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Deftones - Saturday Night Wrist

Chronique

Deftones Saturday Night Wrist
Contrairement à son prédécesseur auquel il aura fallu plusieurs années et maintes tentatives avant que celui-ci ne parvienne à faire son chemin dans mon coeur et mes oreilles, Saturday Night Wrist aura été un coup de foudre immédiat. Un album qui aura marqué mon arrivée dans la capitale et qui m’aura accompagné régulièrement pendant de longs mois faits de recherches à Pôle Emploi et de parties interminables de World Of Warcraft...

Sorti le 31 octobre 2006 sur Maverick Records, ce cinquième album n’a pas été ce que l’on peut appeler une partie de plaisir pour les membres de Deftones. Entre les problèmes d’addictions de Chino Moreno, la pression inhérente à la composition d’un successeur digne de ce début de carrière exemplaire, la motivation fluctuante de chacun des protagonistes et le temps accordé en parallèle à des projets annexes (notamment Teamsleep), l’éviction de Terry Date, la recherche d’un producteur à même d’épouser la vision des Californiens et finalement les frictions liées à des vues plus ou moins différentes, ces trois années d’absence n’auront pas été de tout repos pour les Américains à tel point que Chino évoquera Saturday Night Wrist en ces termes : "That record is so unconfident, that’s why I hate it. I don’t feel like it’s me, it’s this unconfident version of myself that doesn’t know what he’s doing". Pourtant aux yeux des fans et de la presse, ce cinquième album sera néanmoins rapidement couronné de succès et reste d’ailleurs considéré aujourd’hui par beaucoup, et ce à juste titre, comme l’un des meilleurs albums du groupe de Sacramento.

Produit par Bob Ezrin (Pink Floyd, Kiss, Alice Cooper, Aerosmith, Peter Gabriel...), je n’ai évidemment pas grand chose à reprocher à cette production qui, vingt ans plus tard, n’a pas pris une seule ride. Chaque instrument respire à pleins poumons et trouve ainsi toute la place nécessaire pour s’exprimer sans retenue. Une production sans défaut qui permet également aux Californiens d’affirmer cette versatilité qui les caractérise en faisant cohabiter ambiances électriques, lourdes et abrasives et à l’inverse atmosphères plus cotonneuses, mélodiques et lumineuses.
Alors pourquoi à l’époque cette nette préférence pour Saturday Night Wrist plutôt que l’éponyme de Deftones ? Eh bien très probablement parce que ce cinquième album montre des signes de retour aux fondamentaux évidents tout en conservant néanmoins cette ouverture à des sonorités "nouvelles" exprimée depuis deux albums par les Californiens. D’ailleurs sur ce dernier point, même si on ne parlera certainement pas d’album expérimental (faut pas déconner), Deftones continue ici de s’autoriser quelques sorties de pistes parfaitement étudiées. Entre cet excellent titre instrumental qu’est "U,U,D,D,L,R,L,R,A,B,Select,Start" (pour les troglodytes qui ne le sauraient pas encore, il s’agit d’un « cheat  code » utilisé à la fin des années 80 pour certains jeux vidéos du célèbre développeur japonais Konami), ce "Pink Cellphone" aux sonorités Electro / Rock affirmées et sur lequel, entre quelques lignes de chant signées Chino Moreno, on peut entendre de manière tout à fait sérieuse Annie Hardy du groupe Giant Drag nous raconter entre autre qu’en Angleterre on ne suce pas parce que les hommes ne sont pas circoncis, que la peau du prépuce récupère une partie de la merde et des résidus de pénétrations annales et que c’est pour cette raison que les Anglais ont des dents dégueulasses en passant par la première partie pour le moins étrange de "Combat" sans oublier bien évidement ces nombreux samples et autres nappes de synthétiseurs dispensées par un Franck Delgado toujours assez discret mais paradoxalement toujours très présent ("Hole In The Earth", "Rapture", "Beware", "Cherry Waves", "Rats!Rats!Rats!" et j’en passe...), les auditeurs en quête d’un petit peu de fraicheur ont probablement été à l’époque plus que ravis. Enfin, outre tout ce qui vient d’être évoqué, on trouve toujours quelques titres plus feutrés et aériens. Des titres qui pour le coup m’ont tout de suite convaincu (contrairement à une bonne partie de ceux présents sur l’album éponyme pour lesquels, comme déjà dit, il m’aura fallu du temps, beaucoup de temps...) à l’image des excellents "Beware", "Cherry Waves" et "Xerces" tous les trois particulièrement hypnotiques et addictifs (et oui, "Rivière" n’est pas loin derrière).

Je parlais plus haut de « retour aux fondamentaux » et il est vrai que bien des titres présents sur Saturday Night Wrist possèdent une ambiance et une tonalité qui rappellent effectivement les deux / trois premiers albums de la formation. Entre ce "Kimdracula" que l’on croirait tout droit sorti d’Adrenaline, l’excellent « Rapture » tout en nerfs mené par un Chino Moreno au bord de l’apoplexie, le tout aussi chouette "Hole In The Earth" à l’ambivalence particulièrement saisissante, "Mein" que l’on aurait très bien pu voir figurer sur l’album Around The Fur (avec en sus ces envolées vocales mélodiques signées Serj Tankian de System Of A Down), "Rats!Rats!Rats!" à l’agressivité débridée ou bien encore "Combat" dont les refrains lumineux ne font pas oublier la lourdeur des guitares et les hurlements abrasifs d’un Chino encore une fois très en voix, ce cinquième album ne manque clairement ni de nuances ni de hargne.

Après un Deftones en demi-teinte qui a l’époque n‘avait pas été en mesure de me satisfaire pleinement, retrouver les Californiens avec un album de la trempe de Saturday Night Wrist fût en ce qui me concerne une surprise à la fois belle et inattendue. Il faut dire qu’à l’époque le Nu Metal est en très large perte de vitesse, que les têtes de gondoles ayant mené le mouvement sont soit fatiguées, soit absentes, soit mortes et enterrées et que le genre s’est largement auto-parodié au point d’en devenir tout à fait inintéressant pour ne pas dire complètement démodé et risible... Malgré cette débandade ambiante, les Californiens de Deftones ont su garder la tête haute et sortir de ce bourbier grâce à un cinquième album évoquant autant les premières heures de la formation que cet avenir loin des modes qu’il se trace depuis déjà quelques années. Bref, Deftones survole la concurrence avec un talent indéniable et vingt ans après Saturday Night Wrist reste une belle leçon au sein d’une discographie qui pourtant ne compte pas beaucoup d’erreurs de parcours. Définitivement l’un de mes préférés du groupe de Sacramento.

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Deftones
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (5)  7.4/10
Webzines : (3)  5.56/10

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Nu Metal - Etats-Unis
  

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Hole In The Earth
Hole In The Earth
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Extrait de "Saturday Night Wrist"
  
Mein
Mein
Deftones

Extrait de "Saturday Night Wrist"
  

tracklist
01.   Hole In The Earth  (04:09)
02.   Rapture  (03:25)
03.   Beware  (06:00)
04.   Cherry Waves  (05:17)
05.   Mein (featuring Serj Tankian)  (03:59)
06.   U,U,D,D,L,R,L,R,A,B,Select,Start  (04:12)
07.   Xerces  (03:42)
08.   Rats!Rats!Rats!  (04:01)
09.   Pink Cellphone (featuring Annie Hardy)  (05:04)
10.   Combat  (04:46)
11.   Kimdracula  (03:14)
12.   Rivière  (03:45)

Durée : 51:40

line up
parution
31 Octobre 2006

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