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Six Feet Under - Next To Die
Chronique
Six Feet Under Next To Die
Ayant légèrement retrouvé de l’allant avec un
« Killing For Revenge » certes inégal mais contenant quand même quelques titres imparables le quintet a donc surfé sur cette relative bonne dynamique en retournant très vite en studio, vu qu’à peine deux ans se sont écoulés depuis cette surprise que plus personne n’espérait et qui confirmait que les gars arrivaient encore à être assez efficaces quand ils se sortaient les doigts du cul. Si évidemment on ne va rien attendre de particulier de ce nouvel album il faut bien avouer qu’une certaine curiosité va nous titiller, afin de prouver si ce regain de forme relatif n’était que passager ou s’il est encore présent aujourd’hui… et avec la stabilité de son line-up qui n’a plus évolué depuis presque une décennie on pouvait être raisonnablement optimiste, mais aussi malheureusement réaliste.
Car force est de reconnaître qu’on va immédiatement déchanter avec cette infâme ouverture intitulée « Approach Your Grave » qui ne va jamais décoller, à cause principalement d’une rythmique bridée en permanence et d’une écriture tellement minimaliste et répétitive qu’elle nous tape immédiatement sur le système. Tout ça en prime avec cette caisse claire hyper sèche, ce son de basse grassouillet mais surtout ces guitares inoffensives qui manquent totalement de puissance… comme de couilles, du coup entre ça et un rythme lourd propice à s’endormir on n’est clairement pas dans les meilleures conditions pour accrocher à cette galette. Et « Destroyed Remains » ne va rien arranger à l’affaire car même si ça lâche enfin les chevaux cela reste trop éphémère pour captiver sur la durée, surtout que là encore on doit se farcir quelque chose d’ultra lourd et bridé à l’intérêt inexistant, où en plus la durée est largement excessive. Bref on a donc droit pour commencer à deux morceaux beaucoup trop longs à l’encéphalogramme désespérément plat, et qui s’essoufflent à une vitesse folle vu qu’on ne retient absolument rien… hormis l’envie de zapper le plus rapidement possible vers un rendu plus intéressant. Et cela va finir par arriver avec la triplette « Mister Blood And Guts » / « Mutilated Corpse In The Woods » / « Unmistakable Smell Of Death », qui sans faire grimper aux rideaux dévoile quelques arguments sympathiques en jouant sur l’alternance entre rapidité enfin exacerbée et parties au ralenti plus intéressantes (où se greffe ici et là des plans en médium pour donner de l’entrain à l’ensemble). C’est basique au possible et très prévisible mais ça arrive quand même à relever l’intérêt d’un disque qui pour l’instant n’en possédait aucun, et avec cette simplicité et explosivité retrouvées on est tentés de tendre l’oreille qui appréciera cela tranquillement en dilettante, car il ne faut pas non plus trop en demander.
Heureusement d’ailleurs qu’on a profité ces quelques minutes agréables car les restantes à venir ne vont être qu’un long chemin de croix poussif et franchement énervant, car on sent bien que les mecs ne se foulent vraiment pas en faisant aucun effort… quitte à bâcler leur travail, ce qui est limite du foutage de gueule. En effet entre « Wrath And Terror Takes Command » qui s’essouffle plus vite qu’un asthmatique et l’ennuyeux « Skin Coffins » à la dynamique inexistante et beaucoup trop répétitif on n’a vraiment pas de quoi s’emballer, et que dire aussi du chiantissime « Mind Hell » qui malgré ses influences Punk ne s’emballe jamais… tant on a la sensation que ses auteurs n’osent pas lâcher les chevaux. Tout ça avant le bouquet final composé de la doublette pantouflarde et linéaire « Naked And Dismembered » / « Grasped From Beyond » qui malgré l’apparition de blasts et de pointes de vitesse rapides bienvenues est beaucoup trop quelconque pour pouvoir retrouver de l’attrait, surtout que ça donne l’impression de durer une plombe alors que ça n’est pas le cas… un point donc qui prouve le ratage de ces deux plages comme celles d’avant et à venir. Zappons donc tout de suite « Next To Die » redondant au possible (malgré son mid-tempo ponctué de ralentissements trop mous) pour passer à l’abominable « Ill Wishes » qui sort des sentiers battus en ratant totalement sa cible, vu qu’on va avoir droit en guise de conclusion à un rendu très sombre ponctué d’arpèges doux et de voix chuchotées qui ne servent à rien, hormis remplir un peu plus un long-format qui n’avait pas besoin de ça.
On peut donc comme d’habitude passer facilement son tour et continuer à se moquer légitimement de Chris Barnes et de ses comparses qui continuent à creuser leur propre tombe bien au-delà des six pieds sous terre, vu que s’accentue avec le temps sans espoir de renouveau… et ce malgré quelques rares éclairs de lucidité et d’accroche dans cet océan de médiocrité. Hormis quelques rares solos bien exécutés qui retiendront l’attention pour le reste on pourra retourner faire la sieste et vaquer à d’autres occupations plus utiles que de se farcir cette galette, qui fera la joie des bacs à soldes d’ici peu. Passé maître dans l’art du recyclage éhonté la formation ne cherche même plus à masquer cela, preuve donc d’un je-m’en-foutisme généralisé et cela est inadmissible quand on voit le pedigree de chacun des musiciens qui feraient sans doute donc mieux de prendre leur retraite plutôt que de nous pondre ce genre de trucs dont tout le monde se fout royalement… à part provoquer des rires gênés et devenir un sujet de railleries récurrent en devenant une véritable caricature.
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