chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
287 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
La Thrashoth... » La Thrashoth... »

Ulver - Bergtatt

Chronique

Ulver Bergtatt
(Et Eeventyr I 5 Capitler)

Un jour viendra où Thrashocore pourra se targuer de posséder les discographies complètes des groupes metal « incontournables ». Cette quête perpétuelle de l’encyclopédie qui anime chaque chroniqueur... Certains l’auront peut-être remarqué, mais une manque cruellement à notre webzine. Celle d’Ulver. « Metal » ? Formé en 1993 à Oslo par le charismatique et complexe Kristoffer Rygg (Garm), Ulver (« loups » en norvégien) suit la récente vague black metal affectant la Norvège, une époque où des adolescents acnéiques sortiront quelques pierres angulaires du genre. Ulver en fait partie. Le groupe entamera une trilogie qui marquera sa courte (et parfois méconnue) mais cultissime ère black metal (1993-1997) avant d’effectuer un virage vers une musique tout autre, tournée vers l’ambient et l’électronique. La discographie et ce triptyque débutent par Bergtatt - Et Eventyr I 5 Capitler, littéralement « Prise par les montagnes – Un conte en 5 chapitres », l’histoire d’une jeune fille perdue dans une forêt entre les montagnes d’Europe du Nord, entourée de trolls et d’autres créatures fantaisistes.

Difficile à cerner, Ulver n’aura jamais suivi quelconque schéma facile, dès sa formation il souhaitera offrir une musique « novatrice » et alambiquée. Le groupe reprend les ingrédients typiques de la scène émergeante (image sataniste comprise) mais ira marier ce black metal corrosif à une musique folk atmosphérique. Certes, déjà de nombreuses formations voisines (Enslaved, Aeternus, Windir…) avaient tenté ce rapprochement à leur début mais contrairement à la thématique guerrière (viking) virulente pleinement inspirée de Bathory, Ulver se base lui sur un univers féérique planant et propose sans équivoque le black/folk le plus abouti du début des années 90. Leur fameuse démo Vargnatt annonçait dès lors cet amour partagé (le magnifique « Trollskogen ») où s’entremêlent metal extrême, guitares acoustiques, flûte enchanteresse et chant clair (masculin et féminin). Beaucoup comme moi auront découvert le chant clair de Garm via Arcturus (dont on retrouve ici le bassiste ainsi que le claviériste) voire Borknagar. Son timbre est radicalement différent sur Bergtatt, il est méconnaissable. Point de tournures « théâtrales » cette fois, un chant sobre, « innocent », presque divinatoire. A peine l’album lancé (dès l’introduction de « Capitel I »), l’auditeur subira ses premiers émois. Quelque chose d’indescriptible s’y dégage (les vers à 2:21 de « Capitel II » sont juste bouleversants)… Troublant.

Suivant les péripéties de cette fille prisonnière de la montagne, Ulver plonge l’auditeur dans ce paysage nordique entourant le personnage (les bruits de marche assez étonnants sur « Capitel III »). Une symbiose avec la nature captivante (reprise par Thy Serpent) portée par les vocaux mélancoliques de Garm mais aussi par les douces notes de guitare acoustique d’Haavard sur chaque morceau. « Capitel I » (5:41), l’introduction de « Capitel II » couplée à la flûte (faux airs d’un King Crimson), « Capitel IV » titre purement acoustique (accompagné d’un chant féminin interprétant la protagoniste) ou encore le final inattendu de « Capitel V » (7:04). Un talent pleinement démontré et confirmé sur la suite Kveldssanger . Dire que ce musicien (qui a pondu Nattens madrigal) fait désormais du pop/rock à tendance « dance » (InPublik) et passe au X Factor norvégien… Bref. Les sentiments de peur dans cet univers hostile (kidnappée par les trolls) seront quant à eux traduits par le penchant black metal d’Ulver. Un metal glacial très « accessible » à vrai dire et sous une production cristalline (assez surprenant pour l’époque), à mille lieux de Vargnatt et Nattens madrigal (hémorragie auditive la première fois). Les riffs intenses restent sur une dominante mélodique (la conclusion épique de « Capitel I », le tremolo leitmotiv fatal du dernier chapitre) matraquée en fond par le jeu de batterie soutenu d’AiwarikiaR (ex-code) (riche et sans aucun artifice, rappelant le défunt Grim) quant aux hurlements black manquant certes de souffle, Garm demeure tout aussi touchant.

