chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
195 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Suffocation - Breeding The Spawn

Chronique

Suffocation Breeding The Spawn
Rares sont les groupes qui ont acquis le statut de cultes dès leur premier album. On pense à Metallica, Machine Head ou Korn mais en death, celui qui a révolutionné le genre c'est bien Suffocation, avec le cultissime "Effigy Of The Forgotten" en 1991. Deux ans après cette perle, les New-Yorkais font à nouveau parler d'eux en larguant un "Breeding The Spawn" sur une scène à jamais transformée. Autant dire que le groupe était attendu au tournant. Allaient-ils confirmer leur supériorité ou allaient-ils se contenter de sortir un "Effigy Of The Forgotten" bis? La réponse leur est largement favorable, bien qu'il faille dans un premier temps tempérer les éloges.

Et oui car à la première écoute, disons le tout de suite, cet album déçoit. Il déçoit parce qu'à cette fameuse première écoute on fait bien trop attention à un facteur capital pour notre chère musique, la production. Et cet album est en effet mal produit. "Effigy Of The Forgotten" n'était pas un modèle du genre mais là c'est vraiment médiocre. Voilà ce que c'est d'avoir laisser tomber Scott Burns! Le groupe a fait appel à Paul Bagin et le résultat s'en ressent. Les guitares sont trop en retrait, manquent de puissance et donc d'impact, ce qui vous vous en doutez nuit quelque peu à l'efficacité et au plaisir de l'écoute. Mais le pire reste la batterie. On a l'impression d'avoir affaire à un kit en plastique Playskool tellement les toms sonnent plat. En plus, la batterie est mixée bien trop en avant et c'est le fouilli le plus total sur les blast-beats... Le grand Mike Smith n'a vraiment pas eu un son à la mesure de son jeu. Il est déjà difficile de rentrer dans un album de Suffocation vu la complexité des structures et l'avalanche de riffs qui déferlent sur nous, et du coup cela devient un sacré défi.

Pourtant, petit à petit, au fil des écoutes, on s'y habitue ou plutôt on essaye d'oublier et on commence à prendre conscience du potentiel de cet opus. Le groupe continue sur la voie ouverte par son premier album et approfondit le concept de technicité: les structures des morceaux sont encore plus tortueuses, les changements de rythme incessants et inattendus encore plus nombreux, les breaks plus lourds et plus lents ("Breeding The Spawn", "Ornaments Of Decrepancy", "Ignorant Deprivation"!!), les riffs plus complexes, les harmoniques sifflantes plus utilisées (l'énorme break de "Prelude To Repulsion"), les solos, bien que toujours chaotiques, plus construits ("Anomalistic Offerings, "Ornaments Of Decrepancy"), les ambiances oppressantes plus travaillées (notamment grâce à basse). Pour faire court, les compos sont plus abouties. Et puis la production n'a pas que des mauvais côtés. Si les guitares et la batterie en ont pris un coût, le chant et la basse ont été épargnés. La voix impressionnante de Frank Mullen a évolué et prend une direction moins gutturale, plus "audible". Il a enlevé les deux mains de son micro et a ainsi gagné en puissance et en personnalité. LA voix Suffo se met en place. Mais la palme d'or (remarquez la référence subtile à l'actualité cinématographique) est décernée à un autre membre, Chris Richards, qui a entre-temps remplacé Josh Barohn au poste de bassiste. La basse est ici l'instrument qui fait toute la différence. Si vous êtes fans de quatre-cordes, vous allez prendre votre pied, je vous le garantis! Omniprésente, parfaitement mise en valeur par le mix, vagabonde, celle-ci est une pure merveille. Affranchie de toutes obligations envers les guitares, la basse se laisse aller, toute heureuse de son indépendance ("Beginning Of Sorrow", le génialissime "Breeding The Spawn", "Epitaph Of The Credulous" et "Ignorant Of Deprivation" offrent les meilleures lignes). Elle vous fera bien souvent frissoner en installant des ambiances aussi froides que la pochette de l'album.

