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Thorium - Suburban Rot

Chronique

Thorium Suburban Rot
En termes de temporalité de sorties le groupe nous aura tout fait depuis ses débuts, commençant de façon rapide avant de vite ralentir la cadence de manière vraiment marquée… puis de retrouver un rythme régulier au prix d’un album tous les deux ans environ (ce qui coïncide également avec une stabilité du line-up). Il était donc logique que ce septième opus voit le jour durant ce créneau pour faire suite au très sympathique « The Bastard », qui voyait le quintet continuait à dérouler ses gammes sans chercher à se réinventer et ce qui lui va franchement très bien. On se doutait donc facilement que ce nouveau chapitre des Danois n’allait pas dépareiller par rapport à ses récents prédécesseurs, et effectivement c’est ce qui se passe vu que les gars continuent d’envoyer un bon vieux Death à la fois lourd et intense, avec juste ce qu’il faut de technique et de variations indispensables mais sans pour autant avoir besoin d’un doliprane pour suivre ce qu’il se passe. Car comme d’habitude on va avoir droit à de très bons titres mais aussi à d’autres plus moyens et quelconques ainsi qu’à quelques longueurs évitables, mais sans que tout cela ne remette en cause la qualité générale d’un disque sérieux et appliqué qui s’écoute tranquillement.

D’ailleurs celui-ci va débuter de fort belle manière avec le très bon « Abra Macabre » au dynamisme franchement marqué et aux nombreuses variations, vu que ça va jouer autant sur les ralentissements que la vitesse mais sans oublier de caler en son sein de quoi faire un headbanging rugissant. Ne réinventant rien mais faisant parfaitement son office ce premier morceau montre en tout cas que ses auteurs savent toujours être efficaces quand ils passent leur temps à jouer les montagnes russes, tant ça groove et étant porté par du riff tout en sobriété et immédiatement accrocheur… ce qui sera aussi le cas des impeccables « Endless Disgust » et « Open Wounds » plus sombres et massifs, mais où les accélérations ne sont pas absentes. Jouant sur des versants syncopés l’entité livre ici une vision opaque et brumeuse aux ambiances humides vu que ça reste souvent bridé, dévoilant donc une facette inquiétante (et ce même quand les chevaux sont lâchés avec fluidité) qui font ainsi de cette doublette quelque chose de propre et relativement équilibré, où le grand-écart plus marqué sert ainsi de rampe de lancement aux redoutables « MG42 » et « Suburban Rot » où l’explosivité va reprendre la main. En effet ici retour à la violence primale et à la rapidité simplissime via un versant primitif et énervé qui ne ralentit qu’en de rares occasions en son centre, pour mieux ensuite assommer l’auditoire à grands coups de latte du batteur qui offre lui aussi une prestation hyper professionnelle et sans chichis, parfaite donc pour se vider le crâne et évacuer tous les soucis du quotidien.

Si cette première partie s’est déroulée sans accrocs ni envie de regarder la montre en revanche cela sera différent sur la seconde qui va contenir néanmoins des moments très réussis mais également s’essouffler légèrement, mais pour l’instant tout cela va repartir impeccablement avec l’équilibré et entraînant « Shelter » qui nous gratifie de l’ensemble du panel des tempos de la bande, exécutés brillamment et avec implication. Cependant à partir de « The Collector » on va peu à peu piquer du nez et attendre ardemment le retour des accélérations, vu que ça va abuser de la lenteur sur cette plage (malgré son côté étouffant proéminant et réussi) plombée par des longueurs et une redondance marquée qui vont s’accentuer sur « Bring The Children To Me » et « The Undead » où ça ne va jamais véritablement décoller. La faute ici à un ensemble qui reste désespérément plat et calé en permanence sur le frein sans arriver à prendre de l’envergure, et ce malgré un versant oppressant et putride intéressant rempli d’humidité mais qui ne change pas d’un pouce et maintient donc l’encéphalogramme à un niveau de platitude extrême, créant ainsi rapidement un sentiment de linéarité qui ne s’effacera nullement. On aurait aimé donc un soupçon d’alternance et que ça ne s’étire pas si longuement, vu que les ingrédients présents auraient pu être parfaitement intégrés mais ça ne fait finalement que reprendre en boucle les mêmes plans… tout en étant relativement pantouflard. Mais après ce coup de mou passager « Crucified » va terminer cet long-format de bien meilleure manière en retrouvant de l’énergie comme de la puissance, livrant donc une ultime composition intense et sans compromis avec juste ce qu’il faut de ralentissements pour gagner en densité, et montrer que ce schéma direct et frontal est clairement ce que ses auteurs font de mieux.

S’ajoutant donc à sa longue discographie ce cru 2026 n’offre donc rien de bien neuf et se cale aisément dans la moyenne des précédents, sans véritablement s’en démarquer mais offrant typiquement ce qu’on recherche musicalement. Alors oui il n’est pas certain qu’on y revienne fréquemment mais malgré tout ça possède un charme légèrement désuet, franchement sympathique et bourré de bonnes intentions qui font donc qu’on passera outre les petits défauts déjà évoqués pour mieux apprécier cet enregistrement sincère, et majoritairement convaincant qui a ce qu’il faut pour faire mal aux cervicales. Prouvant donc que malgré l’arrêt définitif de nombre de ses noms emblématiques dans le Metal de la mort le royaume du Danemark a encore quelques vieux vétérans en pleine forme et prêts à dégainer des cartouches au moindre signe de faiblesse, même s’il faut bien reconnaître que la place devient de plus en plus difficile à tenir devant l’invasion de jeunes loups locaux beaucoup plus inspirés. Pour l’instant donc THORIUM arrive encore à tenir son rang mais l’écart se réduit progressivement, attention donc à ne pas se laisser endormir comme se reposer sur ses lauriers qui se fanent lentement mais sûrement… rien de grave encore mais attention quand même pour le futur, même si on n’est pas encore trop inquiets à l’heure actuelle.

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Thorium
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Chroniqueur : 7/10
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Thorium
Thorium
Death Metal - 1997 - Danemark
  

tracklist
01.   Abra Macabre
02.   Endless Disgust
03.   Open Wounds
04.   MG42
05.   Suburban Rot
06.   Shelter
07.   The Collector
08.   Bring The Children To Me
09.   The Undead
10.   Crucified

Durée : 41 minutes

parution
6 Juin 2026

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