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Testament - Dark Roots Of Earth

Chronique

Testament Dark Roots Of Earth
En voilà un album qui sentait bon. A des kilomètres. Que ce soit par la grande forme affichée par la bande à Chuck Billy depuis leur retour fracassant il y a quatre ans sur le devant de la scène thrash mondiale ou par les quelques extraits qui avaient çà et là filtré, « Dark Roots Of Earth » s'annonçait comme un nouveau coup de maître dans la discographie des Américains. A l'heure où une majorité des anciennes gloires peinent à retrouver leur superbe (ANTHRAX, SLAYER, MACHINE HEAD, METALLICA...) TESTAMENT semble bel et bien décidé à nous prouver que les seconds couteaux pourraient sur la longueur leur faire la nique (qui a dit OVERKILL?) et les laisser faire un gros four. Passée cette blague plutôt douteuse, c'était donc sans crainte aucune et somme toute plutôt confiant que j'attendais patiemment ce dixième effort d'un groupe au capital sympathie énorme dans mes conduits auditifs. Mis en valeur par une magnifique pochette d' Eliran Kantor à qui l'on devait déjà celle de « The Formation Of Damnation » et un packaging très soigné, l'objet en question n'a pas traîné longtemps avant d'atterrir dans mon lecteur afin d'y confirmer mes espérances : « Dark Roots Of Earth » est un album solide aux riffs affûtés pour un dommage cervical optimal, au parfum old school plus marqué peut-être que son prédécesseur mais que deux ou trois petites scories m'empêcheront de qualifier d' excellent ou de génial, termes que je m'apprêtais déjà à décliner dans leurs nombreux synonymes au long de cette chronique. Pas de quoi crier au scandale évidemment, les seuls cris que j'imagine déjà étant ceux du public scandant les « War! » de l'opening track, l'excellent « Rise Up ». Et merde, j’avais pourtant dit que je ne l’utiliserai pas !

Mais si le diagnostic émis par mon confrère Niktareum s’écarte légèrement de mon appréciation personnelle, commençons par ce qui différentie « Dark Roots Of Earth » de ses prédécesseurs. Car la bonne nouvelle, qu’on apprécie ou non cette nouvelle offrande brûlante, c’est qu’on est non seulement en présence d’un des albums thrash de l’année mais qu’en plus, Eric Peterson et sa bande réunifiée (seul Paul Bostaph manque à l’appel, mais Gene « Demonic » Hoglan l’a remplacé au pied levé) ont bien pris soin de conférer à DROE une personnalité propre. L’opening track précité déjà, qui prend des accents core jusque là inédits dans la carrière du groupe, pourra déstabiliser les fans de thrash old school qui s’attendaient plutôt à un relooking extrême de « Disciples Of The Watch » ou « Over The Wall ». Ce sera pour « Into The Pit », dont la relecture brutale en piste 4 sur « True American Hate » ne souffrira aucune contestation. Des blasts chez TESTAMENT, c’est une des autres nouveautés de cette galette, puisque l’on retrouve également cette particularité sur la troublante « Native Blood ». Des parties blastées sur un refrain plutôt sucré, ça peut déstabiliser de prime abord mais précisons que contrairement à l’ultra efficace « The Formation Of Damnation », DROE ne s’apprivoise réellement qu’au bout de plusieurs écoutes. Manifestement soucieux de livrer un skeud versatile couvrant plusieurs périodes de leur discographie, les Américains jouent ainsi au jeu du chat (le quota de brutalité assuré par « Rise Up », « True American Hate » et « Last Stand For Independence ») et de la souris (les réminiscences heavy thrash 80’s sur bon nombre de titres), quitte à perdre en chemin ceux qui guettaient un album plus intense. Par contre, ceux qui préfèrent la densité des compositions au fourre tout brutal, même brillant (« The Gathering ») seront les grands gagnants d’un album se payant tour à tour une brillante relecture du vilain petit canard « The Ritual » (formidable « Dark Roots Of Earth » !) ainsi que la tête des « Four Horsemen » sur la magnifique « Cold Embrace ». Absolument superbe, cette power ballad ridiculise l’autoparodique « The Day That Never Comes » tout en conservant les mêmes gimmicks de composition. Souvent comparé à METALLICA au début de sa carrière, TESTAMENT trouve donc une revanche tardive en délivrant à leur place, dixit Eric Peterson, l’album qu’ils auraient dû sortir depuis des années.

