In Aeternum - ...Of Death And Fire
Chronique
In Aeternum ...Of Death And Fire
Ayant connu sa petite heure de gloire à cheval entre la fin des années 90 et le début du nouveau millénaire le combo porté par David Larsson avait fini par disparaître des radars après une décennie relativement productive, vu qu’après son âge d’or et la sortie du court mais sympathique
« Curse Of Devastation » il lui avait fallu neuf ans pour refaire parler de lui avec l’agréable Ep
« The Blasphemy Returns », au nom parfaitement en raccord. Montrant par la même occasion que malgré ce long silence la formation n’était pas encore morte celle-ci était néanmoins depuis cette publication en 2016 totalement silencieuse, au point qu’on avait fini par franchement l’oublier sans qu’on s’acharne véritablement à la réécouter. Autant dire que l’annonce d’un retour sous la forme d’un album après dix années sans rien publier relevait franchement de l’inattendu, et pour l’occasion le chanteur-guitariste en a profité pour reprendre à ses côtés le soliste Daniel Nilsson-Sahlin, et signer dans la foulée chez les Néerlandais de Soulseller Records au catalogue toujours plaisant. C’est donc désormais en trio qu’évolue le groupe mais cela ne change rien musicalement vu que son Black Metal aux accents Death garde sa noirceur comme sa virulence, l’âge n’ayant visiblement pas de prise sur les différents membres qui continuent fougueusement à délivrer la bonne parole pour notre plus grand bonheur.
Et visiblement ceux-ci sont remontés comme des coucous car ils nous livrent un excellent disque assez homogène et qui va gagner en intensité au fur et à mesure que l’on avance dans l’écoute, sans pour autant changer la ligne de conduite initialement fixée où se greffe même un soupçon de mélodie toujours bienvenu tant il est ici mis en avant de façon discrète mais redoutable. Mais pour le moment c’est à un versant sans concessions auquel on a droit avec « Beneath The Darkened Tomb » où la brutalité exacerbée côtoie des parties lentes rampantes à la noirceur absolue, avec en prime un dynamisme incessant où l’ensemble se montre remuant et équilibré bien calé dans ce que l’entité nous a offert depuis ses origines. On sait donc parfaitement où l’on met les pieds mais cela nous est totalement égal vu que l’efficacité y est sans bornes, et cela va continuer avec le court et brutal « The Day Of Wrath » où la vitesse va être largement mise en avant en alternant blasts débridés et parties rapides furieuses à l’envie de headbanguer rageuse, qui densifient ainsi un titre sans concessions (et dont « Mortuary Cult » situé plus loin va reprendre les grandes lignes avec le même succès) qui va faire le grand écart avec le pachydermique mais mitigé « Spirits Of The Dead ». Car s’il contient de bonnes idées il va très rapidement se montrer redondant, du fait de longueurs excessives mais surtout d’un côté monolithique mal exploité comme d’une rythmique bridée à outrance qui ne bouge absolument pas du début à la fin. Bien que ce soit suffocant à l’extrême n’est pas MORBID ANGEL qui veut (on sent l’influence des Américains à des kilomètres), et le rendu aurait été plus convaincant en étant plus court comme en variant quelque peu son propos (ce qui sera également le cas de « Goddess Of Abominations » certes plus réussi et varié mais qui souffre grosso-modo des mêmes maux).
Heureusement quand les Suédois appuient sur l’accélérateur le résultat est nettement plus marquant, comme l’équilibré « The Vile God Of Slime » qui joue largement sur les montagnes russes pour amplifier la profondeur de son propos, ou encore l’impeccable « Bow To None » aux cassures nombreuses et au relatif équilibre rythmique d’où ressort une certaine nostalgie quand les nuages commencent à se dissiper. D’ailleurs une fois le court interlude (« De Profundis ») passé ce ressenti va apparaître plus longuement sur le lumineux et profond « The Hourglass », riche en harmonies et où rôde l’esprit de DISSECTION et du regretté Jon Nödtveidt… vu qu’entre quelques rasades de tabassage et rapidité explosive on entend de la mélodie affirmée via notamment un long solo triste mais plein d’espoir comme si quelque chose d’autre attendait le défunt après son départ terrestre. Et comme cela ne suffisait pas la longue conclusion intitulée « To Those Who Have Rode On » va nous gratifier d’une ouverture et d’une conclusion jouée en acoustique, où règnent la tristesse et la pluie qui tombe agrémentées d’arpèges apaisants mais inquiétants… qui ne sont pas sans rappeler ceux de « Waters Of Ain » de WATAIN, ce qui n'est pas un hasard. En effet cette composition va avoir comme invité son leader Erik Danielsson venu pousser la chansonnette et amener avec lui une écriture qui se montre très épique, basée sur du mid-tempo entraînant et des riffs directement inspirés par l’œuvre de son travail collectif vénéré et respecté. Ici donc pas d’excès de rapidité mais au contraire c’est maîtrisé et pépère mais sans jamais être propice à la sieste, vu qu’outre du lead là encore très mélodique l’envie de secouer la nuque est présente concluant ainsi le voyage vers l’au-delà du disparu qui trouve la paix et la sérénité… confirmant aussi qu’IN AETERNUM a bien fait de revenir aux affaires, et que c’est la grosse surprise de ce début 2026.
Car malgré quelques faiblesses et baisses de régime qui auraient pu être préjudiciables à l’ensemble, celui-ci reste attractif la majeure partie du temps tant le reste proposé est largement convaincant et homogène tout en osant jouant sur une certaine diversification réussie. Si évidemment tout cela n’a rien d’un classique en puissance force est de reconnaître que les Scandinaves remettent les pendules à l’heure et montrent qu’ils ont de beaux restes tout comme encore des choses à exprimer. A voir désormais si tout cela n’est qu’un feu de paille ou un vrai redémarrage dans le temps, mais pour l’instant on appréciera aisément ce renouveau pas si inutile qu’on aurait pu le croire à l’origine et qui montre que ces vétérans locaux ont toujours quelque chose à dire car ça s’écoutera facilement de façon attentive comme en dilettante, preuve donc du résultat largement convaincant qui comblera sans peine beaucoup de monde et même les plus exigeants.
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