"Breeding The Spawn" est un album qui ne s'apprécie que si vous lui laissez le temps. Sa complexité, sa richesse, sa brutalité, sa froideur et malheureusement sa production ne facilitent pas la tâche mais une fois dompté, il s'avère proprement excellent. Suffocation confirme son énorme potentiel et compte bien s'installer sur le trône pour longtemps (aucune allusion à une quelconque constipation ici je vous vois venir!). Pourtant, à cause de cette satanée production, les Américains sont passés à côté de quelque chose de vraiment très grand comme l'avait été "Effigy Of The Forgotten". Le groupe aurait mérité un son à la hauteur de son talent, pour magnifier ses géniales compos. Ce problème sera résolu avec le retour de Scott Burns sur l'album suivant, "Pierced From Within", considéré comme beaucoup comme l'un des tous meilleurs albums de death de l'histoire.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Suffocation
Brutal Death technique
1993 - Roadrunner Records
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (21)  7.9/10
Webzines : (7)  6.42/10

plus d'infos sur
Suffocation
Suffocation
Brutal Death Metal - 1989 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Beginning Of Sorrow  (04:16)
02.   Breeding The Spawn  (04:47)
03.   Epitaph Of The Credulous  (03:45)
04.   Marital Decimation  (04:06)
05.   Prelude To Repulsion  (04:49)
06.   Anomalistic Offerings  (04:41)
07.   Ornaments Of Decrepancy  (04:42)
08.   Ignorant Deprivation  (04:50)

Durée : 35:56

line up
parution
18 Mai 1993

voir aussi
Suffocation
Suffocation
Suffocation

2006 - Relapse Records
  
Suffocation
Suffocation
Human Waste (EP)

1991 - Relapse Records
  
Suffocation
Suffocation
Souls To Deny

2004 - Relapse Records
  
Suffocation
Suffocation
... Of The Dark Light

2017 - Nuclear Blast Records
  
Suffocation
Suffocation
Pinnacle Of Bedlam

2013 - Nuclear Blast Records
  

Essayez aussi
Disavowed
Disavowed
Stagnated Existence

2007 - Neurotic Records
  
Emeth
Emeth
Insidious

2004 - Brutal Bands
  
Virvum
Virvum
Illuminance

2016 - Autoproduction
  
Lecherous Nocturne
Lecherous Nocturne
The Age Of Miracles Has Passed

2008 - Unique Leader Records
  
Grotesque
Grotesque
Museum Of Human Disease

2007 - Prime Cuts Music
  

Pig Destroyer
Head Cage
Lire la chronique
Crystal Sun
The Trace You Left
Lire la chronique
Live Report Esodic - Anthares
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
Dreaggan
Eternal Fire (EP)
Lire la chronique
Misfire
Product of the Environment
Lire la chronique
Disarray
The Darkening (EP)
Lire la chronique
Breakdown
Divide and Konquer (EP)
Lire la chronique
Bilan 2025
Lire le bilan
La photo mystère du 16 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Testament
Para Bellum
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Agressor
Medieval Rites
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Bloodfield
Homunculus sapiens
Lire la chronique
Brutal Decay
Slaughter in Hell
Lire la chronique
Carnage Inc.
Carnage Inc. (EP)
Lire la chronique
Deathhammer
Crimson Dawn
Lire la chronique
Flesh Storm
The Path Of The War
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Centinex
With Guts And Glory
Lire la chronique
Entretien avec Anthares
Lire le podcast
The Ultimate Soul Grinding Festival - Last Inhumate Show Ever
Illegal Corpse + Inhumate +...
Lire le live report
Warfield Within
Rise of Independence
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Novembre 2025
Jouer à la Photo mystère
R.B.Band
Chains of silence (EP)
Lire la chronique
Ordered To Kill
Endless War
Lire la chronique
Reabilitator
Fucking Thrasher
Lire la chronique
Hexecutor
…Where Spirit Withers In It...
Lire la chronique
Live Report Muscadeath 2025 2ème jour (samedi)
Lire le podcast
Live Report Muscadeath 2025 1er jour (vendredi)
Lire le podcast