Comme il n’est jamais trop tard pour devenir moins con, j’ai fini par l’écouter attentivement ce
There’s Something Rotten… in the State of Denmark, encore et toujours présenté comme la quintessence de la carrière des Danois, leur apogée indépassable, tout en étant également l’une des sorties
death metal sensément les plus marquantes des années 90. Grosse attente de l’auditeur que je suis, accessoirement féru des débuts.
Mwé… Ce que je constate surtout titre après titre, c’est que tout est devenu très mélodique, à l’image de « Near the Gates ». Énormément de solos en mode
guitar hero, beaucoup de riffs qui collent au cul glabre de l’école suédoise, même le chant de
Bo Sommer s’est éclairci, et ça ce n’est pas tolérable. C’est vrai, peut-être que
Submit était allé trop loin dans le guttural, trafiqué qui plus est, le registre lourdingue ultime mais, au moins, le disque swinguait gravement, t’en rendais systématiquement ton quatre heures ! Là, je me demande juste pourquoi tant de monde se paluche sempiternellement sur ce LP à la personnalité discutable.
Certes, il reste encore de solides traces marrons et odorantes de ce bon vieux
groove d’antan, épais et imputrescible mais, pour ma part, je n’ai absolument aucune envie d’entendre
ILLDISPOSED pratiquer le
death mélo. Heureusement, il existe des « Wake Up Dead » pour enfin sortir la tête de l’eau, manque de bol c’est une reprise de
MEGADETH, ce qui ne m’intéresse absolument pas en définitive… Par conséquent, morceau après morceau, je vérifie toujours la même problématique : trop de mélodies, trop de vocaux criards, trop de solos, la chanson éponyme a beau tenter de renouer avec ce pour quoi j’adorais les Danois, il est trop tard, le mal est fait, la blessure profonde. Certains riffs relèvent d’ailleurs davantage du
stoner que du pur
death (« Pimp »), confirmation apportée par cette vilaine voix claire nasillarde à 01’24.
Layne Staley traînait-il ivre dans le studio ?
La formation expérimente des choses, c’est indéniable et, quelque part, elle parvient de façon assez talentueuse à concilier son ADN de tractopelle (« Days on the Floor ») avec des sonorités nouvelles, modernes, peut-être davantage dans l’esprit du temps mais cet album me semble incroyablement déséquilibré entre un début doté de riffs typiquement suédois et un final (« Not a Vision – 1991 ») totalement inscrit dans le style antérieur d’
ILLDISPOSED. Quant à l’intérêt de conclure avec deux instrumentaux, je le cherche encore. Autant « Instrumentally Illdisposed » reste cohérent, bien que dispensable, avec les pistes précédentes, autant le foutoir que sont les cinquante secondes de « Horsens Highway » me laissent totalement perplexe. Qui a eu la putain d’idée d’achever ainsi un pamphlet
death metal ? Qu’on le mène de ce pas à la potence.
Clairement, je suis déçu. Pour un LP sur lequel chacun y va de sa petite giclette masturbatoire, on est loin du compte. On en est loin parce qu’
ENTOMBED a déjà clos le sujet quatre ans plus tôt avec
Wolverine Blues, parce qu’il y a
IN FLAMES,
AT THE GATES,
DARK TRANQUILLITY, là où le destin annoncé de ces musiciens était de transformer notre cervelle en marmelade, pas de chercher à nous rendre la vie belle, agréable.
Donc oui, il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark, quelque chose qui fait tourner non pas le lait mais le
death épais de ses sujets en Royco minute soupe déshydratée. Non je n’ai pas apprécié ce LP à la hauteur de ce qu’on en dit, non je ne considère pas qu’il s’agisse là du sommet de la carrière d’
ILLDISPOSED. Il existe des embellies musicales dont on se passerait bien.
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