S’il y a bien un groupe de
death metal dont je n’attendais plus rien, c’est bien
ILLDISPOSED, hélas devenu inégal voire régulièrement décevant depuis le début des années 2000. Une discographie en dents de scie qui ne date pas d’hier donc. Pourtant, à force de lire des commentaires élogieux concernant
In Chambers of Sonic Disgust, quinzième LP des Danois, je me suis lancé à l’aveugle. Dès la première écoute me voilà retourné comme une crêpe, la complète, œuf – jambon – fromage. En effet, les onze compositions parviennent à renouer avec le
groove pachydermique de
Submit (« I Walk Among the Living ») tout en proposant des mélodies gorgées de
feeling (« Lay Low » ; « For Us »), le tout se mariant admirablement dans l’épaisseur ouatée de la production.
Ainsi, on ne compte pas les moments de bravoure d’un
Bo Summer au sommet de sa forme en termes de vocaux graillonneux (« The Ill-Disposed »), sans parler du boulot abattu par le batteur
Rasmus Schmidt, monstrueux de
coolitude dans son jeu pourtant surpuissant. Le disque réussit donc là où nombre de ses prédécesseurs ont échoué, à savoir allier une technique de rouleau-compresseur, véritable marque de fabrique, à des envolées mélodiques sublimées par des solos limpides, inspirés. Par conséquent, si jamais j’ai pu trouver par le passé un goût de sirop à des chansons trop mièvres, c’est aujourd’hui un véritable baril de mélasse qui se déverse sur un auditeur à la fête, comme rarement. Bien sûr, il subsiste de menues dérives davantage
deathcore (« I Suffer ») qui font légèrement tache dans le panorama bitumé mais s’il faut les endurer pour se voir ensuite joyeusement calciner par « And of My Hate », « Flying Free » ou « Start Living Again », qu’à cela ne tienne.
ILLDISPOSED semble être redevenu cette machine à claques impitoyable que l’on connaissait, dotée d’une inspiration renouvelée qui se permet même de petites primautés, un clavier par-ci, un chant plus criard par-là, une brève introduction électro, ces touches subtiles apportant énormément à ce
death blindé aux relents de
thrash moderne (« Pain Suffer Me »). L’entente entre les musiciens semble au beau fixe, chaque piste est un tube en puissance grâce à des refrains forts, des plans rythmiques façon tractopelle, il n’y a vraiment rien à jeter.
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