Balance quasi-parfaite entre black metal et folk atmosphérique, Bergtatt est considéré comme l’un des piliers du genre, source d’inspiration pour de nombreuses formations (Agalloch, Empyrium, October Falls, Drudkh…). Ce premier opus pourrait être perçu comme une sorte de compromis entre le pur folk Kveldssanger et l’éprouvant « true raw black metal » Nattens madrigal. Une musique ne nécessitant presque aucun effort, il suffit de lancer Bergtatt et de se laisser emporter par les vers angéliques de Garm ou les riffs (acoustiques) poignants pour un voyage imaginaire sans retour à travers les forêts enneigées scandinaves. Un « compromis » ou « ébauche » pour certains, car effectivement les compositions seront nettement plus abouties dans les deux styles pratiqués dans la suite de la trilogie. Mais je ne sais pas… La saveur de Bergtatt reste unique. C’est surtout la durée de l’album qui posera problème : 34 minutes seulement… Beaucoup trop court pour le style. Deux morceaux supplémentaires auraient certainement pu gratifier ce premier album de la note maximale. Bergtatt n’en reste pas moins un chef d’œuvre du black/folk, un « must have » pour les adeptes de musique atmosphérique sombre et poétique.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Ulver
Black / Folk atmosphérique
1995 - Head Not Found
notes
Chroniqueur : 9.5/10
Lecteurs : (24)  9.06/10
Webzines : (11)  9.22/10

plus d'infos sur
Ulver
Ulver
Synth Pop - 1993 - Norvège
  

tracklist
01.   Capitel I: I Troldskog Faren Vild
02.   Capitel II: Soelen Gaaer Bag Aase Need
03.   Capitel III: Graablick Blev Hun Vaer
04.   Capitel IV: Een Stemme Locker
05.   Capitel V: Bergtatt - Ind I Fjeldkamrene

Durée : 34:17

line up
voir aussi
Ulver
Ulver
Nattens Madrigal
(Aatte Hymne Til Ulven I Manden)

1997 - Century Media Records
  
Ulver
Ulver
Lyckantropen Themes

2002 - Jester Records
  
Ulver
Ulver
Kveldssanger

1996 - Head Not Found
  
Ulver
Ulver
The Assassination of Julius Caesar

2017 - House of Mythology
  

Essayez aussi
Empyrium
Empyrium
Songs Of Moors And Misty Fields

1997 - Prophecy Productions
  
Wayfarer
Wayfarer
A Romance with Violence

2020 - Profound Lore Records
  
Wędrujący Wiatr
Wędrujący Wiatr
O turniach, jeziorach i nocnych szlakach

2016 - Werewolf Promotion
  
Selvans
Selvans
Faunalia

2018 - Avantgarde Music
  
Selvans
Selvans
Lupercalia

2015 - Avantgarde Music
  

Gorod
Neurotripsicks
Lire la chronique
Ural
Anthropic Genetic Involution
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Juin 2026
Jouer à la Photo mystère
NecroBeast
Iron Baphomet
Lire la chronique
Savage Mania
Demonic Assault
Lire la chronique
Intoxicated
The Dome
Lire la chronique
Shadowspawn
Cadaver Dogs
Lire la chronique
Cage Fight
Exuvia
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Mai 2026
Jouer à la Photo mystère
Metal Noz 3 - Live Report
Lire le podcast
Entombed
Crawl (EP)
Lire la chronique
Türböwitch
Under Haunted Skies
Lire la chronique
Exodus
Goliath
Lire la chronique
Cro-Mags
Alpha Omega
Lire la chronique
Slyther
Chronicles of Despair
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Mai 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Violent Pacification (EP)
Lire la chronique
Nukem
The Grave Remains
Lire la chronique
Aborcja
Do krzyża abarotem
Lire la chronique
Vomitory
In Death Throes
Lire la chronique
La photo mystère du 15 Avril 2026
Jouer à la Photo mystère
Paradox
Heresy
Lire la chronique
Sunovrat
Kuluk
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Avril 2026
Jouer à la Photo mystère
Perpetual Warfare
The Age of War
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Mars 2026
Jouer à la Photo mystère
10 ans de vidéo SAKRIFISS / Le top 50 des groupes marquants
Lire le podcast
Cryptic Shift
Overspace & Supertime
Lire la chronique
Deathraiser
Forged In Hatred
Lire la chronique
R.I.P. Soldier
The True Soldiers Never Die
Lire la chronique
Cro-Mags
Best Wishes
Lire la chronique