Pour ce nouvel album paru en février dernier chez Relapse Records, les Californiens d’Exhumed ont choisi pour thématique les accidents de la route. Corps mutilés, tripailles déballées au grand air, tôle froissée et généralement maculée de sang... le registre offre sans aucun doute de quoi alimenter tout un tas de paroles toutes plus explicites les unes que les autres. D’ailleurs
Red Asphalt n’est pas qu’un titre fort à propos mais également un clin d’œil à une campagne de prévention routière opérée en Californie dans les années 60 et 70 et dont la particularité était d’être extrêmement graphique (en tout cas pour l’époque) afin de dissuader évidemment le plus grand nombre d’aigles de la route et autres fous du volant à céder à l’appel grisant de la vitesse sur route ouverte.
Afin d’illustrer ce onzième album (un peu moins si l’on considère
Garbage Daze Re-Regurgitated et
Gore Metal: A Necrospective 1998-2015 comme de simples exercices de style), les Américains n’ont pas eu à chercher bien loin puisque c’est Ross Victor Sublett aka Ross Sewage (chant, basse) qui s’en est effectivement chargé. À cette occasion, celui-ci nous offre une composition grand-guignolesque tout à fait raccord avec ce titre et ces thématiques abordées ici-même et qui à défaut de marquer durablement les esprits, laisse supposer que rien n’a vraiment changé chez nos quatre Américains... En effet, avec derrière lui trente-cinq ans de carrière, Exhumed a depuis belle lurette fini de nous surprendre. D’ailleurs, lui qui a toujours marché plus ou moins ouvertement dans les pas d’un certain Carcass, est-il un jour véritablement parvenu à nous éblouir autrement que par la seule efficacité de ses compositions ? Je n’en suis pas vraiment certain...
De fait, vous comme moi savons très bien à quoi nous attendre à la découverte d’un nouvel album d’Exhumed et ce
Red Asphalt ne fait en aucun cas exception à la règle. Composé comme son prédécesseur de dix titres pour une durée relativement identique (trente-six minutes ici), ce nouveau longue-durée reprend sans aucune surprise les mêmes éléments distinctifs pour un résultat en tout point identique. Dans la lignée d’un
To The Dead à la fois direct et en même temps plus contrasté qu’un album comme
Horrors, ce nouvel album reprend le chemin de ce Death Metal aux oripeaux Goregrind sous-jacents qui fait le sel des Californiens depuis maintenant quelques années.
Toujours aussi soigneusement produit par une armée de petites mains allant de Sebastian Phillips à Michael Klein en passant par Scott Evans, Ross Sewage, Leon Del Muerte et bien évidemment Matt Harvey,
Red Asphalt voit Exhumed enchaîner les bourre-pifs avec l’aisance d’un groupe définitivement très à l’aise dans l’exercice de ses fonctions. Oscillant ainsi entre un petit peu moins de deux minutes (« Symphorophilia ») et quatre minutes bien frappées ("Red Asphalt"), l’essentiel de ces dix titres est effectivement mené bon train à coups d’accélérations plus ou moins soutenues. Entre fulgurances Thrash toujours aussi efficaces et entrainantes ("Unsafe At Any Speed" à 0:14, "Shock Trauma" à 0:24, "The Iron Graveyard" à 0:05, "Death On Four Wheels" à 1:31, "The Fumes" à 0:18...) et séquences de blasts relativement brèves mais toujours aussi redoutables ("Red Asphalt" à 2:20, "Shock Trauma" à 0:43, "The Iron Graveyard" à 0:22, "Crawling From The Wreckage" à 1:25, "Symphorophilia" à 0:05...), ce nouvel album des Américains ne manque clairement pas de panache.
Ceci étant dit,
Red Asphalt n’en demeure pas moins un album bourré de contrastes. Il y a d’abord ces quelques titres où le groupe lève véritablement le pied. Je pense notamment à "Red Asphalt", "Shovelhead" et une bonne partie de "Crawling From The Wreckage". On trouve également sur tout l’album d’autres séquences menées avec davantage de retenue comme sur "Unsafe At Any Speed" à 1:20, "Shock Trauma" à 2:15, "The Iron Graveyard" à 1:24 ou "Signal Thirty" à 1:43. Des instants qui sont l’occasion de calmer le jeu, d’insuffler une pointe de groove mais aussi d’entretenir une certaine dimension mélodique grâce à la présence de quelques solos forts sympathiques. Là encore, rien de nouveau ni rien de sorcier, mais avec trente-cinq ans de carrière derrière eux, Matt Harvey et sa bande savent parfaitement comment faire tourner leur boutique. Dans le même ordre d’idée, on appréciera toujours autant la complémentarité vocale dont font preuve messieurs Harvey et Sublett avec pour le premier un growl de hyène nerveux et agressif et pour le second un growl bien plus épais pas loin de fricoter avec le siphon un tantinet bouché. Une complémentarité là encore bien rodée notamment lorsque nos deux hommes jouent le jeu des questions / réponses à un rythme d’enfer.
"What you see is what you get" ont l’habitude de dire les Américains à l’adresse de quelqu’un ou de quelque chose ne faisant aucun mystère de ce qu’elle est et qui donc ne réserve aucune surprise particulière. C’est une phrase qui ne peut pas mieux coller à Exhumed en général et à ce nouvel album en particulier puisque ces trente-six minutes s’inscrivent effectivement dans la continuité des précédents travaux de la formation. Aussi en allant écouter un album des Californiens personne n’attend d’eux d’être chamboulé par un sursaut d’originalité ou par de quelconques prises de risques à même d’insuffler un vent de fraîcheur. Non, tout ce que l’auditeur désire ce sont des tripes, du sang, du second-degré et une efficacité de tous les instants ce que
Red Asphalt propose sans surprise à chaque instant de cette grosse demi-heure généreuse et donc toujours aussi bonnarde. Voilà donc, même s'il n'apporte rien de neuf, un album de plus à ajouter à une discographie toujours aussi solide malgré les années qui passent...
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