chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
112 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Gorod - Transcendence

Chronique

Gorod Transcendence (EP)
Entre Gorod et Thrashocore c'est une belle histoire d'amour – platonique, on vous rassure – commencée avec la découverte par Niktareum de Leading Vision (il a mis du temps le pleutre), perpétrée avec le lobby excessif du regretté lapin jaune (qui malgré son grand âge n'est pas décédé mais est parti pour un monde meilleur) bien aidé par toute une rédaction ultra-enthousiaste à l'écoute de leur petit chef d'œuvre qu'est Process Of A New Decline. Il faut dire que Gorod est un groupe comme on en voit peu en France puisqu'il pratique un death metal de qualité là où la norme semble être à celui qui fera les pig squeals le plus bas et la mosh part la plus longue. Oui, comptez bien, ça fait déjà peu de monde. Alors quand on sait qu'en plus ils versent dans le death technique avec un style qui leur est propre, groovy mais pas chiant et encore moins avare en mélodies, on ne peut que goûter la chance d'avoir un pareil talent dans l'hexagone. Qu'elle semble lointaine aujourd'hui l'époque où Gorod n'était qu'un Gorgasm parmi d'autres, surtout quand on sait que leurs albums sont les produits les plus exportés du bordelais aux États Unis après le gros rouge qui tache. Pourtant ce petit EP nommé Transcendence est l'occasion de faire un petit tour dans le passé du groupe et clôt d'une fort belle manière une page de son histoire.

Car il faut le souligner, il n'y a que le titre éponyme qui soit véritablement une nouveauté sur cet EP, les quatre premiers morceaux ne sont en effet que des reprises : « Earth Pus » figurant sur Neurotripsicks, « Blackout » sur Leading Vision, et « Textures » sur l'inégalable Focus. La nouvelle version de « Earth Pus », qui ouvre Transcendence n'est qu'une version améliorée de l'originale semblable à celle que Gorod joue en live, avec les parties de batterie de Sam et sans le final un peu longuet de l'album. Les deux reprises acoustiques font l'originalité et une grande partie de l'intérêt de Transcendence tant elles transforment les originaux sans en perdre l'énergie ou la qualité rythmique tout en les transposant dans un univers plus apaisé où les mélodies complexes acquièrent toute leur pertinence. C'est particulièrement vrai pour « Earth Pus : Salvation » dont on reconnaît à peine les traits au premier abord et qui foisonne désormais de détails et d'arrangements avec divers instruments qui font de ce titre un bijou valant à lui seul l'achat de cet EP. Il faut également saluer la reprise de « Textures » de Cynic qui, même s'il elle n'atteint évidemment pas la qualité de l'original – hé, on parle de Cynic là – en particulier à cause d'une production étrangement brouillonne par rapport au reste de l'album, demeure en soi une petite prouesse technique. C'est très fidèle à la version floridienne, sauf au niveau de la batterie et surtout de la basse qui prennent quelques libertés de temps en temps, mais personne ne s'en plaindra vu qu'il aurait été idiot de défigurer ce monument qui tient autant du jazz fusion Holdsworthien que du techno-death. À moins que vous ne soyez du genre à penser que la Joconde à moustache sublime l'originale grâce à la puissance évocatrice de sa pilosité faciale est-allemande, bande de bobos dégénérés.

