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Destinity - In Continuum

Chronique

Destinity In Continuum
Depuis ses débuts il y’a désormais vingt-cinq ans DESTINITY n’a jamais laissé indifférent et a même déchaîné les passions… autant pour ses huit albums, que pour sa musique et son attitude générale. Car depuis « Wepts From The Sky » en 1999 et jusqu’à « Resolve In Crimson » en 2012 le combo a régulièrement évolué musicalement en changeant d’orientation au gré du vent et des modes, que les mauvaises langues pouvaient voir comme de l’opportunisme facile… un avis qui n’est d’ailleurs pas forcément injustifié. Etant en début de carrière un simple ersatz de CRADLE OF FILTH celui-ci est passé ensuite à un Black/Death aux accents électroniques jusqu’à un Thrash/Death très Suédois lors de ces deux derniers opus, ce qui rend sa ligne directrice finalement assez difficile à suivre au milieu d’une discographie relativement équilibrée et agréable à écouter, à défaut d’être vraiment marquante. D’ailleurs l’annonce en 2014 de l’arrêt de ses activités était passée relativement inaperçue… tout comme celle de son retour qui s’est faite dans une relative discrétion, où l’on retrouve le même line-up que celui de ces deux derniers long-format. Il n’est donc pas étonnant que ce neuvième chapitre (et première sortie officielle de la toute nouvelle structure Crimson Productions) reprenne les choses là où elles en étaient restées au moment du split… avec aussi les mêmes qualités et défauts habituels qui n’ont pas non plus évolué avec le temps et font de ce « In Continuum » un disque de plus pour les lyonnais, mais qui ne provoquera pas un enthousiasme démesuré malgré sa longue attente.

Car comme à chaque fois l’ensemble va montrer certaines faiblesses du fait d’un manque d’homogénéité et qu’on y trouve des baisses de régime notables, la faute notamment à une durée excessive de certaines plages comme de ce disque en général (presque cinquante-deux minutes au final), et aussi à des effets électroniques pas toujours du meilleur goût. D’ailleurs histoire de mettre le doute d’entrée quant à son niveau « The Sand Remains » ne va rien faire pour estomper les doutes des plus sceptiques, car même si ça reste ultra-balisé et que ça varie au niveau des tempos les passages synthétiques viennent casser la dynamique générale en tombant comme un cheveu sur la soupe, tout cela sans compter la désagréable impression de ne pas vouloir (ni savoir comment) se terminer. Un sentiment qui va se retrouver un peu plus loin avec un « Shadows » décevant et à rallonge plombé par des longs plans au piano qui ne servent à rien hormis faire du remplissage inutile, et cela est regrettable car dès que ça s’excite un peu le reste est tout de suite plus intéressant. Heureusement si ces deux compos ne rendent pas grâce à cette galette le reste est d’un intérêt bien supérieur, et en premier lieu via le redoutable et excellent « Reject The Deceit » qui voit le retour à une sobriété bienvenue et finalement indispensable pour que le répertoire des gars soit de suite plus accrocheur. Jouant autant sur les passages remuants et entraînants que sur ceux plus doux et aérés l’écriture y est sobre et sans chichis (voyant tous les tempos être de sortie) et est propice au headbanging (nul doute en effet que sur scène ça va faire particulièrement mal), avant qu’un long solo magnifique et mélodique ne viennent achever tout ça offrant certainement la meilleure plage de ce cru 2021. « Dawn Never Breaks » n’en est également pas très loin bien qu’étant un chouia en dessous, mais n’a presque rien à lui envier tant ça mise autant sur le tabassage et la vitesse que sur la lenteur et les parties brise-nuques, et si là-encore on reconnait de suite la patte de l’entité le tout est bien mené, efficace et évite l’écueil des breaks malvenus et du trop-plein rythmique.

Disséminés tout du long les efficaces et inspirés « Reflections », « Architect Of Light » et « Snakepit » font le boulot avec sérieux et application, même si ça reste bien calé dans les chemins balisés et qu’on n’est pas du tout dépaysé en les écoutant, on apprécie quand même d’entendre ces nouveautés prouvant que les mecs ont encore des choses à dire et que ce come-back n’est pas un pétard mouillé comme il y’a pu en avoir énormément et trop fréquemment. Alors certes la deuxième moitié de l’œuvre est nettement plus en roue-libre et l’on y perd un peu en attention mais ça reste nettement consistant même si c’est moins mémorable et qu’il y’a peu de chances d’y entendre des futurs classiques. Ça n’est d’ailleurs pas avec le mitigé « A Lucid Strain » (à l’introduction acoustique qui ne sert pas à grand-chose) et surtout l’interminable « Salvation » (qui est presque la composition la plus longue de toute la carrière de Mick et ses acolytes) que les choses vont changer, cette dernière se contentant de reprendre tout ce qui a été déjà entendu, sans arriver à captiver une dernière fois l’auditoire. Il faut dire qu’à l’instar de tous ses prédécesseurs il est difficile de s’enquiller l’intégralité de l’écoute d’une seule traite, et qu’il va falloir du temps, de la patience et de la persévérance pour bien mémoriser chaque plans, notes et patterns… bien qu’on sache facilement où l’on va.

Néanmoins il faut saluer le boulot effectué ici par les rhône-alpins (tant il y’a de la matière à écouter et à explorer), et en particulier celui proposé par le soliste qui s’est véritablement lâché et fait plaisir tant ses interventions y sont nombreuses, longues et de très bonne tenue vu qu’il amène énormément de mélodie et de mélancolie sans jamais en faire trop ni tomber dans la guimauve. Alors oui rien d’indispensable dans ce come-back mais il y’a quand même des plans agréables et bien construits qui font plaisir à entendre, et font faire une cure de jeunesse à ceux qui les ont écouté à une époque pas si lointaine ou qui les ont vus en concert. Si les fans y trouveront facilement leur compte et que les autres seront toujours mitigés quant à la musique et l’identité artistique des vétérans, il sera quand même de bon ton de jeter une oreille attentive là-dessus afin de se forger sa propre opinion et ainsi tordre le cou ou pas à un ressenti initial pas toujours objectif, la maturité et l’expérience aideront peut-être les indécis et/ou les détracteurs à changer leur fusil d’épaule.

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Destinity
Thrash/Death Mélodique
2021 - Crimson Productions
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs : (1)  8/10
Webzines : (3)  8.17/10

plus d'infos sur
Destinity
Destinity
Thrash/Death Mélodique - 1996 - France
  

tracklist
01.   The Sand Remains
02.   Reject The Deceit
03.   Reflections
04.   Shadows
05.   Dawn Never Breaks
06.   Architect Of Light
07.   A Lucid Strain
08.   Snakepit
09.   Salvation

Durée : 52 minutes

line up
parution
15 Octobre 2021

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