Quel dommage… Quel dommage que d’avoir remplacé la pochette originale d’
Erotic Diarrhea Fantasy montrant deux jeunes filles enamourées, enlacées dans une flaque d’urine et barbouillées de merde, par cette illustration décevante de
Jon Zig… La composition initiale était splendide alors que celle-ci, plus explicitement sexuelle que foncièrement dégueulasse, s’avère finalement davantage bandante que repoussante. Un échec impardonnable, nous l’avons connu mieux doté question perversité le père
Zig, je ne cautionne pas la direction artistique quant au choix de cet
artwork trop prude au regard de la saloperie qu’est cette réédition, une forme d’acmé de la bêtise humaine faite brutalité, album peu aimé, décrié, raillé, parfois adulé, qui ne laisse dans tous les cas pas insensible. Il n’y a guère que la police du titre qui soit conservée de l’illustration première, dont le décalage assumé marche beaucoup moins bien ici il faut l’admettre.
Erotic Diarrhea Fantasy (2004)
Concernant l’intérêt purement artistique (et supposément ouvrir les cordons de nos bourses),
New Standard Elite profite de l’occasion pour ajouter les quatre titres d’une démo jamais parue,
As Semen Blends to Rot. Personnellement je n’en ai rien à carrer mais peut-être que cela convaincra les réticents, qu’est-ce que j’en sais…
Enfin, je parle depuis le début de réédition mais il semblerait plutôt que ce soit un réenregistrement, les musiciens n’étant plus les mêmes à l’exception de
Mikko Friberg qui bosse désormais avec son fils
Miro (batterie) et le bassiste
Tarmo Aho, tous également membres de
LIMBLESS. Adieu
Jarkko, désormais heureux à temps plein chez le très bon
PUS, et en avant le massacre en règle. Pour commencer, à la poubelle les
samples qui décoraient la version originale. Là, on va droit au but, si bien qu’à durée équivalente (une trentaine de minutes), on a quand même droit à quatre morceaux supplémentaires. Je ne saurais dire si cela est une bonne chose car l’habillage de l’époque était aussi ce qui faisait le charme du LP, on y perd quand même un peu en termes d’ambiance même si ça ne gênera pas ceux qui découvriront l’album via cette sortie. Idem du côté de la production. Le
lifting sonne évidemment moderne, gras et épais comme un lardon fumé, je conserve néanmoins une affection particulière pour la crasse de la genèse, mal produite mais finalement moins standardisée. Je chipote, certainement…
Parce que l’air de rien cette seconde jeunesse elle redonne un coup de peps à une parution qui mérite mieux que sa réputation de gros abrutis sagouin. On se régale toujours autant de « Worm Infested Rectum », « Raped by Elephants », « Four Legged Whore», ce champ lexical si fleuri, profitant de l’occasion pour féliciter le batteur de ses progrès évident, il commence à être un sérieux bastonneur, il n’y en a plus trop des faiblesses… Par conséquent, si je mets de côté le mauvais goût de l’esthétique qui tend à édulcorer le propos là où j’attendais un sommet de l’horreur salace, j’ai été convaincu par la nécessité de ce boulot, le trio ayant su redonner vie à un tas d’immondices oublié depuis 2004, effort méritoire qui justifiera ma note ainsi qu’une facture de pressing pour avoir souillé mon slip.
Sinon, les pistes de la démo confirment mes craintes : aucun intérêt particulier, elles se fondent dans la masse tel un tacos quatre viandes dans l’estomac d’un obèse.
Par Jean-Clint
Par Niktareum
Par Sosthène
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