Bref ce qu'il y a de moins satisfaisant sur cet EP demeure sans doute ce que l'on attendait le plus, ce fameux morceau fleuve d'un quart d'heure dont j'entends parler depuis maintenant plus d'un an. Pourtant loin de moi l'idée de cracher dans la soupe puisque « Transcendence » est assurément un très bon titre, il aurait simplement pu être excellent sans quelques détails qui viennent, en ce qui me concerne, refroidir mon enthousiasme. Il faut savoir que c'est le premier titre où le nouveau vocaliste du groupe fait son apparition, lui qui provient de Zubrowska et qui est la principale des (nombreuses) raisons pour laquelle je n'ai jamais pu supporter ce groupe. Alors certes son chant clair au début du titre – bien qu'il m'en touche une sans faire bouger l'autre – n'est pas réellement désagréable, mais si la voix horrible de 1:30 à 1:40, juste avant que Guillaume reprenne ses droits, est bien de son fait, alors l'histoire d'amour que j'entretiens avec Gorod risque bien de se finir en engueulade à coup de vaisselle brisée et de bouteilles de vodka balancées par la fenêtre pour peu que cette tessiture vocale devienne récurrente. D'un point de vue plus instrumental, un début tranquille vient nous plonger dans une légère torpeur avant que le titre ne démarre vraiment à la fin de la cinquième minute et ne prenne son envol avec une ligne de tapping qui retrouve les standards d'excellence du précédent album, passage d'ailleurs sublimé par l'alternance entre Guillaume et Ross Dolan de Immolation. Et que dire de cette sublime transition au groove et aux mélodies soutenues par le chant clair très prog et parfaitement adapté de Mathieu, qui devrait d'ailleurs songer à réitérer l'expérience ? Voilà le niveau d'excellence que j'attendais de la part de Gorod. Dommage que le titre retombe comme un soufflet trop cuit dès la neuvième minute, ce qui coïncide d'ailleurs étrangement avec le retour des vocaux disgracieux vers 9:40. Malgré quelques bons riffs on ne retrouvera jamais la grâce de ces quelques minutes dans le dernier gros tiers du morceau, et une ligne de guitare acoustique un peu timide et assez abruptement achevée finira de laisser un sentiment étrange, entre expérimentations vocales malheureuses et structure définitivement trop sage, loin du côté épique d'un « The Path ». Il y avait la place pour faire non pas forcément plus ambitieux, mais surtout plus percutant.

Gorod demeure encore un groupe incontournable du paysage metallique français et file droit malgré quelques critiques étranges pour ne pas dire saugrenues (des vocaux death metal sur du death metal, c'est vrai que ça a de quoi en dérouter plus d'un). Malgré un deal avec Listenable Records pour leurs précédents albums, cette nouvelle œuvre des bordelais est autoproduite car aucun label ne semble avoir voulu prendre le risque de le sortir. C'est sans conséquence sur la qualité de l'EP puisque la production a été assurée avec brio par Mathieu, qui s'en est admirablement bien tiré. Par contre, c'est au niveau de la distribution que cela pêche et il vous faudra vous le procurer auprès du groupe si vous voulez avoir la chance de l'écouter, ce que je ne saurais que trop vous conseiller si jamais vous aimez le death metal riche et inventif, et si vous êtes curieux d'entendre ces deux excellentes reprises acoustiques. Transcendence est très certainement le point de pivot de la carrière de Gorod, transition entre un passé glorieux et un futur qui possèdera sans doute une identité sonore différente. Pour ma part je regrette d'ores et déjà les départs de Arnaud et surtout de Guillaume, et j'espère plus que vivement que Julien adaptera ses vocaux au style de Gorod, sans quoi je ferai également partie des idiots qui voudront voir le groupe virer au tout instrumental.

DOSSIERS LIES

Death Technique : les indispensables
Death Technique : les indispensables
Décembre 2011
  

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

6 COMMENTAIRE(S)

Invité citer
jonben
10/06/2012 10:51
donvar a écrit : Le titre éponyme vaut son pesant d'or. Chanson magnifique véhiculant tellement d'émotions...

