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Devourment - Pious Impiety

Chronique

Devourment Pious Impiety (EP)
En 2019, avec « Obscene Majesty », Devourment surprenait tout le monde avec un album assez inattendu en mode « retour aux sources » après deux efforts un peu plus génériques. Totalement débridé et débilement extrême, ce cinquième opus des Texans remettait l’église au milieu de Dallas, rappelant à tout le monde qui étaient les patrons en matière de brutalité mise en musique. Sept ans plus tard la bande à Ruben Rosas a décidé de nous surprendre encore avec la sortie inattendue d’un nouvel EP trois titres que rien n’avait (a priori) annoncé. Petits cachottiers ! Il va sans dire que je n’ai pas tardé à m’enfiler les presque douze minutes de ce « Pious Impiety » et ce avec d’autant plus d’excitation que les ogres texans comptent désormais en leurs rangs le guitariste Marvin Ruiz des excellents Stabbing. Une recrue on ne peut plus pertinente tant ces derniers (que je vous invite fortement à découvrir si ce n’est pas déjà fait) figurent parmi les meilleurs rejetons actuels de la scène extrême texane.

Avec sa superbe pochette (j’attends avec impatience mon t-shirt !) une fois de plus signée Stefan « Atterigner » Todorović (chanteur de Gorgoroth) à qui on devait déjà celle d’« Obscene Majesty », Devourment nous dévoile ici trois nouveaux titres dans la droite lignée de ce dernier. Pas de crainte donc, le départ de Chris Andrews ne se fait aucunement ressentir et Marvin Ruiz assure la succession avec maestria, je n’en doutais pas une seconde. En effet si les Américains ont choisi la surprise en termes de timing, le contenu de « Pious Impiety », lui, ne prendra personne par défaut. Vous pouvez d’ores et déjà ressortir votre dictionnaire des synonymes et faire tourner tout le champ lexical du gras, du lourd, du vicieux. Avec une production encore plus massive (!) que celle du dernier album (un niveau de basses indécent), ce nouvel EP est un véritable rouleau compresseur qui en seulement onze minutes et cinquante-huit secondes délivre un maître étalon de ce que peut (devrait ?) être le brutal slam death en 2026, style qu’ils ont contribué à façonner avec le légendaire « Molesting The Decapitated » en 1999 et qui a engendré au fil des années le meilleur comme le pire. Pas de chichi ici, pas de fioritures, juste la musique la plus dégoulinante, imposante, adipeuse et débile possible. Oui clairement Devourment n’a pas voulu relever son Q.I. musical et c’est tant mieux. Les trois titres assénés ici sont là pour faire ressortir vos plus bas instincts, alors écartez les enfants et tout ce qui casse, branchez votre cerveau en mode reptilien et appuyez sur lecture. Après quarante-trois secondes d’une intro fleurant bon la démence et le blasphème, vos tympans seront pilonnés sans discontinuer avec tout ce que le quatuor sait faire de mieux : des assauts en mode matraquage sans pitié à gros coups de blasts et de quelques gravity (restant assez rares toutefois), de rasades de double pédale mitrailleuse, accompagnant le riffing hyperlipidique du sieur Ruiz qui évidemment en fait pas non plus dans la dentelle. Et quand le combo rétrograde c’est comme à son habitude pour nous balancer des passages ultra accrocheurs au groove indécent ou des ralentissements pachydermiques. Préparez-vous à secouer de la tête ou à remuer méchamment du popotin (« Ipous Impiety » à 51’’, « Mortiferous Dependency » à 10’’ ou 2’33, « Advanced Stage Decomposition » à 1’48) et quelques secondes après à vous ruiner les cervicales en mode gogole sur des breaks et slam parts titanesques (« Pious Impiety » à 2’45, « Mortiferous Dependency » à 29’’ puis 2’53, le début de « Advanced Stage Decomposition » puis à 2’25 et 3’46). La lourdeur et l’intensité affichées sur ces trois titres sont juste phénoménales, à l’instar de la prestation de Ruben Rosas. L’ex-taulard, même s’il a plus aujourd’hui la tête d’un conseiller clientèle de la Poste, déploie ici un growl putride et glaireux d’une profondeur abyssale, absolument jouissif ! C’est ultra massif, monolithique, régressif, bref ajoutez-y tous les adjectifs qui vous font plaisir, vous avez saisi l’idée.

Passons rapidement sur les sempiternelles lacunes consubstantielles au genre lui-même, oui c’est répétitif, oui c’est binaire, oui c’est de la musique de brutal neuneu, fatalement, mais le but n’est pas de vous élever l’esprit tout au contraire. Comme le disait mon collègue Keyser concernant « Obscene Majesty », c’est le genre de musique qui vous fait perdre quelques points de Q.I. à chaque écoute et parallèlement gagner quelques grammes de LDL. D’ailleurs reconnaissons que ce format E.P. sied finalement assez bien au style car tout redondant soit-il, difficile de décrocher sur trois titres. Bon c’est vrai qu’on aurait quand même bien mangé deux ou trois tartines dégoulinantes de saindoux supplémentaires pour le coup mais bon, c’est déjà ça que rien comme dirait ma chérie.

Avec un son bien fat et une batterie qui claque un petit peu plus que sur « Obscene Majesty », Devourment vient à nouveau de montrer au monde entier qui étaient les vrais patrons de la scène ultra-brutale, tous les ersatz qui se pensaient au niveau peuvent aller se rhabiller (on ne nommera personne pour être gentil). Les Texans viennent de sortir ce qui doit être le plus gros parpaing de 2026 jusqu’ici, en seulement trois titres... On avait été ravi de retrouver les autres vétérans de Brodequin il y a deux ans avec l’excellent « Harbinger Of Woe », Devourment a eu l’excellente idée de se rappeler eux aussi à notre bon souvenir. Les papys font plus que de la résistance qu’on se le dise, visiblement ça reste encore dans les vieux pots qu’on fait les soupes les plus grasses.

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Devourment
Brutal Slam Death Metal
2026 - Relapse Records
notes
Chroniqueur : 4/5
Lecteurs : (2)  3.5/5
Webzines :   -

plus d'infos sur
Devourment
Devourment
Brutal Slam Death Metal - 1995 - Etats-Unis
  

vidéos
Full EP
Full EP
Devourment

Extrait de "Pious Impiety"
  

tracklist
01.   Pious Impiety  (03:36)
02.   Mortiferous Dependency  (03:53)
03.   Advanced Stage Decomposition  (04:29)

Durée : 11'58

line up
parution
11 Juin 2026

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