Sarcasm - Lifeforce Omnibound
Chronique
Sarcasm Lifeforce Omnibound
Depuis le début de sa seconde carrière entamée il y a maintenant une décennie la formation menée par l’inusable Heval Bozarslan s’est faite une honnête réputation au sein de la scène de son pays, comme à l’international d’ailleurs… à savoir celle d’un outsider sérieux et sincère, régulier dans ses sorties et à la qualité toujours présente mais auquel il a toujours manqué un petit truc pour véritablement devenir incontournable. Et même si on sait exactement de quoi va être fait le contenu de chacun des albums du combo on est toujours satisfait à l’écoute, vu qu’on y obtient exactement ce que l’on attend et c’est bien le principal même si les gars ont la bonne idée d’offrir quelques passages plus personnels et différents, afin de surprendre et éviter ainsi une certaine monotonie. Autant le dire de suite ce « Lifeforce Omnibound » ne va absolument pas dépareiller dans la désormais conséquente discographie de ses auteurs, qui évoluent dorénavant sous la forme d’un quatuor après le départ non remplacé du guitariste historique Anders Eriksson (complété par l’arrivée à la basse de Philip Borg en lieu et place de Jonas Söder présent depuis 2016 et parti vers d’autres horizons) sans que cela ne change quoi que ce soit finalement, tant musicalement ça reprend avec efficacité ce qui a été fait auparavant.
Car dès les premiers instants de l’ouverture « Essence Of Existence » on est totalement rassurés par le contenu proposé qui balance de longues rangées de blasts gelés calés entre des passages rapides endiablés et des parties plus lentes d’obédiences tribales où la noirceur totale succède à la neige intempestive. Offrant donc un rendu très classique mais absolument redoutable ce titre sans surprises montre que l’entité malgré ses remaniements internes est aussi en forme, et ce ressenti positif va être immédiatement conforté par « Altering The Perception » qui reprend les mêmes ingrédients qu’auparavant en y injectant plus de puissance sur ses versants les plus opposés, afin de créer une densité plus marquée comme un dynamisme aussi conséquent. Là-encore le résultat proposé est franchement convaincant et cela va être présent également sur la majorité des morceaux restants à venir, difficile en effet de reprocher quoi que ce soit aux énergiques « Crumbling Mind Edifice » et « Empirical Life Metaphysical » qui misent sur une vision plus frontale et rudimentaire du côté de l’écriture, où ça tabasse vertement et de manière presque continue en gardant en permanence la vitesse exacerbée… sans jamais voir pondre une once de lassitude vu que ça ne traîne jamais inutilement en longueur. Et comme pour mieux prendre le contrepied à ce rendu viril mais correct « Be Dead » va au à contrario ralentir fortement pour jouer principalement sur la lenteur au tapis de double proéminent, et même si ça explose par intermittences tout ici est franchement oppressant et humide puant la mort et le cadavre par tous les pores, et on se rend compte ainsi que la dénomination donnée convient parfaitement à ce que l’on entend ici. On pourra aussi faire le même constat positif de « Plunged Into A Paradox » où le ton est donné dès les premiers instant avec ces cloches mortifères et ce ressenti putride et inquiétant, où un épais brouillard va apparaître afin d’envelopper cette rythmique bridée de façon quasi définitive pour y apposer sa patte qui nous enveloppe délicatement vers un destin dans l’au-delà, vu que la faucheuse est constamment dans les parages prouvant s’il le fallait que les mecs en levant le pied savent être redoutables quand ils gardent un schéma sobre et sans chichis.
Malheureusement ensuite (et un peu comme d’habitude) le groupe va aussi avoir ses moments de faiblesse où l’intérêt diminue à cause de longueurs évitables comme de l’ajout de certaines idées pas franchement réussies… c’est le cas ici de l’interminable « The Reward Of Adversity », qui malgré quelques bonnes idées va être plombé également par des cassures à foison qui cassent la dynamique à l’instar de ces plans éthérés et acoustiques qui tombent totalement à côté. On pourra d’ailleurs dire la même chose pour « A Concept Older Than Time » trop pantouflard et à rallonge où les ambiances aériennes n’amènent absolument rien, hormis faire décliner une plage qui n’avait déjà pas besoin de cela pour tomber à côté. Mais heureusement ces erreurs de parcours restent minoritaires au sein d’un long-format malgré tout fort agréable (et conclu par une reprise assez fidèle - quoi que plus aiguisée et vindicative - du « Onslaught Without Mercy » des obscurs compatriotes de DAMIEN, et publié initialement en 1986), et qui sans être indispensable se greffera sans problème dans le reste des réalisations de ses géniteurs.
Sans donc changer la donne pour eux ce nouveau cru satisfera facilement leurs fans et a de quoi intéresser ceux qui ne les connaissent pas encore, sans pour autant qu’ils y reviennent fréquemment. Mais là n’est pas la question vu qu’on ne peut qu’être admiratif de cette deuxième vie des Nordiques qui après bien des galères ont su se forger une réputation très honnête à un âge avancé, et l’on souhaite pour eux que cela dure encore longtemps vu qu’ils ont l’amour du travail bien fait tout en continuant leur petit bonhomme de chemin envers et contre tous. A cela personne n’y trouvera rien à redire surtout avec cette bonne habitude d’offrir quelque chose d’honnête et sérieux à chaque fois, où les nombreux bons points l’emportent largement sur ceux moins intéressants… on s’écoutera donc tranquillement ce nouveau chapitre que l’on soit attentif ou non avec le même plaisir à chaque fois sans risquer de s’ennuyer.
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