Nordlys - Lichterglanz Finsternis
Chronique
Nordlys Lichterglanz Finsternis
Je respecte NORDLYS pour deux ou trois raisons, mais malheureusement, elles ne sont pas directement liées à ses compositions. Tout d’abord, on se doit de respecter un groupe aussi vieux et encore en activité. Car voilà, même si Lichterglanz Finsternis est son premier album, la formation a débuté en 1994. Sa page Metal Archives a même été créée il y a 20 ans, en juillet 2006, soit deux ans avant que je la découvre grâce à la compilation 'til Pest (2008 / Obscure Abhorrence Productions), qui regroupait la quasi-totalité de ses titres des années 90. Par contre, NORDLYS n’a pas été particulièrement actif par la suite et n’a proposé qu’une démo en 2012 et un split avec LUNAR AURORA en 2016. Ça aussi, c’est particulièrement respectable ! Avoir partagé une sortie avec la légende allemande !
Plus de trente ans d’existence, donc, et pourtant aucun véritable album n’était encore sorti. C’est désormais chose faite avec ces dix compositions orchestrées par trois hommes. Deux sont là depuis 1994 : le batteur Torstein et le guitariste / claviériste / chanteur A. Ce dernier n’a pas chômé et c’est peut-être même en partie à cause de lui que NORDLYS a été mis de côté. Il a privilégié, avec son ami finlandais Necron, deux groupes bien connus : TOTALSELFHATRED et KORGONTHURUS. Deux formations qui semblent désormais profondément endormies. La machine NORDLYS a donc été relancée, avec à la basse un ancien acolyte d’A. : Kriya. Ils étaient déjà partenaires en 1998 au sein de NOCTI VAGUS, groupe qui avait changé de nom après avoir abandonné celui de NORDVIND. Oui, beaucoup de choses sont liées. Les membres, les groupes… Les noms de groupes… Et les labels. Car en 1998, NOCTI VAGUS a sorti son unique opus chez Solistitium Records. Et si vous connaissez l’histoire de cette écurie allemande, vous savez qu’elle a été active de 1994 à 2006 avant de revenir en fanfare en 2025 avec un catalogue solide : SPECTRE, SCHATTENVALD, ALDHEORTE…
Mais voilà, comme je le disais en introduction, la musique de NORDLYS ne m’a pas vraiment convaincu. Son black metal est pourtant bien maîtrisé et le talent ne fait pas défaut, mais la formation ne parvient pas à s’extirper de la masse des groupes corrects qui sortent chaque semaine. Il n’y a pas nécessairement de raison d’écouter NORDLYS plutôt qu’un autre car, s’il est efficace, il est surtout sage. Il n’y a que deux exceptions, deux titres aux accents plus torturés, plus émotionnels : « Northern Lights » et « The Mighty Contradiction ». Là, on aurait presque l’impression de retrouver une touche de TOTALSELFHATRED. Là, quelque chose nous touche et nous pique au cœur. Sur le reste de l’album, sur les huit autres compositions, les sensations procurées sont plus faibles, et même insuffisantes pour permettre à l’album d’atteindre un niveau supérieur.
NORDLYS fait du bon black metal, mais pas du black metal incontournable.
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