S'il est vrai que nos avis divergent concernant le controversé et totalement sous-estimé « The Ritual », je ne peux qu'abonder dans le sens de mon collègue sudiste pour trouver moult qualités à un « Dark Roots Of Earth » qui ne fera clairement pas tache dans une discographie à géométrie variable, mais n'ayant jamais franchi la ligne blanche. Toutefois, comme énoncé plus haut, deux ou trois accrocs rendront mon jugement un soupçon plus nuancé. Même si la bête regorge de riffs absolument jouissifs (on ne peut que saluer une nouvelle fois le travail du bûcheron Eric Peterson!), je reste quelque peu sur ma faim en matière de refrains (non, je n'aime pas celui de « Native Blood » sur lequel j'ai pourtant lu tant d'éloges), domaine dans lequel le groupe excelle habituellement. Mais plus encore, c'est surtout la prestation d'Alex Skolnick qui me laisse le plus de regrets. Celui que je considère comme l'un des meilleurs solistes thrash, semble ici manquer d'inspiration, nous resservant des plans déjà vus et paraissant bizarrement incapable de renouer avec la qualité de composition qui le caractérise habituellement, sauvé heureusement par cette technique irréprochable et plus de trente ans d'acoquinement avec la six cordes. Il me manquera donc sur cet album LE titre, l'imparable, celui qui à l'instar d'un « The Evil Has Landed » s'invite dès la première écoute au banquet des classiques indéboulonnables, même si à choisir « True American Hate » ferait bien l'affaire. Si ces ergotages n'ont absolument rien de rédhibitoire, ils m'empêchent en tout cas de trouver « Dark Roots Of Earth » supérieur à son aîné mais avouons qu'à un tel niveau de qualité, on peut amplement se satisfaire d'un ''aussi bien''.

Un Skolnick moins brillant qu’à l’accoutumée mais qui se distingue tout de même par un éclair de génie sur « A Day In The Death », dans une réminiscence bienvenue du formidable final de « Sins Of Omission ». Le seul titre valable (ou presque) de « Practice What You Preach » est ici sublimé par un collectif faisant tourner la boutique heavy thrash de main de maître, bien aidé par un Gene Hoglan caméléon tout entier au service de la cause. Pourtant, si l’homme à la mèche blanche assure plus qu’il ne flambe, ce n’est pas faute d’avoir vu Eric Peterson s’attacher à souder tout ce beau monde. « The Formation Of Damnation » était l’œuvre d’un seul homme ? Le fondateur de DRAGONLORD a voulu impliquer davantage son complice dans le processus de composition, tout en marchant un peu sur ses plates bandes (quelques solis de très bonne facture couchés par Eric figurent sur « Native Blood », « Dark Roots Of Earth » et « True American Hate », entre autres). En résulte un album globalement plus contrasté et jouant moins sur l’efficacité brute, mais qui réussit à maintenir l’auditeur sur la brèche là où leurs confrères d’EXODUS donnent dans le monolithisme brutal. La sympathique « Man Kills Mankind » n’a rien d’un classique ? Certes, mais son côté passe partout fait du bien entre le pic émotionnel de « Cold Embrace » et une « Throne Of Thorns » bien plus dense, ce qui confirme une maîtrise parfaite du tracklisting. Finalement, le seul titre pouvant vraiment prêter à discussion reste « Last Stand Of Independence », pas assez speed pour conclure un « Dark Roots Of Earth » qui aurait mérité un équivalent de « Fall Of Sipledome » ou une « Reign Of Terror 2.0 ». Il manque donc un morceau thrash rapide, plus à l’ancienne que « True American Hate » pour compléter le tableau mais comme TESTAMENT a le bon goût de prolonger le plaisir avec trois reprises savamment retouchées, on n’en voudra pas trop aux Américains d’avoir bouclé l’affaire sur une piste un peu fade, malgré un break central qui cartonne du feu de Dieu. Plus que recommandable donc, notamment l’édition limitée qui nous épargne la précédente séance de manucure d’Eric Peterson au profit d’un éclairage intéressant sur la carrière de TESTAMENT, à travers des interviews croisées de chaque membre du groupe (oui ! Même Greg Christian !).

