chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
98 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Emeth - Telesis

Chronique

Emeth Telesis
Emeth avait tout pour réussir. Une envie furieuse de bourriner, un plaisir certain à donner dans le complexe et le technique, un univers bien particulier, une mentalité exemplaire et de grosses bites. Les Belges avaient franchit pas à pas les marches de la gloire depuis leur 1er album Insidious. Il n'en restait plus qu'une, la dernière, celle qui devait conforter à jamais Emeth dans son statut de groupe qui compte. Seulement voilà, la formation a achoppé et a dévalé l'escalier du succès et de la reconnaissance bien plus vite qu'elle ne l'avait monté. Une chute aussi brutale qu'inattendue...

Bon dit comme ça on a l'impression que Telesis, le nouvel album de la bande à Tom Kimps, tient de la bouse intersidérale, ce qui n'est évidemment pas le cas. Mais il fallait bien romancé l'immense déception causée par une nouvelle orientation musicale tellement facile...

Telesis ne sent donc pas complètement la matière fécale. Le fumet savoureux de l'ancien Emeth effleure par moment nos narines sevrées par tant de fadeur inhabituelle de la part d'un cuisinier si prometteur. Le groupe n'a ainsi pas perdu son envie de taper vite et fort, les blast-beats imposant ici très souvent leur loi implacable. Avec une production nickel chrome, croyez bien qu'on mange et qu'on est plusieurs fois resservi. Le quotient brutalité n'affiche donc pas encore le zéro pointé. Nos oreilles, mises à mal par trop de sonorités banales pour un maître son de si bonne réputation, goûtent d'autant plus la joie procurée par des soli épicés et cuits à point. Elles frétillent également à l'écoute d'une basse au caractère bien trempé qui a su s'imposer dans le mix. Peu étonnant lorsque l'on sait que monsieur Erlend Caspersen (Blood Red Throne) lui-même en a pris le manche! Le rythme lui garde encore un peu de son tempérament endiablé et dynamique (du blastage en pagaille on l'a dit), souvent agrémenté de rythmiques thrashy qui font toujours leur petit effet et parfois de passages plus lents et lourds afin de varier les saveurs. Emeth avait aussi reçu des lauriers pour ses paroles profondes et intellectuelles sur la société et l'esprit humain, lauriers qu'on ne lui retirera pas tant les lyrics se révèlent écrites avec le même talent. Les qualités techniques des Flamands ne pourront non plus être remises en cause, les onze titres deTelesis, composés et ficelés de mains de maître montrant un groupe mature, professionnel et sûr de ses acquis. Certains riffs, placés ici et là comme les derniers soubresauts d'un géant à l'agonie, s'avèrent même presque au niveau des albums précédents. Et bien sûr, on retrouve le chant surpuissant de Tom Kimps qui a décidé de reprendre un peu de ses growls d'Insidious qu'il avait laissés de côté sur Reticulated pour des vocaux moins gutturaux et plus arrachés, clairement plus hardcore. Le bonhomme nous offre ainsi une prestation fort couillue à mi-chemin entre les deux premiers opus.

Et des passages précis remarquables, je pourrais également vous en citer quelques uns, comme la fin jazzy de "Silence Goes Unheard", le break ultra calorique de "Telesis" avec une basse jouissivement vrombissante, le génial solo tourbillonant de "Monolith", la basse qui fait encore des siennes sur "The Doer Alone Learneth", le magnifique instrumental d'obédience old-school avec arpèges sombres sur son crachotant intitulé "Aquarian" ou encore la furie démente de blasts vers la fin de "Will To Power", sur lequel le chanteur de Leng Tch'e, Boris Cornelissen, se trouve d'ailleurs invité. Voyez donc que ce Telesis ne manque pas de qualités, ce pourquoi j'ai dû canaliser ma colère et ma déception afin de mettre une note juste.

Mais je ne puis pardonner la trahison à laquelle s'est livrée Emeth sur cet opus. Au revoir l'intense brutalité d'Insidious, adieu technique complexité de Reticulated, place désormais est faîte à un death métal moderne fade et sans âme qui n'a finalement plus grand chose de death métal. Hé oui, Emeth a répondu aux sirènes malveillantes de la mode et du conformisme. Bien navrant de la part d'une formation aussi talentueuse. A croire que le passage du guitariste Matty Dupont chez Aborted l'a complètement changé puisque le rapprochement entre la nouvelle incarnation d'Emeth et la bande à Sven s'avère désormais tout à fait pertinent. Le nouveau guitariste, Valéry Bottin (qui a remplacé Peter Goemaere parti chez...Aborted), n'a lui semble t-il pas eu trop d'influence puisqu'il n'a participé à la composition que de deux morceaux. Enfin bref, quelles que soient les raisons de cette nouvelle orientation musicale, le fait est là, nous avons perdu l'Emeth qu'on aimait. Nous avons maintenant le droit à une production certes aussi puissante qu'un réacteur de fusée mais complètement aseptisée avec une batterie triggée à mort. Viennent également parasiter ces saccades rythmiques typiques du modern death, proches des mosh-parts du hardcore. Si elle ne dérangent pas chez certains groupes, leur présence ici me fait de la peine. Et pour couronner le tout, Telesis se termine par un instrumental, "Aum", totalement inutile même si son ambiance tribale de guerre impose une menace plutôt bien ressentie. Mais sur près de 3 minutes avec quelques samples de mauvais goût, je dis non.

