Nightspell - Darkness Spreads Around
Chronique
Nightspell Darkness Spreads Around (EP)
Ayant récemment levé le voile sur son identité jusque-là inconnue Vladislav Biedniy continue de façon régulière à produire de la nouveauté de qualité, et ce malgré la situation géopolitique actuelle de son pays et d’un manque criant de visibilité qui ne nuisent ni à sa motivation ni à son talent. Un peu plus d’un an après le très réussi
« Darkwoods Enchantment » le revoici donc avec cinq nouveaux morceaux tout aussi impeccables que les précédents, et qui reprennent les choses où elles en étaient restées… à savoir un voyage tortueux dans les fjords de Norvège durant les 90’s. Et pendant vingt-cinq minutes on continue de retourner vers cet âge d’or béni des anciens dieux vikings car entre la nuit intégrale, la froideur de l’hiver et la blancheur immaculée le jeune et fougueux ukrainien livre encore une prestation de haut-vol où l’on va être scotché de la première à la dernière seconde.
Car une fois la courte introduction passée (où un vieux piano aux accents horrifique se fait entendre) la suite va être d’une homogénéité constante vu que le dynamisme ne va jamais baisser en intensité, comme le prouve immédiatement « Endless War » qui après une montée en pression régulière va jouer sur le grand écart entre blasts débridés et parties lentes où les cassures et roulements de batterie sont continus. Montrant en prime un visage rampant où la nuit et la froideur désespérée englobe l’auditeur vers des températures largement en dessous de zéro, tout cela signe ainsi une composition imparable et pleine de maturité, via aussi une production à l’ancienne un peu crade mais totalement équilibrée et audible. Une fois cela terminé place à la redoutable doublette « Cold Ground » / « Thirst For Blood » qui va mettre en avant beaucoup de mid-tempo et offrir ainsi un résultat guerrier et épique, ponctué de quelques accélérations fulgurantes et de légères atmosphères nostalgiques… clin d’œil sans doute aux morts et disparus du conflit qui s’éternise venant de l’encombrant voisin. Offrant donc de longues chevauchées remuantes les pieds collés dans la neige hivernale au milieu des immenses forêts slaves, on y voit donc autant l’œuvre de mère nature que du diable qui se cache sous une forme plus humaine qu’on ne pourrait le croire de base, tout cela avant que le violent « Green Knight » ne vienne surprendre quelque peu par une influence Black N’Roll très marquée. Car si la majeure partie du temps ça oscille entre brutalité massive et relents en médium pour headbanguer on y voit aussi quelques passages très entraînants typiques de ce que peut proposer régulièrement SATYRICON, et qui amènent ainsi une densité renforcée à une composition déjà impeccablement exécutée, et qui permet donc de lancer « Ritual » qui va être une longue récitation de fureur incandescente remplie d’accents militaristes. En effet ici le chaud et la glace tels Charybde et Scylla se mêlent intelligemment l’un à travers l’autre en se glissant dans le même schéma que proposé en amont, qui démontre que le chanteur et multi-instrumentiste sans en faire trop est suffisamment habile pour mettre en avant le classicisme et les variations à foison, sans risquer de lasser ou de se répéter.
En attendant donc un long-format que l’on espère entendre rapidement on se contentera sans problème de cet Ep qui confirme les belles promesses déjà entendues récemment de la part de son créateur, et qui prouve que malgré un rythme soutenu dans ses sorties il ne perd pas du tout la main… bien au contraire, car l’attractivité reste au rendez-vous sans jamais avoir le sentiment de linéarité malgré des riffs bateaux et une idée générale déjà largement exploitée par d’autres auparavant. Mais avec un talent pareil il n’a pas besoin de se gâcher la vie en risquant de perdre ce qui fait son charme, donc autant rester dans un sentier balisé qu’il maîtrise parfaitement et explore petit à petit en y ajoutant quelques ingrédients ici et là pour lui apporter plus de profondeur comme de couleurs. C’est exactement cela qui arrive sur ce « Darkness Spreads Around » d’où émerge une certaine tristesse qui file un souvenir apaisant et apaisé, rempli d’une violence agréable et d’une météo riche en dépressions qui plaira aussi bien aux plus exigeants qu’à ceux souhaitant bénéficier d’une initiation qualitative. Comme quoi sans en faire des tonnes mais avec culot, passion et brio on est capable de faire de grandes choses, et cela prouve une fois encore que la scène Black venue d’Ukraine reste parmi ce qui se fait de mieux encore aujourd’hui, et qu’elle reste encore bien vivace malgré les difficultés actuelles que rencontre sa nation… un signe de résistance à sa façon car elle ne compte pas mourir elle aussi.
DONNEZ VOTRE AVIS
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
AJOUTER UN COMMENTAIRE
Par Jean-Clint
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Samfisher
Par Sosthène
Par MoM
Par Raziel
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Cujo
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par AxGxB
Par DEMONIKA