« Il faut bien commencer quelque part. »
C’est sans doute injuste mais c’est cette phrase qui me vient souvent en tête quand je pense à
Vicious Skin. Non pas en raison de sa durée modeste, typique d’une scène qui joue plus sur l’intensité que l’endurance. Ni en raison des compositions qui constituent ce premier album, toutes tueuses et à recommander à qui aime son hardcore fortement metal mais aussi vicieux, appelant à aller dans le pit pour mieux nous y mettre des balayettes. Pulling Teeth, dès le départ, aura été ce groupe de hardcore particulièrement méchant, aussi jouissif que porteur d’images de crapules hurlant dans un monde amoral.
Non, si
Vicious Skin a tendance à être bon dernier dans une discographie qui n’a pas son pareil, c’est bien car Pulling Teeth y est exactement ce qu’il a toujours annoncé être : une lettre d’amour à un certain hardcore, référencé, codifié et prêt à jouer les héritiers. Tirant son nom d’un morceau de Left for Dead, il joue à la fois dans la cour d’un hardcore marqué par la scène crossover et celui Holy Terror issu de Integrity. Un style qu’il aura amené à son impasse, droit dans le mur et à pleine vitesse avec
Martyr Immortal, questionné sur l’expérimental
Paranoid Delusions / Paradise Illusions et finalement dépassé sur le testamentaire
Funerary.
Vicious Skin, lui, s’applique à lui rendre hommage, belle copie d’un élève doué où se mêlent toutes les variations des scènes citées plus haut. Que ce soit du côté punk (Les premières notes de « Never Wrong » ; les dernières de « The Kids Are Not Alright » ; « Rot Forgotten »), thrash (la suite de « Never Wrong » ; « Bleeding To Death » ; « Sand And Cells ») ou hardcore pur jus (les backing vocals hooligan de « Prepare For The Worst » et « Heretic » ; « Weapon Of Mosh Destruction »), Pulling Teeth offre à chacun des instants dédiés, aussi bigarrés que la pochette signée Jeff Beckman (membre de Chokehold, Haymaker, Left For Dead, dont les illustrations auront colorié les corps de nombreux coreux). Déjà doté de sérieux atouts, ne serait-ce que dans cette production abrasive parfaite pour cette musique – on entend tous les coups de chaque musicien –, ce premier jet n’a pas à rougir en lui-même de débouler de telle manière.
C’est mis en lien avec ce qui suivra que l’on constate que
Vicious Skin n’a pas la portée de ses successeurs, bien plus conscients de leurs capacités et de ce qu’ils souhaitent en faire. Comme l’a dit Dominic Romeo lors de différentes interviews servant d’épitaphes au projet, Pulling Teeth n’a jamais cessé d’évoluer et de grandir au fil de ses albums, menant à son terme un dépassement, une sublimation – ne rigolez pas, le terme est adapté pour un album comme
Funerary –, d’un hardcore dont ils ont été en premier lieu un regroupement de fans. Ainsi, si tout ce qui fera sa particularité est présent (à commencer par le chant de Mike Riley, déjà sacrément vicelard), il ne l’est qu’au stade embryonnaire et sans les successions de fulgurances qui feront la préciosité de ce groupe, encore aujourd’hui inégalé sur ce terrain. La pyrotechnie pâtit encore d’une certaine réserve malgré des passages qui marquent dès leur première écoute, à l’image des paroles de « Prepare For The Worst » (« Plague, famine, war, death / We brought this on ourselves ») ou les guitares à l’agressivité exponentielle du morceau-titre et « Bleeding To Death ».
Qui écoutera
Vicious Skin sans avoir entendu une note de ce qui suivra se demandera légitimement comment je ne peux le trouver que « bon ». Si cela est à nuancer – un bon album n’est jamais une mauvaise chose –, il comprendra sans doute cette note après avoir écouté la suite. À lui, je ne peux que dire ma jalousie. Car qu’est-ce que j’aimerais redécouvrir Pulling Teeth !
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