Ad Finem Omnia - Senectus Viae
Chronique
Ad Finem Omnia Senectus Viae
Il m’a trompé sur toute la ligne, ce groupe. Je n’aurais jamais deviné qu’il était chilien. D’abord, son nom est en latin et signifie « Tout mène à la fin ». Le titre de l’album, lui aussi, est rédigé dans cette vieille langue morte... ou du moins tente de l’être, car un spécialiste m’expliquait que l’expression relevait soit du latin maladroit, soit du latin poétique. Senectus Viae se traduirait ainsi par « Chemin ancien ». Un choix en lien avec les thèmes de ce deuxième album, paru après des débuts en 2022 : la traversée de la déchéance, l’endurance, le temps, la persistance et le dépouillement.
Ensuite, le Chili n’est pas du tout le premier pays auquel cette musique m’a fait penser, et j’aurais plutôt misé sur une nation d’Europe du Nord. Sans doute la Finlande, car ces quarante-deux minutes sont très aériennes, très mélodiques, et finalement assez proches de formations comme SARGEIST ou HORNA. Mais deux ou trois passages laissent aussi s’infiltrer des influences pagan à la WINDIR, comme sur le très bon « The Hermit and the Wind ». Les vocaux clairs et le break acoustique y sont délicieux.
Mais si je me suis trompé sur la nationalité, je me suis aussi trompé sur le line-up. Cela ne sent pas tant que ça le one-man band, si bien que je n’imaginais pas Pablo Vera pratiquement seul à la barre, assurant tous les instruments et les vocaux, avec seulement quelques interventions de Ricardo Araya. L’ensemble est très bien composé, réfléchi et interprété.
Tous les morceaux n’ont cependant pas la même intensité, et tous ne valent pas celui que je viens d’évoquer. Les sept compositions (je ne compte pas l’intro de deux minutes) finissent par se montrer un peu trop redondantes et, à terme, lassent l’auditeur. Celui-ci laissera tout de même défiler l’album jusqu’au bout, parce que l’ensemble reste agréable. Il pourra en revanche se demander pourquoi le dernier morceau ressemble tant aux autres, tout en se passant cette fois de chant. Je comprends parfaitement qu’on puisse considérer qu’une musique se suffit à elle-même, mais ce titre n’a rien de plus, ni de vraiment différent, qui justifierait ce choix. Son seul mérite est presque de me rappeler que la fin approche : « Ah, pas de vocaux… c’est donc le dernier morceau. Je peux déjà réfléchir à ce que je vais écouter ensuite. »
On tient donc un album correct, mais qui risque de s’oublier assez vite. Ceux qui aiment les comparaisons pourront d’ailleurs s’amuser à le jauger face aux autres groupes du même label, car Purity Through Fire nous a habitués à nettement mieux dans son catalogue…
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