TESTAMENT qui s’essaye à l’exercice de la reprise, c’est de l’inédit depuis « Nobody’s Fault » (AEROSMITH) sur « The New Order ». L’occasion de rendre hommage à trois groupes très différents qui ont bercé leur prime jeunesse, et surtout de saluer la performance vocale d’un Chuck Billy impressionnant de puissance et de maîtrise. Car s’il y a bien une individualité à ressortir de « Dark Roots Of Earth », c’est bien le comparse de Zetro au sein de DUBLIN DEATH PATROL. Au programme, deux covers qui martyrisent intelligemment le matériau original et une relecture plus appliquée d’un classique de chez classique, j’ai nommé le « Powerslave » de MAIDEN. Car hormis quelques salves de double pédale et deux ou trois variations bien senties signées Skolnick sur les leads, la version de TESTAMENT colle parfaitement à l’original et c’est vraiment le timbre de voix de Chuck qui lui donne une coloration particulière. Pour « Animal Magnetism » de SCORPIONS, le tempo reste le même mais l’opération ravalement de façade s’avère particulièrement foudroyante. Entre les soufflantes d’un Billy possédé et les trois mondes d’écart au niveau de la production, le rouleau compresseur doom mis en marche s’avère particulièrement redoutable ! Enfin, au tour du « Dragon Attack » de QUEEN de passer à la moulinette thrash n’ roll, ce qui permet au bassiste Greg Christian de se mettre en valeur. Maltraitée avec soin, cette nouvelle version n’en reste pas moins identifiable (on est loin de MINISTRY qui moleste THE DOORS !) et permet d’attester sur son refrain que Chuck Billy aurait fait un frontman très acceptable … chez DEF LEPPARD !! Au final, une vraie plus value pour un album déjà largement satisfaisant dans sa forme première.

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6 COMMENTAIRE(S)

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Benji666metal
16/09/2013 00:28
Il est énorme ce disque !
Ant'oïn citer
Ant'oïn
21/11/2012 11:28
note: 9/10
Je commence Testament avec cet album et je le trouve vraiment incroyable. Le titre Throne of Thorns est pour moi LE morceau de l'album. Allez un bon ptit 9 non objectif meme si je comprend parfaitement les critiques de la chro notamment sur Native Blood que je trouve assez faiblarde comparé au reste.
AxGxB citer
AxGxB
21/11/2012 08:28
note: 7/10
Album sympathique qui m'a plu durant mes écoutes mais sans forcément me donner l'irrépressible envie d'y revenir.
Ander citer
Ander
20/11/2012 22:59
note: 6.5/10
Je suis le seul à trouver la guitare rythmique sous mixée? C'est ultra flagrant sur les soli.

Concernant mon avis sur cet album je le trouve globalement trop mou, convenu et trop long.

V'là. Mr Green
Thomas Johansson citer
Thomas Johansson
20/11/2012 19:05
Keyser a écrit : Je ne comprendrai jamais les louanges sur ce groupe que je trouve chiant comme pas permis (le pire étant Chuck Billy, je déteste son timbre). C'est pas les 3 extraits qui me feront changer d'avis malgré quelques solos bien sentis.

Bonne chronique en tout cas!


Merci bien! Mais on avait de toutes manières perdu tout espoir de te faire changer d'avis Mr Green
Keyser citer
Keyser
20/11/2012 18:59
Je ne comprendrai jamais les louanges sur ce groupe que je trouve chiant comme pas permis (le pire étant Chuck Billy, je déteste son timbre). C'est pas les 3 extraits qui me feront changer d'avis malgré quelques solos bien sentis.

Bonne chronique en tout cas!

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Testament
Thrash metal
2012 - Nuclear Blast Records
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (14)  7.93/10
Webzines : (36)  8.43/10

plus d'infos sur
Testament
Testament
Thrash - 1986 - Etats-Unis
  

tracklist
01.  Rise Up
02.  Native Blood
03.  Dark Roots Of Earth
04.  True American Hate
05.  A Day In The Death
06.  Cold Embrace
07.  Man Kills Mankind
08.  Throne Of Thorns
09.  Last Stand For Independence

Bonus tracks :

10.  Dragon Attack
11.  Animal Magnetism
12.  Powerslave
13.  Throne Of Thorns (extended)

Durée : 76:04

line up
parution
27 Juillet 2012

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