Ce morceau est superbe c'est clair. Je trouve même qu'il fait de l'ombre au dernier album.
donvar citer
donvar
30/10/2011 18:01
note: 4/5
Le titre éponyme vaut son pesant d'or. Chanson magnifique véhiculant tellement d'émotions...
von_yaourt citer
von_yaourt
08/08/2011 19:21
note: 4/5
Effectivement, merci pour la coquille ! Et quand je disais "un Gorgasm parmi les autres", j'entendais au niveau patronymique ! Clin d'oeil
cglaume citer
cglaume
08/08/2011 17:53
note: 4.5/5
Autre erreur: d'où t'as vu que c'était uniquement platonique cette histoire là ? Sourire
cglaume citer
cglaume
08/08/2011 17:50
note: 4.5/5
Aaaaaah, quand même, c'est pas trop tôt !! Clin d'oeil
Bon, qq grossières erreurs quand même: 1) Gorod
n'a jamais été un Gorgasm parmi d'autres, non mais
c'est quoi ce crime lèse-majesté ???? Sourire
2) "aux mélodies soutenues par un le chant clair "
est la une erreur d'étourderie ou bien tu te je me
trompe ?!#
Bon, et toi Nikta, t'en penses quoi ?
Invité citer
ddf
08/08/2011 17:43
fff

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Gorod
Death technique
2011 - Autoproduction
notes
Chroniqueur : 4/5
Lecteurs : (11)  4.14/5
Webzines : (7)  4.18/5

plus d'infos sur
Gorod
Gorod
Death Metal Technico-Mélodique - 2005 - France
  

tracklist
01.   Earth Pus
02.   Blackout : Renewed Souls
03.   Textures
04.   Earth Pus : Salvation
05.   Trenscendence

Durée : 33:43

line up
voir aussi
Gorod
Gorod
Neurotripsicks

2005 - Willowtip Records
  
Gorod
Gorod
A Maze Of Recycled Creeds

2015 - Listenable Records
  
Gorod
Gorod
A Perfect Absolution

2012 - Listenable Records
  
Gorod
Gorod
Process Of A New Decline

2009 - Listenable Records
  
Gorod
Gorod
Æthra

2018 - Overpowered Records
  

Essayez aussi
Emeth
Emeth
Insidious

2004 - Brutal Bands
  
Myrkskog
Myrkskog
Deathmachine

2000 - Candlelight Records
  
Carcariass
Carcariass
E-xtinction

2009 - Great Dane Records
  
Slave One
Slave One
An Abstract And Metaphysical Approach To Deceit (EP)

2017 - Dolorem Records
  
Disdained
Disdained
The Last Opus (EP)

2010 - Autoproduction
  

The Haunted
Unseen
Lire la chronique
Nuclear Assault
Out Of Order
Lire la chronique
FRENCH BLACK METAL : Un petit coup (et puis c'est tout)
Lire le podcast
Urn
Iron Will Of Power
Lire la chronique
Swarm
Anathema
Lire la chronique
Power Trip
Opening Fire: 2008​-​2014 (...
Lire la chronique
PPCM #24 - A Link to the Past (les groupes de mes poésiques)
Lire le podcast
Exhorder
Mourn The Southern Skies
Lire la chronique
BLACK METAL ! Le TOP de...
Lire le podcast
Division Speed
Division Speed
Lire la chronique
Kill-Town Death Fest 2019 / The Decompomorphosis
Lire le dossier
Critical Defiance
Misconception
Lire la chronique
LORDS OF CHAOS : La Sakranalyse
Lire le podcast
Inculter
Fatal Visions
Lire la chronique
Hatriot
From Days Unto Darkness
Lire la chronique
METAL MEAN FESTIVAL XV - 2019
Asphyx + Au-Dessus + Bloodb...
Lire le live report
Detherous
Hacked To Death
Lire la chronique
Whore Black Metal : STOP AU SEXISME
Lire le podcast
SYLAK OPEN AIR 2019
Apocalyptica + Black Flag +...
Lire le live report
METALHERTZ - S02E04 - Symphonic PACA Metal
Lire le podcast
Destruction
Born To Perish
Lire la chronique
Metal Church
Damned If You Do
Lire la chronique
Tantara
Sum of Forces
Lire la chronique
Sacred Reich
Awakening
Lire la chronique
Retour de vacances, et ZOU !
Lire le podcast
Enforced
At The Walls
Lire la chronique
Death Angel
Humanicide
Lire la chronique
USBM is SH*T
Lire le podcast
Metal Magic XII
Lire le dossier
PPCM #20 - Encore plus de Jazz Metal
Lire le podcast
Annihilator
For The Demented
Lire la chronique