Il est atterrant de constater à quel point on peut adorer un groupe et paradoxalement mal connaître sa discographie. Ainsi en est-il me concernant pour
S.U.P.. Grand admirateur de
The Cube (1993), même si l’on pourra me rétorquer qu’il s’agit de
SUPURATION, toujours inconditionnel de
Chronophobia, j’ai pourtant d’énormes lacunes concernant la carrière des Français, parmi lesquelles se compte
Hegemony. Cependant, au-delà de l’onanisme, pourquoi un second article sur ce disque dont tout le monde connaît déjà les qualités ? Tout simplement parce que le label
Thrash Records a sorti début juin une réédition « double vinyle » remasterisée, ce qui va me permettre de faire coup double : découvrir le LP tout en faisant un peu de publicité autour de l’objet de convoitise.
Septième album de la formation,
Hegemony marque une véritable rupture dans le parcours de
S.U.P. puisqu’il s’en suivra environ dix ans de silence, une décennie mise à profit afin de relancer
SUPURATION qui était en sommeil depuis l’
Incubation de 2003 et écrire
Cube 3 (2013) puis
Reveries… (2015). Pas vraiment ce que l’on pourrait appeler un silence donc. À part ça, qu’en est-il de la musique ? Bah vous la connaissez ai-je envie de dire, le seul intérêt ici serait finalement de savoir si ce
remaster apporte un plus mais comme je n’ai pas l’oreille assez fine et que je ne l’écoute pas dans sa version vinyle… Je donnerai néanmoins un avis, quoi qu’il en coûte : les compositions me semblent avoir énormément gagné en profondeur, le travail sur l’épaisseur des basses me paraît particulièrement intéressant, rendant peut-être à
Hegemony toute la puissance et tout le
groove qui coulent dans les veines de chaque note. Car oui,
S.U.P. c’est avant tout un
groove monstrueux présent dans ses riffs
metal, ses
growls, cette humanité étrangement chaleureuse pour un tel genre musical se voyant évidemment contrebalancée par un chant clair typique du quatuor ainsi que des mélodies
cold wave, des effets sonores hérités directement des années 80, le tout étant toujours aussi brillamment incorporé à un
death à nul autre pareil, avant-gardiste si le mot n’était pas aujourd’hui tellement galvaudé.
Ce qu’il y a de bien avec
Hegemony, c’est que je ne peux pas dire qu’il est le dernier grand disque des frères
Loez. Je le trouve certes supérieur à
Octa, il m’apparaît cependant plus monolithique que
Dissymmetry, sans pour autant surpasser
Chronophobia qui reste à mon goût l’équilibre parfait entre
death inventif et froideur mélodique. Par conséquent, qu’ajouter ? D’abord, que ceux qui n’ont pas ce LP peuvent se procurer les yeux fermés cette réédition qui tient toutes ses promesses sans dénaturer l’œuvre originale. Puis que les collectionneurs apprécieront de posséder le vinyle, histoire de travailler le fétichisme. Enfin que même si les compositions ronronnent un peu trop sur le même tempo, elles restent d’une richesse effarante au regard de l’impression de simplicité qu’elles renvoient.
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