont pas strictement metal. En renfort à
DEAFHEAVEN, cela n’aurait rien d’incohérent…
Par Jean-Clint
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