Il fallait peut-être s'en douter dès la mise en ligne de l'artwork très moderne (et pas terrible du tout) ou dès l'avertissement de collègues webzineux/forumers suite à de nouveaux morceaux joués sur scène. En tout cas, moi, ça m'est tombé dessus sans que je m'y attende vraiment. Je me demande ce qu'Emeth fait sur Brutal Bands maintenant! Heureusement, on n'est pas encore au niveau du retournement de veste d'un Infected Malignity ou d'un Cryptopsy, tout n'est pas perdu! Comme je l'ai dit Telesis a plein d'atouts intéressants à faire valoir et le groupe devrait faire tout un tas de nouveaux adeptes plus sensibles à une accessibilité directe. Mais moi, ce n'est pas vraiment ce que j'attendais de mon Emeth...

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Emeth
Modern Death Metal
2008 - Brutal Bands
notes
Chroniqueur : 6/10
Lecteurs : (7)  6.29/10
Webzines : (8)  7.65/10

plus d'infos sur
Emeth
Emeth
Brutal Death - 1997 - Belgique
  

écoutez
tracklist
01.   Silence Goes Unheard
02.   Anochi Kofer
03.   Telesis
04.   SoulStorming Echoes
05.   Folly And Weakness
06.   Monolith
07.   Existence Beyond Being
08.   The Doer Alone Learneth
09.   Aquarian
10.   Will To Power
11.   Aum

Durée : 41'10

line up
parution
4 Avril 2008

voir aussi
Emeth
Emeth
Insidious

2004 - Brutal Bands
  
Emeth
Emeth
Reticulated

2006 - Brutal Bands
  
Emeth / Eternal Bleeding
Emeth / Eternal Bleeding
Nescientia - Bleed With Me (Split-CD)

2006 - Grodhaisn Productions
  
Emeth
Emeth
Aethyr

2014 - Xtreem Music
  

Essayez plutôt
Loudblast
Loudblast
Frozen Moments Between Life And Death

2011 - XIII Bis Records
  
Aetherian
Aetherian
The Untamed Wilderness

2017 - Lifeforce Records
  
Atlantis Chronicles
Atlantis Chronicles
Barton's Odyssey

2016 - Apathia Records
  
Beneath The Massacre
Beneath The Massacre
Incongruous

2012 - Prosthetic Records
  
Soilwork
Soilwork
Natural Born Chaos

2002 - Nuclear Blast Records
  

Déception de l'année
Raise Hell
City Of The Damned
Lire la chronique
Nuclear Assault
Out Of Order
Lire la chronique
FRENCH BLACK METAL : Un petit coup (et puis c'est tout)
Lire le podcast
Urn
Iron Will Of Power
Lire la chronique
Swarm
Anathema
Lire la chronique
Power Trip
Opening Fire: 2008​-​2014 (...
Lire la chronique
PPCM #24 - A Link to the Past (les groupes de mes poésiques)
Lire le podcast
Exhorder
Mourn The Southern Skies
Lire la chronique
BLACK METAL ! Le TOP de...
Lire le podcast
Division Speed
Division Speed
Lire la chronique
Kill-Town Death Fest 2019 / The Decompomorphosis
Lire le dossier
Critical Defiance
Misconception
Lire la chronique
LORDS OF CHAOS : La Sakranalyse
Lire le podcast
Inculter
Fatal Visions
Lire la chronique
Hatriot
From Days Unto Darkness
Lire la chronique
METAL MEAN FESTIVAL XV - 2019
Asphyx + Au-Dessus + Bloodb...
Lire le live report
Detherous
Hacked To Death
Lire la chronique
Whore Black Metal : STOP AU SEXISME
Lire le podcast
SYLAK OPEN AIR 2019
Apocalyptica + Black Flag +...
Lire le live report
METALHERTZ - S02E04 - Symphonic PACA Metal
Lire le podcast
Destruction
Born To Perish
Lire la chronique
Metal Church
Damned If You Do
Lire la chronique
Tantara
Sum of Forces
Lire la chronique
Sacred Reich
Awakening
Lire la chronique
Retour de vacances, et ZOU !
Lire le podcast
Enforced
At The Walls
Lire la chronique
Death Angel
Humanicide
Lire la chronique
USBM is SH*T
Lire le podcast
Metal Magic XII
Lire le dossier
PPCM #20 - Encore plus de Jazz Metal
Lire le podcast
Annihilator
For The Demented
Lire la chronique